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Fin d’Air Saguenay: des pourvoyeurs inquiets pour leur avenir

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L’échec de la relance d’Air Saguenay par une coopérative d’employés rend la tâche encore plus compliquée pour des pourvoyeurs du Nord qui se retrouvent sans transporteur pour leurs clients. L’un d’eux a même déjà jeté l’éponge pour la saison 2020. 

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Julien Simard exploite avec son associé une petite installation au nord de Chute-des-Passes. La pourvoirie Nordic peut accueillir une douzaine de clients à la fois, cinq semaines par année, mais aucun pêcheur ne pourra profiter du site enchanteur cette année, faute de transport aérien stable. 

« J’ai justement envoyé les chèques, ce matin, pour rembourser des dépôts que certains clients avaient faits pour la saison 2020. Ça fait plus que compliquer nos opérations, ça fait qu’on opère juste pas cette année », soupire M. Simard. 

« Ne pas prendre de chances » 

Le pourvoyeur affirme que la clientèle a préféré « ne pas prendre de chances », étant donné la situation incertaine du transport. 

« On avait des trous pas mal. Moi, si l’avion vient, mais qu’il n’est pas plein, ce n’est pas rentable, donc on a préféré ne pas opérer tout simplement », explique le propriétaire, qui entrevoit des pertes de son chiffre d’affaires d’environ 80 000 $ en raison de la fermeture d’Air Saguenay. 

Et il ne sera pas le seul, assure la Fédération des pourvoiries du Québec. « Actuellement, entre Saguenay et la Basse-Côte-Nord, c’est très préoccupant. Il n’y a pas de solution encore », constate le président, Marc Plourde. 

La fédération craint d’ailleurs que certains de ses membres ne traversent pas la crise. « Il y en a qui ne voient pas comment ils peuvent assurer leurs services », tonne M. Plourde, qui réclame une intervention de Québec dans le dossier. « Sans soutien, ça ne peut pas fonctionner. » 

Appui gouvernemental demandé 

Un transporteur qui souhaiterait desservir les pourvoiries du Nord est lui aussi d’avis que le gouvernement devra offrir un peu de soutien à l’industrie. 

Marcel Deschamps, président d’Air BCN Express, aimerait bien ajouter deux ou trois avions à sa flotte qui n’en comprend actuellement qu’un, mais l’investissement est important. 

« Avec de l’aide, on pourrait prendre une grande part des pourvoyeurs qui ont perdu Air Saguenay », prévient-il. 

« On ne demande pas la charité, on voudrait juste que le gouvernement vienne garantir un prêt qu’on contracterait », explique l’homme d’affaires qui trouve dommage que le dossier des pourvoiries « tombe dans les craques entre plusieurs ministères ». 

Le Journal a d’ailleurs contacté les ministères concernés, hier, pour obtenir des réactions. Aucune réponse n’est venue de la Société du Plan Nord, ni du ministère des Ressources naturelles, de celui des Forêts, de la Faune et des Parcs ou encore de celui de l’Économie et de l’Innovation.