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Corruption: la commission Charbonneau a négligé Hydro-Québec

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

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La commission Charbonneau n’est jamais allée au fond des choses quand elle a enquêté sur la corruption chez Hydro-Québec, selon plusieurs acteurs centraux de ses travaux.

La commission n’avait ni les moyens ni le temps d’examiner correctement les milliards de dollars en contrats que donne chaque année la société d’État, affirment cinq sources qui ont toutes demandé à conserver l’anonymat, ayant signé une entente de confidentialité.

« C’est un gouvernement dans le gouvernement, dit l’une d’elles. On a dû faire des choix. Autrement, on aurait pu rouler pendant 20 ans... »

Pot-de-vin

Notre Bureau d’enquête racontait la semaine dernière comment un architecte d’Hydro a accepté 500 $ d’un entrepreneur en échange de son aide dans un litige.

Le PDG, Éric Martel, a admis que le système de surveillance avait « échappé » ce cas.

Éric Martel<br>
<i>PDG Hydro</i>
Photo Pierre-Paul Poulin
Éric Martel
PDG Hydro

Or, la commission Charbonneau a consacré peu de ressources d’enquête pour trouver de tels cas au sein de la société d’État, selon nos sources.

« Est-ce qu’on est allé jusqu’au bout ? Non. Est-ce que je sentais qu’il y avait quelque chose de gros ? Non. Mais il y a sans doute eu du copinage », dit un employé qui a participé aux travaux.

L’entreprise se serait même efforcée de compliquer la vie des enquêteurs, selon deux sources. « Comparée à d’autres organisations comme la Ville de Montréal, Hydro-Québec ne sentait pas qu’elle devait faire le ménage. Elle offrait une résistance ou une collaboration molle », souligne l’une d’elles.

Pourtant, les nombreux contrats qu’octroie la société d’État sans appel d’offres augmentent le risque, notent nos sources.

« Ça serait très surprenant qu’il n’y ait pas au moins de la collusion. »

Hydro se défend

Hydro se défend d’avoir offert de la résistance. « On n’a jamais refusé aucune information à la commission », soutient le chef des affaires publiques, Marc-Antoine Pouliot.

La société d’État précise avoir répondu à 60 demandes de documents. La commission a aussi rencontré quatre membres de la haute direction.

En moyenne, depuis 2016, Hydro-Québec accorde pour 2,8 milliards $ de contrats par an. La société est mentionnée 94 fois dans le rapport final de la commission.

En comparaison, le ministère des Transports, avec ses 2,1 milliards $ en contrats, est mentionné 481 fois.


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