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Coronavirus: les craintes s’amplifient à Québec

Les étalages de produits hygiéniques se vident, alors qu’un nouveau cas est répertorié

Coronavirus Place Fleur de Lys
Photo Arnaud Koenig-Soutière Munie d’un masque de protection, la représentante du Journal s’est rendue dans une boutique spécialisée dans les soins pour les ongles de Québec. Même si elle a été dévisagée par plusieurs clients du centre commercial, elle n’a eu aucun problème pour y prendre un rendez-vous.

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Les craintes et les répercussions de l’épidémie du coronavirus passent à un autre niveau à Québec. Le nombre grandissant d’étalages vides met de la pression sur des commerces dont les affaires risquent d’être plombées pendant plusieurs mois.   

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Déjà une denrée rare depuis que le nombre de cas répertoriés de coronavirus monte en flèche à travers le monde, les masques souffrent de leur popularité, leurs étalages étant dorénavant carrément vidés partout dans la région. La frénésie populaire s’est étendue au désinfectant pour les mains, dont les stocks sont introuvables dans la capitale nationale.        

  • Écoutez l'entrevue du directeur national de la santé publique, Horacio Arruda avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:  

  

«Tout le monde capote. On n’a plus du tout [de masques], même chose pour le Purell depuis une semaine et demie», lance au bout du fil une commis du Jean Coutu du boulevard Sainte-Anne.      

«Ça commence à se vider beaucoup. Les gens dévalisent les tablettes!» renchérit Marie-Lyne Létourneau, directrice de services d’une succursale Bureau en gros à Québec.      

Masques revendus à prix d’or  

Rien n’indique que les étalages de masques seront remplis de sitôt, selon les détaillants contactés par Le Journal. Les rares masques accessibles au public se trouvent à prix d’or sur le web, comme le rapportait Le Journal la semaine dernière. Les annonces pullulent de plus en plus depuis quelques jours, alors que des masques sont souvent vendus jusqu’à 10 fois le prix. Une annonce sur le site Kijiji promet même à l’acheteur de pouvoir «affronte[r] le coronavirus avec style» avec un masque «vintage».      

Coronavirus Place Fleur de Lys
Photo Arnaud Koenig-Soutière

Aux consommateurs qui s’arrachent certains produits s’ajoute la réduction des exportations chinoises, en baisse de 17,2%, depuis deux mois, à cause du coronavirus.       

Plus de pénuries  

Au surplus, des produits spécialisés comme des ordinateurs pourraient bien commencer à manquer en raison de la crise sanitaire.        

Le manufacturier de matériel informatique HP a averti des détaillants qu’il était « à court » de certains produits, en invitant à ne pas faire de prévente d’ordinateurs en rupture de stock, indique Marie-Lyne Létourneau.      

«Pour les articles scolaires, on commence à les recevoir en mai. À date, on est déjà trois à quatre semaines en retard, probablement sur la production», ajoute-t-elle, craignant que le retard dans l’approvisionnement se fasse sentir lors de la prochaine rentrée scolaire.      

«C’est certain qu’on commence à manquer de produits. Pour le moment, il n’y a pas trop de problèmes. Mais si ça continue, c’est sûr que ça va se compliquer», s’inquiète François Gendron, gérant du Canac sur le boulevard Henri-Bourassa, à Québec.      

Même les églises de Québec prennent des mesures, alors que le diocèse a décidé de ne plus permettre aux paroissiens de se serrer la main à partir d’aujourd’hui.       

Alors que l’épidémie continue de progresser dans le monde, un quatrième cas a été répertorié au Québec hier. Dix personnes sont aussi toujours en observation.       

– Avec Marie-Léo Guy, collaboration spéciale