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«Lazare» de Lars Kepler: Joona Linna démontre toute sa force

Lars Kepler
Photo courtoisie, Anna-Lena Ahlström

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Maître incontesté du thriller scandinave, Lars Kepler (pseudonyme du couple d’écrivains formé d’Alexander et Alexandra Ahndoril) propose une septième enquête de l’inspecteur Joona Linna plus sombre et macabre que jamais : Lazare. Revenir d’entre les morts, est-ce un miracle ou un cauchemar ?  

Dans un appartement d’Oslo, la police découvre un cadavre dans un état de décomposition avancé. D’autres découvertes sont faites dans le congélateur de la cuisine : des membres disparates y sont entassés. Tout laisse croire que l’œuvre est celle d’un profanateur de tombes. Coup du sort : la police retrouve aussi le crâne de l’épouse décédée de l’inspecteur Joona Linna.  

Quelques jours plus tard, une inspec-trice allemande communique avec l’inspecteur Joona pour lui faire part d’une série de meurtres s’étant déroulés près de Rostock. Il est sidéré : le tueur en série Jurek Walter est de retour.  

Joona, en plein cauchemar, sait immédiatement ce qu’il doit faire, même si ses collègues le croient en plein délire paranoïaque : mettre sa fille à l’abri. 

Joona Linna en vedette 

Les lecteurs découvriront toute la force de caractère de Joona Linna dans cette enquête. « Nous avons créé ce personnage il y a déjà 10 ans et il nous surprend toujours », commente Alexander Ahndoril, en entrevue téléphonique depuis la Suède. 

« Comme écrivains, c’était fascinant d’en faire le personnage principal de toute l’histoire », ajoute sa conjointe Alexandra. « Nous en apprenons plus sur son passé et sur les choix de vie qu’il a dû faire. C’était pour nous un livre très important », dit Alexander. 

Joona Linna, tellement bien incarné dans le roman, est-il basé sur une personne qu’ils connaissent ? « Non, il est un produit de notre imagination. Quand nous avons commencé à écrire ensemble, nous avons tout de suite perçu ses yeux gris... », dit Alexander.  

« Il est une sorte d’énigme pour nous, poursuit Alexandra. Même après avoir écrit autant de livres sur lui, nous n’avons pas le sentiment de le connaître complètement. Il est également d’origine finlandaise et en Suède, les Finlandais n’ont pas eu la vie facile. Nous sommes fiers d’honorer cette minorité et de créer un héros finlandais. » 

Alexander ajoute que Joona Linna, un homme très empathique, a un sens aigu de l’être humain et perçoit habi-lement ses côtés les plus sombres. « Il comprend le tueur en série. Il sait que c’est un monstre. Il sait que chaque geste accompli par le tueur en série est logique... de son point de vue à lui. » 

Ils ont beaucoup aimé décrire le personnage de Valéria, l’ancienne flamme de Joona Linna lorsqu’ils étaient à l’école secondaire, qui réapparaît dans sa vie. « Ils ont pris des chemins de vie bien différents par la suite. Valéria a sombré dans la drogue et le crime. Ils se sont retrouvés bien des années plus tard », dit Alexandra. « Valéria comprend tellement Joona qu’elle peut presque lire dans ses pensées. Je pense qu’elle le comprend plus qu’il ne se comprend lui-même ! », ajoute Alexander. 

Alexander et Alexandra ajoutent qu’ils font beaucoup de recherches, mais que leurs romans ne sont jamais basés sur des cas réels ni de vraies personnes. « Nous préférons rester loin des cas réels, car nous ne voulons pas exploiter les drames et la vraie souffrance », précise Alexandra.  

Alexander et Alexandra, en couple pour l’écriture et dans la vie, ajoutent que même s’ils écrivent des thrillers, ils sont eux-mêmes des gens romantiques, amoureux l’un de l’autre. « Je pense qu’Alexander est le meilleur écrivain au monde ! Nous faisons un très beau couple et j’en suis tellement heureuse ! » dit Alexandra. 

Extrait 

<b><i>Lazare</i></b><br/>
Lars Kepler<br/>
Éditions Actes Sud<br/>
540 pages
Photo courtoisie
Lazare
Lars Kepler
Éditions Actes Sud
540 pages

« Joona et l’Aiguille se tiennent en silence dans l’ascenseur sans se regarder. Le sol est mouillé de neige fondue. Le seul bruit audible dans la cage d’ascenseur qui les amène à la salle de réunion au huitième étage est le bourdonnement des câbles dans le puits. 

Nathan Pollock, de la commission des homicides, a déjà convoqué un premier briefing. À la NOA, il est responsable­­­ de la recherche de victimes qui, d’une façon ou d’une autre, correspondent aux schémas des deux premiers meurtres. » 

– Lars Kepler, Lazare 


♦ Actes Sud a publié en français plusieurs titres de Lars Kepler, dont Désaxé et Playground. 

Lazare a obtenu le Storytel Award en Suède.