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Hommage à Philippe Couillard: bravo!

opinions - hébert
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés Philippe Couillard

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Plusieurs voix se sont interrogées sur l’à-propos, pour le Parti libéral du Québec, de rendre hommage à Philippe Couillard à l’occasion de son prochain congrès. Le coupable de l’austérité et responsable de la pire défaite de son parti dans l’histoire devrait être privé d’une telle reconnaissance. 

Personnellement, je dis mille fois bravo au Parti libéral. Lorsqu’une personne a offert ses services pour jouer un rôle aussi exigeant, dire merci constitue un minimum. Même lorsque les résultats tournent mal, un parti a tout intérêt à conclure l’épisode avec classe. 

Dans le cas présent, il faut aussi dire que le bilan de Philippe Couillard comme premier ministre n’est pas honteux. Les universitaires qui mesurent le respect des engagements électoraux lui avaient donné une très bonne note. 

Le gouvernement qu’il a dirigé a laissé les finances du Québec plus saines qu’elles ne l’avaient été depuis des décennies. Certains secteurs comme l’éducation ont trop souffert ? Probablement. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Ayons au moins l’honnêteté aujourd’hui de reconnaître que plusieurs belles annonces du gouvernement Legault seraient impensables sans cette marge de manœuvre. 

Éthique 

Après des années où l’éthique avait gangrené la vie de son parti, Philippe Couillard aura eu le mérite de faire un mandat exempt de tout scandale majeur. Cela n’a pas suffi à rétablir complètement la marque libérale, mais dans une période critique, il a le mérite d’avoir évité d’autres dérapages. 

Malgré des désaccords de fond avec Philippe Couillard, j’ai eu plus d’une occasion de constater qu’il a des convictions personnelles profondes, dans ses interventions publiques comme en privé. C’est notamment le cas sur la question du multiculturalisme. Demeurer fidèle à ses convictions, même face à une opinion publique contraire, cela commande le respect.  

Je note des points positifs. Vous comprendrez qu’il a aussi commis des erreurs. Il n’a pas su renouveler pleinement un parti usé. Il n’est pas parvenu à mobiliser les militants libéraux. Il n’a jamais compris les attentes des Québécois en matière d’identité. Pire, il s’est retrouvé dans la position du premier ministre qui qualifie son propre peuple de raciste. 

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La défaite 

Pour toutes ces erreurs et quelques autres, il a largement payé le prix. La démocratie ne pardonne pas. Son verdict est cruel. Le 1er octobre 2018, lui qui venait de vivre quatre années trépidantes dans le siège de premier ministre se voyait renvoyé chez lui par les électeurs du Québec.  

Les libéraux ont absorbé durement cette défaite. Couillard parti, il était facile de lui faire porter tout le blâme. Normal. Il n’en demeure pas moins qu’il a consacré des années de sa vie au service public. Ça vaut bien un merci. 

Le Parti québécois a eu l’habitude des histoires qui finissent mal avec ses chefs. Lucien Bouchard n’a pas eu d’hommage malgré les succès qu’il lui a procurés. Les libéraux font mieux les choses et c’est à leur honneur. 

La civilité a encore sa place en politique. L’absence de civilité, ça mène à Donald Trump.