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L’économie au temps du COVID-19

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Nous n’y échapperons pas. L’épidémie de COVID-19 se répand. La peur du nouveau coronavirus progresse plus vite encore. Les mesures prises par plusieurs pays ont des conséquences désastreuses sur les chaînes d’approvisionnement mondiales des entreprises. La récession, qui est annoncée depuis plusieurs années, devrait finalement frapper l’Amérique du Nord. Combien de temps va-t-elle durer ?

Au moins aussi longtemps que le nouveau virus continuera à s’étendre. Déjà, plusieurs gouvernements asiatiques ont pris des mesures pour contrer les effets du ralentissement économique dans leur pays. Nous devrions nous inspirer de certains d’entre eux. 

Pourquoi faut-il éviter de suivre l’exemple de la Chine ?

L’exemple à ne pas suivre est celui de la Chine. Les mesures de mise en quarantaines extrêmes décidées par le gouvernement de Xi Jinping ont provoqué des torts considérables à l’économie chinoise, alors qu’il n’est même pas certain que ces mesures ont été plus efficaces que celles prises habituellement en cas d’épidémie grave. Généralement, le gouvernement chinois ordonne la mise en quarantaine d’entreprises, d’institutions ou de tours d’habitation où des personnes contagieuses se trouvent. Dans ce cas-ci, le gouvernement a opté pour des mesures de type carcéral pour des villes entières. L’aide que le gouvernement est prêt à fournir aux petits commerces est insuffisante. Ces derniers courent la faillite. La colère contre le gouvernement chinois est très forte.

Les banques centrales peuvent-elles régler le problème économique ?

Non. Plusieurs banques centrales abaissent leur taux directeur dans l’espoir de redynamiser l’économie. Mais cette mesure ne peut pas fonctionner lorsque frappe une épidémie de l’ampleur du COVID-19. Le problème n’est pas que les gens ne veulent plus acheter de nouvelles maisons ou investir dans leur entreprise. Le problème est que les gens ont peur. Ils épargnent donc plus que d’habitude et ils cessent de fréquenter les endroits bondés. Les gens cessent d’acheter. La demande tombe. Si la crise perdure, des entreprises doivent fermer leurs portes temporairement. C’est autant de salaires qui ne sont pas versés, autant de produits qui ne sont pas achetés. 

Quels pays ont pris de bonnes mesures économiques ?

Le gouvernent de Taïwan a décidé de payer jusqu’à 70 % des salaires des employés qui seront mis en chômage temporaire. En Corée du Sud, les personnes âgées et les personnes les plus pauvres ont reçu des bons d’achat pour des produits courants. Le gouvernement a même profité de la crise pour inciter les ménages à se débarrasser de leurs vieux appareils électroménagers et pour les encourager à les remplacer par d’autres, moins énergivores.

Quels sont les secteurs économiques à risque ?

Les secteurs qui pâtissent le plus d’une crise sont ceux où les consommateurs coupent quand ils cherchent à épargner : le tourisme, la restauration, les spectacles. Ce sont aussi des activités où les risques de contagions sont élevés. Mais si l’épidémie perdure, presque tous les secteurs seront touchés. Des millions de personnes risquent de se retrouver sans travail pendant un certain temps, faute de clients ou de matériel de fabrication. C’est là que le gouvernement doit agir.

Quelles mesures le Canada et le Québec pourraient-ils prendre ?

À court terme, les travailleurs touchés pourraient profiter d’un accès très rapide et exceptionnel à l’assurance-emploi. Les entreprises pourraient recevoir des congés de taxe temporaires. À plus long terme, les gouvernements devraient insister pour que certains produits stratégiques soient obligatoirement fabriqués ici, si des compagnies veulent en vendre ici.