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200 classes débordent d'élèves en difficulté au Québec

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Photo Jean-François Desgagnés Une classe régulière d’une école primaire du Québec.

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Dans plus de 200 classes régulières d’écoles publiques québécoises, au moins un élève sur deux est en difficulté et a besoin de mesures d’aide particulières pour réussir.  

• À lire aussi: S’assurer d’outiller le réseau face au phénomène  

Le Journal a eu accès à des données obtenues par une demande d’accès à l’information formulée auprès de toutes les commissions scolaires de la province. 

Sur les 72 organisations, une cinquantaine ont transmis des chiffres qui permettent de connaître la proportion d’élèves avec un plan d’intervention dans chaque école, pour chaque niveau d’enseignement, de la première année à la cinquième secondaire. 

Les classes spécialisées, qui relèvent de l’adaptation scolaire, ont été exclues de cette demande. 

Selon le décompte réalisé par Le Journal, plus de 200 classes régulières sont composées d’au moins un élève sur deux en difficulté (voir encadré). 

«C’est énorme, laisse tomber Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ). 

De son côté, Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), n’est pas très surpris de ces chiffres, puisque le nombre d’élèves en difficulté a augmenté de façon «exponentielle» au cours des dernières années, rappelle-t-il. 

Aux quatre coins de la province 

Ces classes se retrouvent un peu partout dans la province (voir encadré). C’est notamment le cas dans une école du Bas-St-Laurent, où la moitié des élèves d’une classe de cinquième année ont un plan d’intervention. Trouble du spectre de l’autisme, trouble de comportement, trouble du langage, troubles d’apprentissage... les défis sont nombreux. 

 «Ça déborde!» lance l’enseignante, qui a refusé d’être identifiée pour préserver l’anonymat de ses élèves. 

«On veut répondre aux besoins de tous, mais c’est la qualité de l’enseignement qui écope, c’est trop lourd», ajoute-t-elle. 

Cette enseignante d’expérience trouve difficile de ne pas répondre adéquatement aux besoins de ses élèves en difficulté, mais aussi des autres enfants «qui auraient besoin que ça aille plus vite». 

Un «enjeu fondamental» 

Pour la FSE-CSQ, qui négocie présentement le renouvellement des conventions collectives avec le gouvernement Legault, la lourdeur des groupes et la composition des classes régulières est un «enjeu fondamental». 

 

Au cours des dernières années, la multiplication des programmes particuliers, qui attirent les meilleurs élèves, n’a fait qu’augmenter le nombre d’élèves en difficultés dans les classes régulières du réseau public, précise Mme Salabrini. 

Dans le cadre des négociations, la FSE demande à Québec de diminuer la taille des groupes en fonction du nombre d’élèves en difficulté par niveau, plutôt que de réclamer des baisses de ratio universelles, comme c’est le cas traditionnellement dans les rangs syndicaux. 

Plus la proportion d’élèves en difficulté est élevée, plus la diminution serait importante. 

«On ne fait pas de mur-à-mur, on veut pouvoir agir dans les milieux où les besoins sont les plus criants», affirme Mme Scalabrini.  

Des exemples       

Commission scolaire des Appalaches (Chaudière-Appalaches)      

*5e année : 13/24 élèves  

Commission scolaire des Patriotes (Montérégie)      

*2e secondaire : 103/167 élèves  

Commission scolaire des Bois-Francs (Centre-du-Québec)      

*3e année : 12/23 élèves  

Commission scolaire de la Capitale (Québec)      

*1re année : 40/66 élèves  

Commission scolaire des Chic-Chocs (Gaspésie)      

*4e année : 18/22 élèves  

* Niveau d’enseignement : Nombre d’élèves avec un plan d’intervention/Nombre total d’élèves  

** Pour s’assurer de protéger l’identité des élèves, les écoles concernées ne sont pas identifiées.