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Magalie Lépine-Blondeau de manipulatrice à manipulée

Mademoiselle Julie
Photo courtoisie, Théâtre du Rideau Vert

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On reverra bientôt sur les planches Magalie Lépine-Blondeau sous la direction du metteur en scène Serge Denoncourt, des complices de longue date. Portant sur ses épaules un classique d’August Strindberg, la comédienne se retrouvera en terrain connu dans un drame amoureux des plus déchirant dominé par la manipulation. 

La comédienne chouchou de Serge Denoncourt, Magalie Lépine-Blondeau, ne cache pas sa complicité professionnelle avec le célèbre metteur en scène, eux qui ont travaillé ensemble une bonne dizaine de fois. On pense notamment aux pièces Un tramway nommé désir, Les liaisons dangereuses, Christine, la reine garçon ou, encore, Cyrano de Bergerac, Ana et Il Campiello. D’ailleurs, plus récemment, ils avaient renoué avec Électre et La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, deux pièces qui ont pris place la saison dernière. Après autant de collaborations qui se sont souvent traduites en succès, il fallait s’attendre à ce que le metteur en scène fasse à nouveau appel à sa comédienne fétiche pour sa prochaine pièce, Mademoiselle Julie, qui prendra place au Rideau Vert. D’autant plus qu’il la considère comme l’une des comédiennes les plus talentueuses parmi celles qu’il a eues à diriger. « C’est une très grande actrice », avait-il déjà exprimé sans détour. Quant à cette dernière, elle aime travailler avec ceux qui l’inspirent. 

« Pour moi, Serge, c’est mon grand partenaire de création », confie la comédienne Magalie Lépine-Blondeau. « Il y a une alliance naturelle entre nous et j’ai confiance en lui. » 

Le metteur en scène, qui a la réputation d’être très exigeant avec les acteurs qu’il dirige, ne fait pas peur à la comédienne, bien au contraire. « Il me pousse à franchir de nouvelles limites que je m’imposerais moi-même », affirme Magalie Lépine-Blondeau qui ajoute qu’elle se considère aussi comme très exigeante. « Au fil des projets, on a développé une grande amitié et nous avions envie de retravailler ensemble sur Mademoiselle Julie », concède-t-elle.  

Une allumeuse 

Aux yeux de l’actrice, Mademoiselle Julie est un grand rôle féminin du répertoire, personnage qu’elle tenait depuis longtemps à interpréter même si elle admet qu’il s’agit d’un rôle difficile. « C’est un personnage féminin puissant et troublant, comme il y en a peu dans l’histoire du théâtre », souligne-t-elle. 

La pièce de l’auteur suédois écrite en 1888 met de l’avant Julie, jeune aristocrate, fille d’un comte, d’ascendance noble qui tente de faire fi des classes sociales et de briser les conventions, à l’époque où l’aristocratie occupe une grande place. 

Si au départ c’est elle qui aura le rôle de la manipulatrice, en jouant l’allumeuse avec le valet de son père, Jean (David Boutin), la situation se retournera contre elle. Car Jean, né d’une lignée de domestiques est plus aveuglé par l’ambition que par l’amour, lui qui souhaite surtout s’élever dans l’échelle sociale. Au final, c’est elle qui sera victime de manipulation au point où la situation tournera au tragique. 

Jeu de pouvoir 

On assistera notamment au piège de l’amour et ses conséquences dans cette lutte de pouvoir et de classe. 

Si le rôle de Julie est difficile à jouer, c’est qu’il s’agit d’une femme à la fois fragile et forte, mais aussi instable, voire névrosée par moment. « J’aime ce personnage que l’on trouve encore aujourd’hui controversé. De tout temps, quand une femme revendique une liberté et des désirs sexuels, elle est condamnée par la société et ça penche vers la folie », fait remarquer la comédienne. 

Mademoiselle Julie   

  • Auteur : August Strindberg  
  • Mise en scène : Serge Denoncourt 
  • Distribution : David Boutin, Louise Cardinal, Magalie Lépine-Blondeau  
  • Du 17 mars au 18 avril 
  • Au Théâtre du Rideau Vert  

Par ailleurs, on pourra suivre prochainement sur l’Extra d’ICI Tou.tv Magalie Lépine-Blondeau qui campera le personnage central de la comédie sur la sexualité Sans rendez-vous.