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La police gâche la «fête» d’une présumée fraudeuse

La Sûreté du Québec a démantelé samedi soir un stratagème d’un cercle de dons

GEN - PERQUISITION RUE PAYAN ST-HYACINTHE
Photo Martin Alarie Une quarantaine de personnes étaient présentes dans cette résidence de Saint-Hyacinthe samedi soir, où la présumée tête dirigeante d’un cercle de dons a été arrêtée par les policiers de la Sûreté du Québec.

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Une femme à la tête d’un cercle de dons qui s’attendait à recevoir 33 000 $ comme cadeau de ses membres lors d’une fête samedi soir à Saint-Hyacinthe a plutôt eu droit à la visite de la police.  

Selon nos informations, Lioudmila Minina, 55 ans, était à la tête d’une cellule de Triangle évolutif, une organisation qui se présente comme «une communauté d’abondance infinie». 

Ce type de stratagème, appelé aussi cercle de dons, s’apparente à de la vente pyramidale.  

La résidente de Saint-Hyacinthe aurait recruté plusieurs personnes qui devaient lui remettre des milliers de dollars lors d’une fête organisée samedi soir pour «réaliser un rêve».  

Ce sont plutôt des enquêteurs de la section des crimes économiques de la Sûreté du Québec (SQ) qui se sont invités à la remise d’argent prévue dans son domicile de la rue Payan.  

Lorsque les policiers sont intervenus vers 20 h 45, une quarantaine de personnes étaient sur les lieux et ont été interpellées.  

La fêtée a été arrêtée, et libérée sous promesse de comparaître à une date ultérieure.  

Et bien sûr, les agents ont saisi les 33 000 $ en argent comptant qu’elle croyait recevoir.

Les autorités se sont intéressées au groupe de la Montérégie après avoir reçu de nombreux signalements, un peu partout dans la province, dans les dernières semaines. 

Un cycle 

Le phénomène des cercles de dons comme Triangle évolutif est cyclique, selon la Sûreté du Québec.  

L’objectif est d’atteindre le sommet du triangle en recrutant de nouveaux membres dans l’organisation.  

Les personnes sont généralement ciblées en raison de leur potentiel économique et sont invitées à une séance d’information où l’on fait miroiter cadeaux et amitié.  

Si elles sont enrôlées, elles se retrouvent à la base d’un triangle et doivent verser 5000 $.  

Recrutement 

Ensuite, les victimes doivent à leur tour convaincre deux nouveaux participants pour pouvoir grimper les échelons. 

Une fête sera organisée pour le leader de la cellule quand huit de ses protégés auront fait leurs dons. 

En comptant sur cette «générosité», il empoche ainsi 40 000 $. Puisque le stratagème est entièrement basé sur le recrutement de nouveaux membres, il est illégal. 

La peine maximale pour ce délit est de deux ans de pénitencier.   


► Selon le Centre antifraude du Canada, en deux ans, 117 plaintes de fraude pyramidale, dont 37 sur les cercles de dons ont été déposées. 

La fraude en chiffres  

  • 46 317 signalements en 2019 au Canada 
  • 19 285 victimes au pays l’an dernier 
  • 98 M$ en pertes estimées   

Source : Centre antifraude du Canada