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Chuck Schumer tombe dans le panneau et fait le jeu de Donald Trump

Chuck Schumer tombe dans le panneau et fait le jeu de Donald Trump
AFP

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Le sénateur démocrate de New York Chuck Schumer est le pilier de sa formation au sein du sénat. Expérimenté et respecté, il commet peu de bourdes aussi grossières que celle d’hier.  

Jeudi, alors qu’il prenait la parole devant un groupe de manifestants pro-choix, Schumer a eu recours à cette formule : «I want to tell you, Gorsuch; I want to tell you, Kavanaugh. You have released the whirlwind, and you will pay the price. You won’t know what hit you if you go forward with these awful decisions.» Traduction libre: Gorsuch et Kavanaugh, vous paierez le prix de la tempête que vous avez provoquée. Vous ne saurez jamais ce qui vous a frappé...   

Comme je le mentionnais dans un billet plus tôt cette semaine, la Cour suprême se prononcera bientôt sur la constitutionnalité d’une loi de la Louisiane qui pourrait restreindre l’accès à l’avortement. Si Schumer pointe du doigt les deux juges, c’est qu’ils ne siégeaient pas en 2016 lorsque la Cour suprême a invalidé une loi similaire à celle que le plus haut tribunal étudie en ce moment. Il les identifie donc comme responsables potentiels d’une éventuelle volte-face.    

Peu importe le contexte, les propos du sénateur sont condamnables et il a tôt fait de s’excuser. Des excuses dont la portée est limitée puisque dans un communiqué subséquent, son équipe de communication visait le juge en chef Roberts qui avait servi un avertissement à Chuck Schumer.   

En gros, un beau gâchis et des munitions en réserve pour les républicains. Régulièrement, les démocrates ont utilisé les attaques répétées de Donald Trump contre les institutions pour l’associer à un dirigeant de régime autoritaire. Qualifié de grossier et d’inculte, le président n’avait pas la stature d’un chef d’État et son attitude mettait en péril le précieux équilibre de la séparation des pouvoirs.   

Jeudi soir on pouvait bien imputer la responsabilité de ce climat de tension aux provocations du président, Chuck Schumer n’en est pas moins tombé dans le panneau. Un membre du corps législatif qui menace et discrédite des juges de la Cour suprême, ce n’est guère différent de ce que fait l’actuel détenteur du pouvoir exécutif.   

Si le combat pour la présidence qui s’amorce bientôt sera féroce, les démocrates devraient au moins tirer une leçon des incidents déplorables de jeudi : éviter de reproduire ce qu’on reproche avec raison à Donald Trump. Les démocrates ont de bonnes chances de vaincre le président républicain et d’empêcher sa réélection, mais ils doivent mener ce combat à leur manière et sur leur terrain. Ne pas se laisser intimider, ce n’est pas se livrer aux pratiques indignes de l’adversaire.