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Canadien: armez-vous de patience

Le vote de confiance à l’endroit de Claude Julien signifie le statu quo chez le personnel de direction du Canadien

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Photo d’archives Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, et son adjoint, Trevor Timmins, sont bien en selle même si l’équipe se dirige vers une quatrième exclusion des séries éliminatoires en cinq ans.

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Marc Bergevin n’a pas tardé à mettre fin aux spéculations qui voulaient que Claude Julien soit congédié à la fin de la saison. En provenance de Floride, où il participait à une réunion des directeurs généraux de la Ligue nationale, Bergevin a indiqué hier que Julien sera de retour à son poste l’automne prochain.  

• À lire aussi: Marc Bergevin dévoile son plan en quatre étapes 

Le DG du Canadien a fait connaître sa décision par l’entremise des deux télédiffuseurs des matchs du Tricolore, soit les réseaux TVA Sports et RDS.   

« Il ne faut pas faire des changements pour faire des changements », a dit Bergevin.   

« Ça (la formule) ne fonctionne pas souvent. Claude est un très bon entraîneur. J’aime la façon dont il dirige les joueurs. Il est très alerte et il est très bon professeur. »   

 Qu’on apprécie ou pas le travail de Julien, un changement d’entraîneur n’aurait probablement pas changé grand-chose au point où le Canadien en est.   

Comme le disait le grand Toe Blake à une époque où le Canadien était la référence de la LNH, un entraîneur est aussi bon que l’équipe dont il dispose.   

Scotty Bowman dirait probablement la même chose.   

Un plus un font deux  

On aura tous compris que le retour de Julien signifie que Bergevin a toujours la confiance de Geoff Molson. Il n’aurait pas reconduit Julien dans ses fonctions sans avoir eu l’assurance qu’il est lui-même en selle dans son rôle.   

Cela veut dire du même coup que les lieutenants de Bergevin, notamment Trevor Timmins, que les amateurs et les journalistes perçoivent comme le responsable des mauvais résultats de l’organisation au repêchage depuis plusieurs années, resteront en place.   

Et tant pis pour ceux qui voulaient qu’un grand ménage soit fait au sein des opérations hockey du CH.   

Cultivez votre patience !   

Le statu quo est-il logique dans la conjoncture actuelle ?   

 Au début de la saison, j’ai dit qu’un recul au classement par rapport à la saison dernière serait inacceptable.   

 Trois exclusions des séries en quatre ans, c’était déjà trop, disais-je. Je pensais qu’une quatrième disqualification en cinq ans ferait probablement déborder le vase.   

 Mais non.   

Indices de Geoff Molson  

 Doit-on s’étonner de cet immobilisme ?   

 Qui ne l’est pas ?   

 Mais on aurait peut-être dû s’en douter.   

 Alors que le camp d’entraînement battait son plein en septembre dernier, Geoff Molson a déclaré que le Canadien serait en position d’accomplir de grandes choses dans trois ans. Cette estimation était sans doute basée sur les prévisions de Bergevin.   

 Mais un problème pourrait se poser.   

En soustrayant la saison qui s’achève, Shea Weber et Carey Price seront âgés respectivement de 37 et 35 ans dans deux ans.    

Personne ne conteste les qualités de leadership de Weber, mais son corps s’est fragilisé avec les années.   

Où en sera Price dans sa réflexion ?   

Est-il prêt à patienter encore longtemps avant d’avoir une chance de jouer pour la coupe Stanley ?   

Ça va prendre du talent...  

 Revenons au plan de Bergevin.   

Pour assembler une formation capable de se battre pour une place dans les séries en espérant l’éclosion des jeunes, il devra trouver un moyen d’ajouter du talent à son équipe l’été prochain.    

Et ce n’est pas en ramenant Ilya Kovalchuk à Montréal que l’équipe va s’améliorer pour la peine, entendons-nous.    

Bergevin a des options sur la table. Il pourrait soumettre à nouveau une offre hostile à un joueur autonome avec compensations, comme il l’a fait avec Sebastian Aho en juillet dernier.    

Mais il lui faudrait mettre vraiment le paquet cette fois pour améliorer ses chances de soutirer un joueur qui serait en mesure de créer un impact immédiat sur son équipe.   

S’il veut transiger pour mettre la main sur ce type de joueur, il devra sacrifier un bon élément.   

...Et un bon second à Price  

Ah oui ! Il devra mettre la main également sur un gardien auxiliaire de bon calibre, une denrée qu’on n’a pas vue souvent chez le Canadien depuis Peter Budaj, qui a conservé une fiche victorieuse de 23-16-9 durant ses trois saisons à Montréal.   

Lorsque Price est tombé au combat durant la saison 2015-2016, il a été remplacé par Mike Condon. Ce dernier a été secondé par Ben Scrivens, Dustin Tokarski et Charlie Lindgren cette saison-là. Ont suivi depuis ce temps Al Montoya, Antti Niemi et Keith Kinkaid.   

Voilà donc la situation en ce 4 mars.   

Le Canadien n’aura pas à faire un bilan de saison après son dernier match, dans un mois. Les explications qui seront données aux médias cette journée-là ne seront qu’accessoires.   

Les décisions sont déjà prises.   

Il restera à savoir si le Canadien aura de la chance à la loterie des trois premiers choix au repêchage. Puis, comment il se servira des 14 choix qu’il détient à la séance de juin et si Bergevin sera capable d’améliorer sa formation.   

À l’hiver prochain !