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Encore fidèles au révérend condamné Paul Mukendi

Plusieurs se sont recueillis à son église malgré sa peine de huit ans de prison

Cet homme accueillait les gens à l’église de Paul Mukendi, dimanche, sur le boulevard Pierre-Bertrand.
Photo Annie T. Roussel Cet homme accueillait les gens à l’église de Paul Mukendi, dimanche, sur le boulevard Pierre-Bertrand.

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Le révérend Paul Mukendi a beau avoir été condamné à huit ans de prison, les fidèles du Centre évangélique Parole de vie, à Québec, se sont quand même massés sous son toit pour une première messe depuis que leur « apôtre » est confiné derrière les barreaux.

Reconnu coupable d’agressions sexuelles, de voies de fait armées et de menaces de mort en juin, Mukendi s’est vu assigner sa sentence, jeudi. 

Trois jours plus tard, ils étaient néanmoins plusieurs dizaines à célébrer au lieu de culte du boulevard Pierre-Bertrand, toujours sous le joug de l’autoproclamé « apôtre de Québec ». Son nom est notamment toujours présent sur la façade du bâtiment et sur la boîte vocale de l’organisation.

Ce fidèle rencontré avant la messe de dimanche est convaincu de l’innocence de Mukendi.
Photo Annie T. Roussel
Ce fidèle rencontré avant la messe de dimanche est convaincu de l’innocence de Mukendi.

Mais surtout, les fidèles persistent à le soutenir malgré sa condamnation, tandis que l’église se cantonne pour l’instant dans le silence.

« On croit en son innocence », ont lancé, l’un après l’autre, deux fidèles qui s’apprêtaient à faire leur entrée dans l’immeuble, d’où émanait de la musique festive.

Omerta

Ce sont les quelques maigres mots qui ont pu échapper à l’attention de deux individus postés à l’entrée de l’église. Les deux individus étaient visiblement mandatés pour que personne ne s’adresse aux médias. Ils claquaient des mains et se précipitaient vers les fidèles dès qu’ils se montraient un peu trop sympathiques aux membres de la presse.

Le représentant du Journal s’est d’ailleurs fait claquer la porte au nez lorsqu’il a tenté d’établir un contact avec eux. Idem pour une journaliste de TVA Nouvelles, qui s’est fait sommer de quitter le terrain de l’église.

Dans une publication sur la page Facebook du Centre évangélique Parole de vie, diffusée le lendemain matin de la condamnation de Paul Mukendi, on écrit que « L’Éternel combattra pour vous ; et vous, gardez le silence ». La citation, tirée du livre de l’Exode dans la Bible, est signée « Révérend Paul Mukendi ».

Marie-Ève Lepage se présente comme l’attachée de presse du révérend condamné à 8 ans de prison.
Photo Annie T. Roussel
Marie-Ève Lepage se présente comme l’attachée de presse du révérend condamné à 8 ans de prison.

Une représentante de l’église, qui se présente toujours comme l’attachée de presse de Mukendi, a insisté pour dire que la femme du révérend et elle-même allaient s’adresser aux médias en début de semaine. « Les gens ont besoin de prier en privé », a lâché Marie-Ève Lepage, refusant que les médias assistent à la messe.

« Ça parle de soi »

Questionnée sur l’impact de la condamnation du révérend sur l’église, Mme Lepage a pointé les véhicules qui remplissaient le modeste stationnement ceinturant le lieu de culte. « Vous ne voyez pas tout ça ? Ça parle de soi », s’est limitée à dire la femme.

La sentence de huit ans, prononcée par le juge Jean-François Émond, entérinait la proposition de la Couronne. Le magistrat avait notamment mis l’accent sur la position d’autorité de l’accusé auprès de sa victime de 2002 à 2016, en usant de son statut d’homme d’Église pour solliciter des relations sexuelles qui n’étaient pas recherchées par la victime, mineure lorsque les faits reprochés se sont amorcés.

L’avocate de Paul Mukendi a déjà laissé savoir qu’une demande pour interjeter appel du jugement sera déposée à la Cour d’appel.