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Le Canadien s’en va où?

Rangers c. Canadiens
Photo Martin Chevalier L’avenir semble nébuleux pour Charles Hudon qui n’a joué que sur le quatrième trio jeudi soir.

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Plus ça change, plus c’est pareil. On peut le dire : le mot désastre s’emploie pour tous les aspects chez le Canadien, que ce soit pour les jeunes, l’avenir, le noyau, la profondeur et les gardiens auxiliaires. 

Le discours d’une année à l’autre semble le même. Chaque fois que Marc Bergevin rencontre la presse à la période des transactions, il ne le dit pas, mais il donne l’impression de vouloir acheter du temps. Il répète constamment «attendez à l’année prochaine», mais ça fait trois, quatre, voire cinq ans qu’il dit ça.  

Les bonnes équipes comme Tampa Bay et Boston font leurs succès en effectuant une transition lorsqu’ils échangent des joueurs. À Montréal, le joueur échangé est souvent remplacé par un vétéran qui n’avait plus de place ailleurs alors qu’il n’y a pas de relève immédiate puisque les premiers choix des dix dernières années ont été une catastrophe. On parle des jeunes, mais en réalité, il n’y en a qu’un cette saison et c’est Nick Suzuki, un joueur acquis par transaction! 

Questions sans réponse 

Lorsque Marc Bergevin dit que les problèmes au repêchage arrivent aussi chez d’autres équipes, on veut savoir pourquoi ça arrive ici. Claude Julien est sur le point d’exploser. Il ne dit pas tout ce qu’il pense et c’est pourquoi ses rencontres avec la presse sont aussi courtes. Il sent que la relève n’est pas si excitante. Il y a trop de questions sans réponses pour le moment.  

C’est beau de dire que l’équipe travaille, un discours qu’on entend aussi à Detroit. Les dirigeants sont des professionnels, c’est normal qu’ils adoptent un tel ton, mais qu’en est-il des résultats, eux? Le Canadien n’a gagné que 13 matchs à domicile et a subi 22 défaites (13-16-6). C’est l’une des pires fiches de toute la LNH, ce qui est épouvantable.  

Imaginez. Les Sénateurs ont obtenu plus de succès que le Tricolore devant leurs partisans alors qu’on répète sans cesse que la meilleure foule et la meilleure ambiance se trouvent au Centre Bell. Ça devrait être un élément incontournable pour les joueurs, mais ce n’est pas le cas.  

Évalués sans jouer 

Jeudi, Carey Price en était à un 11e match d’affilée devant le filet. Cela signifie donc que l’organisation a été incapable de trouver un match pour Charlie Lindgren durant cette séquence. Comme c’est le cas pour Charles Hudon, qui est le meilleur joueur cette saison à Laval. On les a probablement déjà évalués en ne les faisant pas jouer. Leur idée est faite, ils n’en veulent plus.  

Comment peut-on les évaluer en ne les faisant pas jouer ? Jeudi, Hudon était sur la quatrième ligne alors que c’est un franc-tireur. De plus, on n’arrête pas de parler de Jake Evans et de Cayden Primeau pour évoquer l’avenir, eux qui sont des choix en septième ronde. Y a-t-il quelqu’un qui peut m’expliquer comment ça marche? Je ne sais pas comment l’évaluation est faite chez le Canadien. 

D’ailleurs, Marc Bergevin est toujours conseillé avant de s’adresser aux médias, mais lundi, il n’était pas convaincant. Certains aiment dire que la critique est mieux que l’indifférence, mais une chose est sûre, il faut changer la formule dans le développement.  

Pendant ce temps, à Ottawa, Brady Tkachuk est une future vedette alors que Quinn Hughes, qu’on a vu mardi avec les Canucks, sera en lice pour le titre de recrue de l’année, deux joueurs sur qui le CH a levé le nez en optant pour Kotkaniemi.  

Je disais l’an passé que le Canadien avait besoin d’un coup de circuit au repêchage. Ça devra être de nouveau le cas cette année, surtout que la séance de sélection aura lieu à Montréal.  


— Propos recueillis par Roby St-Gelais  

Les échos de Bergie 

Pas juste de la chance 

Le Canadien accumule les choix au repêchage, mais ce ne sont pas des joueurs qui jouent dans la LNH. Il faut des résultats à ce chapitre. Bergevin pense qu’il y a un facteur chance, mais il faut que tu aies un pourcentage de réussite. Tu ne peux pas tout mettre sur la chance. L’entraîneur des Islanders, Barry Trotz, disait justement que pour lui, le repêchage, c’était pour le prochain entraîneur. Une façon de dire qu’il veut gagner maintenant.  

Un retour de Kovalchuk serait une erreur  

À entendre Ilya Kovalchuk et Nate Thompson ainsi que Bergevin, on a l’impression qu’ils reviendront à Montréal s’ils ne trouvent pas de place parmi les autres équipes. C’est quoi, cette idée? Va-t-on répéter l’erreur que l’équipe a faite avec Tomas Plekanec et Dale Weise? Kovalchuk aura 37 ans en avril. Pour moi, c’est terminé. On parle d’une équipe continuellement en reconstruction. Il serait temps de passer à l’étape numéro deux.   

Les Leafs se sont repris 

Il faut donner du crédit aux Maple Leafs qui après avoir été ridiculisés par le chauffeur de la Zamboni samedi dernier à domicile, ont obtenu deux victoires sur la route contre le Lightning et les Panthers. Ça démontre qu’il y a un peu de caractère dans cette équipe. Les Leafs luttent d’ailleurs avec les Panthers pour une place en séries.