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Le coronavirus fait frémir les banques centrales

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Ne nous fions pas à la Bourse pour nous rassurer ou pas sur les conséquences économiques de la propagation du coronavirus. Sa grande volatilité, à la hausse comme à la baisse, fait de la Bourse un indicateur écervelé, de ce temps-ci.  

Fions-nous plutôt aux gouvernements. Il n’y a pas de doute que la propagation du coronavirus (COVID-19) les inquiète grandement.   

C’est ce qui explique pourquoi les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 mettent actuellement en place des mesures extraordinaires pour parer aux conséquences économiques du coronavirus.   

Dans la foulée de la Réserve fédérale américaine (FED), la Banque du Canada a elle aussi abaissé d’un demi-point de pourcentage (ou 50 points de base) son taux directeur (ou taux de cible de financement), le rabaissant ainsi à 1,25 %.   

Avant-hier, la Fed a surpris le monde de la haute finance mondiale en enclenchant la baisse des taux directeurs des banques centrales, alors qu’elle réduisait d’un coup sec le sien d’un demi-point de pourcentage, pour le ramener dans la fourchette de 1 à 1,25 %.    

D’autres banques centrales devraient emboîter le pas au cours des prochains jours.   

En plus de ces baisses majeures des taux directeurs des banques centrales, les ministres des Finances du G7 entendent mettre en vigueur des mesures d’aide financière visant à soutenir les entreprises touchées par les conséquences économiques du coronavirus.   

TON ALARMISTE  

Fait assez rare, la Banque du Canada et son président Stephen Poloz n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller pour justifier la forte baisse du taux directeur.   

La Banque du Canada affirme que « le virus COVID-19 constitue un choc négatif substantiel » pour les perspectives canadiennes et mondiales. Le COVID-19 représente « une menace considérable pour la santé des gens ».   

Les conséquences selon la Banque du Canada ? L’activité économique a fortement diminué dans certaines régions. Les chaînes d’approvisionnement ont été perturbées. Les prix des produits de base ont baissé. Les conditions financières sont moins accommodantes.   

Et, toujours selon la Banque du Canada : « Il est probable que la confiance des entreprises et des consommateurs se détériorera à mesure que le virus se propage, ce qui déprimera davantage l’activité. »   

POKER FACE DE LA FED  

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a tenté de faire accroire que « les caractéristiques fondamentales de l’économie américaine restent solides », en dépit des conséquences financières de la propagation du coronavirus.   

Si tel était le cas, pourquoi s’est-il empressé d’abaisser d’autant, par surprise, son taux directeur ?   

Et pourquoi le président Donald Trump juge-t-il, lui, qu’un demi-point de baisse, ce n’est pas suffisant ?   

Il faut savoir que c’est seulement la huitième fois depuis les 25 dernières années que la Réserve fédérale annonce une baisse surprise de son taux directeur.    

Et chaque fois que c’est arrivé, selon le site financier Barron’s, cela coïncidait avec des moments critiques historiques, comme durant la crise financière 2008, au début de 2001 lors de l’éclatement de la bulle Internet et en 1998.   

Attendons-nous à une autre baisse prochaine du taux directeur de la Fed.