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Quelle ministre des Affaires autochtones?

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark «Il n’y a pas un chef autochtone qui peut dire que je me suis lavé les mains sur un dossier parce que c’est du ressort du fédéral.» - La ministre Sylvie D’Amours

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Jusqu’ici, le gouvernement Legault nous a habitués à réagir rapidement et à déplacer ses ministres responsables sur les lieux de crise ou de catastrophe. Mais malgré la montée de la tension et un blocus à Kahnawake, sa ministre des Affaires autochtones est invisible...  

Bien sûr, la crise provient d’un conflit sur le territoire de la communauté wet’suwet’en en Colombie-Britannique. Il est de la responsabilité du gouvernement fédéral de dénouer l’impasse, alors que des manifestants ont bloqué le chemin forestier, en opposition au projet de gazoduc Coastal GasLink, en construction là-bas.  

Le chemin de fer, partout au Canada, a fait l’objet de divers blocus en appui aux Wet’suwet’en et la responsabilité première revient à Justin Trudeau de trouver une sortie de crise, le plus rapidement possible.  

On ne peut plus calculer tous les impacts tellement il y en a. De l’annulation de trajets de train de VIA Rail aux difficultés d’approvisionnement de nombre d’entreprises, en passant par le licenciement temporaire de travailleurs qui font injustement les frais de la crise.  

Train-train quotidien  

En début de semaine, la tension a monté de plusieurs crans à Kanesatake et à Kahnawake. Menaces de bloquer le pont Mercier, barricade renforcée malgré une injonction obtenue par le Canadien Pacifique (CP).  

Et pendant ce temps, la ministre des Affaires autochtones du Québec, Sylvie D’Amours, était en tournée au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elle s’est rendue dans les centres d’amitié autochtones où elle avait des visites planifiées. Le train-train quotidien, quoi, même si le torchon brûlait près de Montréal.  

Le Journal a demandé une entrevue avec la ministre afin qu’elle expose sa vision pour la suite des choses. Pour qu’elle explique de quelle façon elle intervenait auprès des leaders autochtones impliqués, des élus inquiets des municipalités touchées.  

Silence radio. Pas de présence sur le terrain ni d’intervention publique. Ne serait-ce que pour calmer le jeu. Montrer du leadership.  

Désengagée?  

«Elle fait les engagements légers, mais pour tout ce qui semble se corser ou nécessiter un positionnement politique, elle s’en dégage», déplore le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard.  

La ministre québécoise des Affaires autochtones ne devrait-elle pas se montrer présente, assurer un dialogue entre le gouvernement, la société québécoise et les communautés autochtones, dans l’actuel contexte de tensions?   

Poser la question, c’est y répondre, selon le chef Picard. «On s’entend tous qu’une fois qu’on aura traversé ce qu’on a à traverser, concernant les blocus actuels, il faudra rétablir les ponts, et ça doit se préparer d’avance.»  

D’abord, pour entreprendre un dialogue avec le chef du Conseil mohawk de Kahnawake, Joe Norton, il faudrait commencer par être capable de parler anglais, ce qui n’est même pas le cas de la ministre, fait-il remarquer.  

En début de mandat, l’absence de la ministre responsable avait été signalée alors que le député d’Ungava et des fonctionnaires avaient été dépêchés d’urgence dans le Grand Nord à la suite d’une vague de suicides chez les Inuits.  

La responsabilité au fédéral  

Une source gouvernementale soutient que la ministre D’Amours n’est pas «cachée», mais admet du même souffle qu’il lui a été demandé de rester à l’écart de la crise.  

Comme si sa présence signifierait que le gouvernement du Québec devient responsable du dénouement d’une crise dont l’origine se situe en Colombie-Britannique.  

«On ne veut pas décharger la responsabilité du fédéral et la prendre sur nous», résume-t-on.   

On comprend, mais c’est tout de même en parfaite contradiction avec ce que la ministre D’Amours affirmait elle-même lors d’une interpellation, au Salon bleu, le 14 février dernier.   

«Il n’y a pas un chef autochtone qui peut dire que je me suis lavé les mains sur un dossier parce que c’est du ressort du fédéral», a-t-elle clamé, ajoutant : «vous me jugerez par les actions que j’aurai faites».  

Jusqu’ici, dans la crise actuelle, on cherche les actions.  

Et selon le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, la ministre «ne semble pas saisir l’enjeu de l’accès au territoire des communautés autochtones, qui est beaucoup plus large que le seul conflit avec les Wet’suwet’en».  

Les discussions avec les communautés autochtones amènent leur lot de frustration, notamment parce que des chefs ancestraux, ou des factions, ne reconnaissent pas les élus des conseils de bande. Mais présentement, des gens ont peur à Kanesatake et à Kahnawake.  

S’il n’y a pas d’efforts pour créer des canaux de communication, s’il n’y a pas de discussions plus larges, il faut craindre d’autres blocus et des crises difficiles à dénouer.  

Les bulletins  

NADINE GIRAULT, CAQ  

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark

Elle induit parfois les journalistes en erreur en leur répondant à la sauvette. Questionnée sur le sort qui attend la déléguée du Québec à Dakar, Fatima Houda--Pepin, elle a affirmé que la sous-ministre prendrait la décision, puis s’est sauvée. Bien entendu, la sous-ministre fera une recommandation après la réception d’un rapport sur la situation, mais ce sera au Conseil des ministres de trancher.  


JEAN-FRANÇOIS ROBERGE, CAQ  

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark

Le ministre de l’Éducation a présenté les nouvelles écoles qui seront construites selon un modèle plus aéré, éclairé, misant sur le bois et l’aluminium. Au total, 4 milliards $ sont injectés dans ce chantier et dans les rénovations d’écoles les plus mal en point cette année.  


CHRISTINE LABRIE, QS  

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark

Mention positive globale aux élus qui ont commenté la mise à l’index d’un texte de Félix Leclerc dans une école, à la suite d’une plainte d’un parent. De François Legault à Marwah Rizqy, en passant par Pascal Bérubé, tous ont dénoncé l’excès de rectitude politique. Mais la députée de Sherbrooke a tellement bien résumé : « On ne peut pas commencer à arrêter d’étudier des œuvres parce qu’elles ne sont pas consensuelles. »  


CATHERINE DORION, QS  

Periode des questions
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Dans une entrevue au Soleil, la députée de Taschereau a plaidé pour une prise de conscience de notre rythme de vie effréné et de la constante pression de performance. « Ceux qui sont performants et qui tiennent le cap voient les autres tomber et se disent : “Faut pas que ça m’arrive !” Et ceux qui n’y arrivent pas se considèrent comme de la merde, et c’est souvent à l’origine des dépressions. »