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Il tombe malade au Cameroun: ses frais médicaux de 6500$ refusés

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Un Québécois tombé malade lors d’un voyage au Cameroun s’est fait refuser le remboursement de ses frais médicaux de 6500 $ parce que l’homme qui l’a soigné n’était pas un médecin selon la définition de l’assureur.   

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« Je prends une assurance voyage. Si je tombe malade, je veux être soigné. Je n’ai pas besoin de lire une brique grosse comme [la police d’assurance] », réagit Dupleix Djamgue-Kameni.      

L’homme de 73 ans originaire du Cameroun ne digère toujours pas que son assureur (Financière Manuvie et Assurance voyage Transat) ait refusé de rembourser des frais de santé de 6500 $. Après une poursuite à la Cour du Québec en 2017, M. Djamgue-Kameni a perdu sa bataille judiciaire.      

Pour enterrer sa mère  

Les faits remontent à mai 2013, quand l’homme avait souscrit une assurance pour aller enterrer sa mère au Cameroun. Il a commencé à souffrir de diarrhée aiguë.     

« Je n’avais jamais eu mal comme ça, je ne pouvais pas m’éloigner de la toilette », raconte ce résident de Longueuil.      

Puisqu’il se trouvait dans un village éloigné d’Afrique sans moyen de communication, ses proches se sont rendus dans le village voisin et ont contacté le « médecin » camerounais Félix Tadem, qui était reconnu pour sa spécialité dans les problèmes du côlon.      

Malgré les 200 kilomètres à parcourir, il est venu au chevet du Québécois.      

« Il m’a pris en charge, il savait quoi faire. J’ai reçu des soins extraordinaires », se rappelle M. Djamgue-Kameni.     

« Ici [au Québec], c’est déjà difficile de voir un spécialiste dans une branche normale. Imaginez quand on est mal pris dans un pays pas d’électricité, pas de téléphone ? » compare celui qui vit ici depuis 1977.      

Herboriste   

M. Djamgue-Kameni a réclamé les frais à son assureur. Or, M. Tadem « n’est pas un médecin au sens de la police d’assurance, de sorte que les soins rendus par celui-ci ne sont pas admissibles », indique le jugement.      

Pour arriver à cette conclusion, l’assureur a mené une enquête, concluant que : « Tadem n’est pas un médecin et qu’il n’est pas membre de la Cameroon National Medical Council bien qu’il ait suivi une formation pour le traitement du côlon au Brésil. »      

On ajoute que M. Tadem serait un herboriste. Ainsi, la Cour du Québec a rejeté la réclamation de 6500 $.      

« Il était de la responsabilité de monsieur Djamgue-Kameni de prendre connaissance de la police d’assurance avant d’effectuer son voyage », a écrit le juge.      

L’homme jure avoir téléphoné à son assureur lorsqu’il était au Cameroun, et que les soins avaient été autorisés. « Ils ne m’ont pas demandé ses qualifications », dit-il.       

Encore frustré, M. Djamgue-Kameni déplore d’avoir été mal informé. « Ils vous font signer vite, ils ne vous font pas lire. »