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«Ténèbre» de Paul Kawczak: aventure au cœur de l’Afrique

Paul Kawczak
Photo courtoisie, Laurence Grandbois Bernard Paul Kawczak

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Né en France et établi au Québec depuis plusieurs années, l’éditeur Paul Kawczak invite les lecteurs à suivre l’aventure d’un géomètre partant à la conquête des territoires inexplorés de l’Afrique dans son tout premier roman, Ténèbre. L’aventure, complètement imaginée, entraîne ses personnages colorés dans une expédition au Congo, où l’amour, le désir, la douleur et la mort ne sont jamais très loin.  

<b><i>Ténèbre</i></b><br/>
Paul Kawczak<br/>
Éditions La Peuplade<br/>
320 pages
Photo courtoisie
Ténèbre
Paul Kawczak
Éditions La Peuplade
320 pages

En 1890, un géomètre belge, Pierre Claes, est mandaté par le roi pour cartographier et mesurer des territoires encore inexplorés du Congo, au cœur de l’Afrique. 

À bord du Fleur de Bruges, il quittera Léopoldville vers le nord, avec un équipage hétéroclite composé de travailleurs bantous et d’un maître tatoueur chinois, Xi Xiao. 

Écrivain remarquable, Paul Kawczak explique qu’il a fait un doctorat en lettres sur le roman d’aventures, un sujet qui lui a fait découvrir plusieurs contrées équatoriales. 

Expéditions très romanesques 

Les vraies expéditions menées à l’époque étaient très romanesques, note-t-il. «C’était des petits groupes de gens perdus dans des jungles immenses, qui allaient conquérir des pays. Ça fait très “roman d’aventures”.»  

«En même temps, on est effaré par le degré de violence qui était lié à ces expéditions coloniales qui ont engendré un nombre incroyable de morts, surtout parmi les populations africaines. Ça se passait assez souvent dans un contexte de maladies tropicales, de fièvre, de folie. Il y a quelque chose de la “nef des fous”, fascinante, quand on regarde ces expéditions. Mais surtout, un degré d’horreur vraiment extrême.» 

L’histoire de Pierre Claes qu’il raconte est complètement imaginée. «J’ai lu des journaux de l’époque et ensuite, je me suis dit que si je m’informais trop, j’allais me pénaliser. J’ai pris une vieille carte de l’époque et j’ai commencé à écrire en regardant où étaient rendus mes personnages, sur la carte. Une bonne partie de mon imagination a fait le reste.» 

Une immense somme d’argent 

Il précise que l’Afrique équatoriale, au 19e siècle, représentait une immense somme d’argent pour les Européens, en raison de l’ivoire et du caoutchouc à exploiter, de même que des métaux.  

«En même temps, ça a été parmi les derniers endroits de la planète à ne pas être cartographiés ni connus. Longtemps, sur les cartes de l’époque (1860-1870), il n’y a rien : on ne savait pas ce qu’il y avait. Ça a été un grand fantasme de l’imaginaire européen, de savoir ce qu’il y avait en Afrique. On pensait qu’il y avait des choses magiques.» 

L’élément de magie l’a intéressé, au point de vue littéraire. «J’aime bien l’idée que c’est un endroit qui résiste au réel. Maintenant, on a une cartographie géographique ou sémantique du monde qui est quasiment coercitive : on peut voir le monde d’une seule façon. On a du mal à rêver. J’étais intéressé à sortir de ce réel, en allant dans l’aventure, dans la rêverie, dans le passé, dans des endroits où on n’a pas toujours l’obligation d’être scientifiquement précis.» 


♦ Paul Kawczak est éditeur chez La Peuplade. 

Ténèbre est son premier roman. 

♦ Il habite à Chicoutimi. 

♦ Il sera présent au Salon international du livre de Québec.