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«Sérieux problème de gestion» au ministère des Relations internationales, admet Nadine Girault

Les révélations sur l’ex-déléguée du Québec à Los Angeles ont troublé la ministre, qui promet des changements

Nadine Girault
Photo d'archives, Agence QMI Nadine Girault

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La ministre des Relations internationales admet qu’il y a de sérieux problèmes de gestion des ressources humaines au sein de son administration et réclame un plan de redressement immédiat.

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Le directeur des ressources humaines du ministère des Relations internationales savait depuis trois mois que l’une de ses fonctionnaires les mieux payées du Québec s’était lancée en affaires tout en gardant son lien d’emploi avec le gouvernement, révélait mardi notre Bureau d’enquête. Pourtant, rien n’a été fait.

« C’est troublant. Je prends très au sérieux les problèmes de gestion des ressources humaines détectés au ministère des Relations internationales et de la Francophonie [MRIF] », a affirmé dans une déclaration la ministre Nadine Girault. « On a plus de 33 bureaux dans 18 pays. Il est impératif que le ministère soit mieux équipé. »

Mme Girault a demandé à sa nouvelle sous-ministre, Sylvie Barcelo, une proposition de redressement rapide afin que des changements soient apportés.

Courriel du directeur

En novembre 2019, le directeur des ressources humaines, Louis Métivier, a été informé que l’ex-déléguée du Québec à Los Angeles, toujours à l’emploi du MRIF en Californie avec un salaire de 170 000 $ par année, semblait s’être lancée en affaires.

« Lorsque nous composons son numéro personnel et qu’elle ne répond pas, nous entendons un message d’elle en anglais nous informant que nous avons rejoint Addendum Communication. Nous pouvons donc présumer qu’elle s’est [lancée] en affaires tout en étant en lien d’emploi avec le gouvernement du Québec », a écrit son directeur adjoint Sébastien Imbeau.

« Gardons-le à l’esprit... », a simplement répondu Louis Métivier.

Le cabinet ne savait pas

Selon nos informations, jamais la sous-ministre Sylvie Barcelo et le cabinet de Mme Girault n’ont été informés de la situation.

Deux mois plus tard, lorsque notre Bureau d’enquête a révélé qu’Elizabeth MacKay avait un double emploi depuis juin 2019, le ministère a été dans l’obligation de plaider l’ignorance.     

À la suite de nos questions au ministère, Elizabeth MacKay a démissionné de son poste de directrice financière et administratrice d’Addendum Communication. Elle a reconnu avoir commis une erreur en acceptant un poste au conseil d’administration de la compagnie de son conjoint sans en avoir avisé son employeur.

Elle écoule en ce moment des vacances accumulées jusqu’à sa retraite en juin 2020. Deux enquêtes administratives ont aussi été déclenchées.