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Les démocrates prêts à miser sur Joe Biden

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Les électeurs démocrates ont envoyé un message clair, mardi. Ils veulent avant tout déloger Donald Trump de la Maison-Blanche et ils croient que Joe Biden est le meilleur candidat pour le faire.

Lors de cette journée clé des primaires, où plus du tiers des délégués à la convention démocrate de juillet ont été choisis, on anticipait une certaine confusion et une bonne dose de division.

Au contraire, les électeurs ont clairement choisi l’unité. C’est bon signe.

Quelques leçons

Les primaires de mardi ont clarifié bien des choses. D’abord, l’aventure des milliardaires Michael Bloomberg et Tom Steyer, qui ont englouti des centaines de millions de dollars dans leurs campagnes, a démontré que l’argent ne suffit pas pour gagner. Preuve à l’appui : Joe Biden a gagné plusieurs États sans y dépenser un sou.

Les résultats ont aussi confirmé ce qu’on avait observé en Caroline du Sud : une stratégie qui vise à unifier les factions et les groupes diversifiés qui constituent le Parti démocrate et la résistance à Donald Trump est de loin préférable à une stratégie de confrontation.

Un signal clair avait été donné par Pete Buttigieg et Amy Klobuchar la veille du vote : l’heure de l’unité a sonné et les démocrates ne veulent pas d’une guerre interne qui ne peut que nuire à l’objectif de vaincre Trump et le trumpisme.

La révolution en panne

Il ne faut pas sous-estimer la force de Bernie Sanders, porté à gauche par le même genre de frustration et de colère qui avait propulsé Donald Trump à droite. L’attrait de Bernie Sanders a toutefois des limites. 

En politique, la victoire ne va pas nécessairement à celui qui crie le plus fort ou qui a les rassemblements les plus remplis. C’est le nombre de votes qui compte. 

De plus, le discours revanchard de Sanders contre « l’establishment » démocrate commence à s’user. Quand « l’establishment » inclut pratiquement tous les élus d’un parti auquel Sanders refuse de s’identifier et quiconque ne suit pas son appel à la révolution, le concept s’émousse. En plus, plusieurs des politiques proposées par Sanders ne tiennent pas debout.

Comme en 2016, Sanders devrait s’accrocher jusqu’au bout. Les démocrates devront donc manœuvrer avec finesse pour éviter que l’énergie de son mouvement ne se retourne contre eux. 

Un choix sage

Bernie Sanders propose de combattre le feu du trumpisme par une autre sorte de feu, dont les Américains, vraisemblablement, ne veulent pas. 

Joe Biden est loin d’être un candidat parfait, mais même s’il représente la continuité, son programme est à plusieurs égards plus progressiste que ne l’était celui de Barack Obama. 

La redéfinition du Parti démocrate devra toutefois attendre. En choisissant celui qui incarne le mieux l’unité de leur parti et semble offrir les meilleures chances de rassembler une large coalition, les démocrates ont signifié que leur priorité absolue est de défaire Donald Trump. 

Cette victoire est loin d’être acquise, mais pour vaincre un président égocentrique et polarisant qui méprise la vérité et les faits tout en promettant des miracles, les électeurs démocrates de mardi ont montré la voie. Il faudra mettre les ego au vestiaire, favoriser la conciliation et voir la réalité telle qu’elle est, tout en restant ancré dans le possible.