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Un long calvaire qui prend fin

henri richard et sa famille
Photo courtoisie Dans le salon de leur résidence de Laval, Lise et Henri Richard en présence de trois de leurs enfants.

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L’Alzheimer est une longue épreuve pour les personnes qui en sont atteintes et leurs proches. Le chemin de croix a duré plusieurs années pour Henri Richard. Son épouse Lise, avec qui il a été marié durant 64 ans, et ses enfants Michèle, Gilles, Denis, Marie-France et Nathalie l’ont vu mourir à petite dose jour après jour, mois après mois, année après année. 

Henri Richard a rendu l’âme à 2 h 43 dans la nuit d’hier au Centre Riviera, centre hospitalier de soins de longue durée où il résidait depuis plus de quatre ans. 

Il y a environ deux semaines, le quatrième étage où se trouvait sa chambre a été interdit aux visites en raison de cas d’influenza. Il n’a toutefois pas contracté le virus.  

Lorsque l’interdiction des visites a été levée, le médecin qui suivait l’ancien capitaine du Canadien a avisé la famille que son état de santé s’était passablement détérioré. 

L’inévitable a fini par se produire. 

Quand le deuil se fait-il ? 

Comment réagit-on à la mort d’une personne dont on avait commencé à faire son deuil depuis longtemps ? 

« Le mien s’est fait au cours de la dernière semaine, a répondu Denis Richard, le troisième enfant de la famille d’Henri, lorsqu’on s’est parlé hier soir. 

« Mon père ne mangeait plus. Il n’acceptait plus rien. C’est là que ça a été le plus difficile. Le corps qui était devant moi n’était pas mon père. » 

Sa mère a passé les deux dernières nuits couchée dans un petit lit aux côtés de son époux. 

« Mes sœurs Marie-France et Nathalie devaient arriver de Cuba samedi (aujourd’hui), continue Denis. 

« On les a appelées pour les informer de la situation et elles ont pris le premier vol disponible pour Montréal. Elles sont arrivées à 22 h 30 jeudi soir.  

« Je ne sais pas si mon père les attendait. Je ne crois pas tellement à ce genre de chose. Mais il est décédé dans les heures qui ont suivi. » 

Comment se sent son épouse ? 

« Elle n’est pas trop mal dans les circonstances. » 

Un grand vide pour son épouse 

C’est une grande partie de la vie de Lise Richard qui se ferme. Elle et Henri se connaissaient depuis l’âge de six ans.  

Adolescent, Henri lui avait dit de ne pas faire de plan d’avenir parce qu’il avait tout prévu pour elle et lui. Ils se marieraient, ils auraient des enfants et il jouerait pour le Canadien avec son frère Maurice. 

Madame Richard va ressentir un grand vide même si son mari vivait dans un autre monde depuis plusieurs années. 

« Elle est dans la brume en ce moment, a dit son fils. 

« Elle nous a laissés prendre soin des arrangements funéraires, elle n’est pas venue avec nous. » 

C’était préparé depuis longtemps. Il n’y aura pas de chapelle ardente au Centre Bell ni de funérailles nationales comme ce fut fait pour Maurice Richard et Jean Béliveau. 

« C’est notre mère qui en a décidé ainsi », a indiqué Denis. 

Ceux qui connaissent bien le disparu vous diront que lui-même l’aurait probablement voulu ainsi. Comme le Canadien sera en ville la semaine prochaine, la famille a préféré repousser les visites au salon et les funérailles. 

Funérailles le 16 mars 

Ça aura lieu le 16 mars, mais ce n’est qu’après coup que la famille a réalisé que la date coïncidait avec le numéro immortalisé par Henri Richard dans l’uniforme du Canadien. 

« Comme ma mère le dit, ça a duré trop longtemps, a raconté Denis en terminant. 

« Elle disait toujours : “Ça n’a pas de bon sens qu’il soit rendu de même !” Je ne sais pas comment elle va réagir maintenant qu’il n’est plus là. On va essayer de l’occuper. » 

La dame est déjà entre bonnes mains.