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Hommage à des pionnières

Afin de rendre un hommage à des pionnières inspirantes, Louise Cordeau et Sophie D’Amours ont uni leurs forces.
Photo Jean-François Desgagnés Afin de rendre un hommage à des pionnières inspirantes, Louise Cordeau et Sophie D’Amours ont uni leurs forces.

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Jeanne Lapointe, Yvette Brissette, Louise Dumais, Ida Rowland, Claire L’Heureux-Dubé, Hélène Alarie, Estelle Lacoursière, Christine Vallée, Pauline Marois et Laurie Rousseau-Nepton. Voilà toutes des pionnières auxquelles un hommage sera rendu à Québec, à l’occasion de la Journée internationale des femmes.

Au départ, l’idée de Sophie D’Amours, rectrice à l’Université Laval, consistait à trouver un moyen de rendre hommage aux premières femmes diplômées de l’Université Laval. 

Il faut dire que celles-ci n’accédaient que très rarement aux études supérieures, au début du XXe siècle. Les portes de l’Université Laval, première université francophone en Amérique du Nord, leur étaient fermées. De plus, les cours classiques offerts aux filles ne conduisaient pas sur les bancs des études supérieures.

On destinait plutôt les filles à une formation en lien avec leur rôle de mère de famille et de femme au foyer ou d’institutrice. Il faut remonter à 1904 pour retrouver la toute première diplômée de l’UL, soit Marie Sirois, qui a obtenu un certificat en études littéraires. 

Contrairement à ses collègues masculins, elle n’a pas été invitée à la collation des grades. Elle a dû se contenter de félicitations prononcées par le recteur de l’époque lors de la cérémonie. 

Parcours inspirant 

Pour en revenir à l’idée de Mme D’Amours, celle-ci a vite suscité l’intérêt de Louise Cordeau, présidente du Conseil du statut de la femme (CSF). Le projet a ainsi cheminé, et le choix s’est arrêté sur ces 10 diplômées inspirantes nommées plus haut, qui ont pavé la voie dans leur domaine. 

On compte parmi elles la première femme autochtone innue à avoir décroché un doctorat en astrophysique, la première femme noire diplômée de l’UL et la première femme première ministre. Des capsules vidéo retraçant les grandes lignes de leur parcours seront dévoilées en fin de semaine, sur le site internet du CSF.

L’exercice a révélé, selon Mme D’Amours, que « l’histoire du Québec est aussi riche de cette évolution de la place des femmes, et il faut la connaître pour ne pas refaire les mêmes erreurs, et continuer de se préoccuper des défis qui existent encore. » Il faut, souligne-t-elle, démontrer aux jeunes femmes à quel point tout est possible.

Parmi ces défis, Me Cordeau mentionne notamment la recherche d’équité, qui doit se faire de façon inclusive. On doit tenir compte de la réalité actuelle, où la diversité est très présente. « L’égalité, c’est d’être pareil. L’équité, c’est d’avoir les mêmes opportunités », nuance-t-elle. 

Un hommage sera donc rendu à ces pionnières lors d’une matinée-conférence, lundi, à l’Université Laval, sous le thème « Éclairons toutes les voix ». On pourra aussi y entendre la Dre Louise Provencher, première chirurgienne générale dans la région, Claire Deschênes, première enseignante en génie à Québec, et France Légaré, grande chercheuse. La ministre Isabelle Charest sera présente. 

« Au-delà de la recherche et des capsules, ce qu’on voulait, c’était [incarner cet hommage] à travers une conversation et avec des gens de tous les âges », souligne Louise Cordeau, qui a bien hâte d’en entendre davantage sur les défis auxquels ces femmes ont dû faire face.