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La SABSA devient mobile

Thomas Fréchette, intervenant, et Amélie Bédard, directrice générale de la SABSA, dans la nouvelle unité mobile.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Thomas Fréchette, intervenant, et Amélie Bédard, directrice générale de la SABSA, dans la nouvelle unité mobile.

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La clinique SABSA s’est dotée d’une unité mobile pour étendre ses interventions à l’ensemble de la Capitale-Nationale, de Portneuf à Charlevoix. 

«L’idée a germé en équipe. Dans nos discussions, ça fait longtemps qu’on caresse le projet d’avoir quelque chose de plus mobile pour aller vers les clients que l’on rejoint moins. Quand on a vu le projet en prévention des surdoses, on s’est dit que c’était le bon moment», raconte Amélie Bédard, directrice générale de la coopérative de solidarité SABSA. 

Le plan régional 2018-2020 en prévention et réponse aux surdoses d’opioïdes à l’intention des organismes en réduction des méfaits dispose d’un budget global de 1,8 million $ provenant du CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

La part dévolue à SABSA est d’environ 200 000$ sur les 800 000$ remis cette année, mais davantage ont été investis dans le projet. «On n’aurait pas pu s’offrir un véhicule de cette envergure avec son aménagement permettant des interventions et des soins infirmiers sans partenaires», précise Mme Bédard. 

Thomas Fréchette, intervenant, et Amélie Bédard, directrice générale de la SABSA, devant la nouvelle unité mobile.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES
Thomas Fréchette, intervenant, et Amélie Bédard, directrice générale de la SABSA, devant la nouvelle unité mobile.

Le véhicule et son entretien sont une gracieuseté de Mercedes-Benz de Québec. L’aménagement intérieur a été réalisé par GaéVan Aménagement et Hino, aussi gratuitement. 

Mieux vaut prévenir 

«On ne voudrait pas que la crise des opioïdes qui touche l’ouest du pays se reproduise ici. On le voit, la drogue est de mauvaise qualité. Nous préférons être vigilants et agir en prévention et en formation», explique Mme Bédard. 

À ses bureaux de la rue Saint-Vallier, à Québec, SABSA reçoit des patients souffrant du VIH et de l’hépatite C, peu importe leur provenance. Les gens de Saint-Roch et de Saint-Sauveur qui n’ont pas de carte d’assurance maladie ou de médecin de famille peuvent aussi s’adresser à la clinique.  

La clinique mobile ajoute à la liste les utilisateurs de substances psychoactives qui placent le patient en situation de risque de surdose. 

En fonction 

Dévoilée jeudi, la clinique mobile a cependant commencé ses interventions en début d’année. 

«Nous sommes allés nous présenter aux organisations dans les territoires plus éloignés pour faire connaître nos services, explique Amélie Bédard. Nous voulons venir en [en soutien] aux gens sur le terrain et donner accès aux soins à ceux qui en sont privés. [Dans ces régions] les risques de surdoses sont moins visibles et plus isolés.» 

«Un pair aidant sur le terrain pourra nous mener vers des endroits stratégiques, des individus. Les organismes aussi pourront nous guider. On pense que ça va fonctionner avec le référencement et le bouche-à-oreille. Nous n’affichons pas d’heure de présence fixe, nous y allons au besoin» ajoute-t-elle. 

Le véhicule est aménagé de façon à ce que les soins puissent être administrés de manière confidentielle. L’intérieur est semblable à une clinique avec le matériel pour l’administration de vaccins, les tests de dépistage des drogues et des ITSS, les trousses de naloxone, qui peut inverser les effets d’une surdose et le matériel de consommation sécuritaire.  

Pas seulement les opioïdes 

«Une bonne proportion des surdoses est provoquée par les opioïdes. Mais il y en a beaucoup aussi par la cocaïne, le GHB et par les amphétamines. Souvent les gens consomment plus qu’un type de substances. Et il arrive que des drogues soient contaminées par des opioïdes», précise Nathanaëlle Thériault, médecin-conseil à la Direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

Dans le moment, le fentanyl est un phénomène limité à Québec, fait-elle remarquer.  

Selon la Dre Thériault, l’initiative de SABSA se justifie amplement puisque les surdoses ne sont pas une problématique limitée au centre-ville de Québec. 

«Ces dernières années, nous avons fait beaucoup de travail sur le terrain pour renforcer notre connaissance de ce qui se passe sur le terrain. On invite les intervenants communautaires, les cliniciens, les policiers, les ambulanciers à nous informer quand il y a des cas de surdose sortant de l’ordinaire. L’idée est de pouvoir rapidement alerter la population et les partenaires. On fait des conférences téléphoniques sur une base mensuelle», révèle la Dre Thériault. 

Elle a d’ailleurs des recommandations à faire aux utilisateurs de substances pouvant provoquer des surdoses. 

«On ne connaît jamais le contenu des drogues qui circulent dans la rue. Il faut être vigilant. Il y a eu beaucoup d’efforts pour rendre l’antidote, la naloxone, plus accessible. Elle est distribuée gratuitement par huit organismes et disponibles en pharmacie communautaire. On répète aux gens: ayez de la naloxone, sachez l’utiliser et n’hésitez pas à contacter le 911 en cas de surdose.» 

Surdoses* 

            2018 2019  

  • Mortelles suspectées** 36 41 
  • Non mortelles déclarées 57 70  

*Territoire du CIUSSS de la Capitale-Nationale. 

**Les décès ne sont confirmés qu’après enquête du coroner, ce qui peut prendre un an.