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Traverser un passage difficile

Judith Petitpas
Photo courtoisie, Catherine Martel Judith Petitpas

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Après avoir elle-même traversé un raide passage de milieu de vie, Judith Petitpas s’est intéressée de près à tous les changements et événements qui caractérisent la période de vie allant de 30 à 50 ans. Elle partage ses découvertes et des pistes pour aider les gens à vivre les transitions en douceur dans son livre, Bien vivre la crise de la quarantaine.  

Judith Petitpas a connu cette période difficile, surnommée en anglais midlife crisis (crise de milieu de vie), il y a quelques années. Après 10 années de traitements en infertilité, elle a géré coup sur coup une grossesse et la naissance de son fils, la maladie et le décès de sa mère et d’importants changements dans son milieu de travail. Une cascade de remises en question a suivi ces épreuves.    

Elle a été tellement surprise de l’impact psychologique que tous ces événements ont pu avoir sur sa vie qu’elle a décidé d’en savoir plus sur le sujet.    

La vie n’est pas un long fleuve tranquille entre l’adolescence et la vieillesse. « On dirait qu’il y a quelque chose de profond dans la crise de la quarantaine, une remise en question fondamentale. C’est ça, la différence, avec les autres coups durs qu’on a dans la vingtaine, dans la trentaine ou à d’autres moments », explique-t-elle, en entrevue.    

Elle souhaite, avec son livre, dédramatiser les transitions et les crises du milieu de la vie, qui surviennent à peu près entre 30 et 50 ans. « J’ai le goût de dire aux gens que ça existe, que c’est normal que, dans le milieu de la vie, ce soit houleux. »    

Vraie personnalité  

Cette crise ou cette transition guette-t-elle tout le monde ? Hommes et femmes ? « Ce que j’en ai compris, c’est que oui : tout le monde va vivre le processus d’individuation, mais on va le vivre différemment, en fonction du personnage social qu’on a construit avant le milieu de vie, selon qu’il est loin de notre véritable personnalité ou relativement proche. »    

« S’il est relativement proche de notre vraie personnalité, la crise risque d’être douce. Ce sera plus une transition, où on va remettre en question certaines décisions, faire des petits changements qui vont faire du bien, avant de poursuivre notre vie. »    

Si ce n’est pas le cas – dans le cas d’une personne qui a fait des choix de carrière en fonction du statut social qu’il procure, par exemple —, le choc risque d’être brutal. « C’est là où les gens vont vivre des crises de la quarantaine où ils vont divorcer, démissionner, acheter un voilier et faire le tour du monde. »    

Problèmes psychologiques  

Ignorer l’inconfort ou l’appel du changement peut générer une situation difficile. « Ça peut amener toutes sortes de problèmes psychologiques (dépression, burnout, anxiété “dans le piton”). La personne, psychologiquement, pourrait se désorganiser, parce qu’on n’est plus capable de vivre dans cette vie qu’on s’est construite et dont on ne veut plus, et qui nous enlève tout l’oxygène dont on a besoin pour vivre. »    

Chez d’autres personnes, les difficultés vont tomber dans l’aspect physique, ce qui peut être en lien avec tout le stress vécu, ajoute-t-elle. « La personne devient tellement mal dans sa vie qu’elle ne peut plus fonctionner. »    

Dans son livre, la travailleuse sociale propose plusieurs exercices et questionnaires pour permettre aux lecteurs de faire le bilan, dans toutes les sphères de leur vie, afin de voir plus clair dans leur situation et d’agir en conséquence.    

Judith Petitpas :   

  • Judith Petitpas est détentrice d’une maîtrise en travail social et d’un baccalauréat en anthropologie de l’Université Laval.    
  • Elle est membre de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ).    
  • Elle est chargée de cours à l’École de travail social et de criminologie de l’Université Laval.    
  • Elle a un cabinet de consultation à Sainte-Foy.      

Extrait    

Judith Petitpas, Les Éditions de l’Homme, 192 pages
Photo courtoisie
Judith Petitpas, Les Éditions de l’Homme, 192 pages

« Le malaise ne dure pas éternelle-ment. Tout cela s’atténue un jour. Pour m’aider à garder le cap durant cette tempête, j’ai ressenti le besoin d’abord de me recentrer, en accueillant ce qui se passait plutôt qu’en le com-battant, en freinant mes élans d’impulsivité et en tolérant l’inconfort dans lequel j’étais plongée. Puis, j’ai travaillé à assumer les choix que j’avais faits durant la première portion de ma vie, j’ai sollicité ma résilience et j’ai pardonné ce que je sentais le besoin de pardonner. Enfin, j’ai pris et je suis tou-jours en train de prendre des décisions pour les années qu’il me reste. »  

- Judith Petitpas, Bien vivre la crise de la quarantaine