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Des fabricants québécois de désinfectant se frottent les mains

L’épidémie de coronavirus fait faire des affaires d’or à certaines entreprises d’ici

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Des fabricants de désinfectant à mains font des affaires d’or avec le coronavirus, comme c’est le cas d’une PME de Drummondville, qui prévoit doubler son chiffre d’affaires.  

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« On pourrait doubler sans problème cette année notre chiffre d’affaires. On a des clients qui commandent 100 fois ce qu’ils prennent habituellement », a révélé au Journal Guillaume Barnouin, directeur des ventes chez Laboratoire Provence Canada, dont le chiffre d’affaires actuel se situe entre 5 et 10 millions $.  

Dans le Centre-du-Québec, l’usine d’une vingtaine de travailleurs a été forcée d’étirer ses heures de production habituelles de 6 h 30 du matin à 16 h jusqu’à... 22 h, pour satisfaire les grandes bannières qui s’arrachent son désinfectant à mains vedette Bacti Control.  

« Rupture de stock », « marchandise indisponible »... une simple recherche hier sur les sites web des Walmart ou Jean Coutu montrait à quel point ces produits sont toujours aussi recherchés par les Québécois.   

« En ce moment, on tourne à plein régime », a témoigné l’opératrice de production de l’usine de Drummondville Karely Pacheco Morales, qui ressent cet appétit jusqu’à son poste de travail.  

L’opératrice de production Karely Pacheco Morales travaille sans relâche pour satisfaire l’appétit des grandes bannières.
Photo Francis Halin
L’opératrice de production Karely Pacheco Morales travaille sans relâche pour satisfaire l’appétit des grandes bannières.

Au Québec, Laboratoire Provence Canada n’est pas la seule à tirer profit de cette manne. À Knowlton, en Montérégie, l’usine de KDC vient de publier six offres d’emploi en quelques jours à peine.   

Hier, le v.-p. directeur général de l’usine, Charles Lacroix, a confirmé au Journal que KDC fabriquait certains produits pour la marque Purell, mais la porte-parole de la compagnie Valérie Gonzalo a ensuite rejeté toute demande d’entrevue.   

Des prix gonflés ?  

En pleine crise, pas question cependant pour Laboratoire Provence Canada de gonfler ses prix. Quand on demande à son directeur des ventes, Guillaume Barnouin, si la tentation est là, il admet que oui, mais refuse de le faire, par « éthique ».  

« Oui, ça pourrait être tentant, mais au moment où l’on se parle on ne l’a pas fait », dit-il. Selon lui, le seul facteur qui pourrait le forcer à revoir les prix à la hausse viendrait d’une éventuelle hausse du prix de certains contenants qui viennent d’Asie.  

« Ça sera quelque chose de mineur si on fait une augmentation. On parle de quelques sous. On ne passera pas à ce que l’on a vu en France avec des prix qui doublent et triplent », a prévenu Guillaume Barnouin.  

De son côté, Daniel Leblanc, v.-p. de Courtier Pharma, qui distribue entre autres le désinfectant Bacti Control de l’usine de Drummondville, dit n’avoir jamais rien vu de tel en 20 ans. « C’est aussi gros que le H1N1, même plus gros. C’est fou », a-t-il partagé.  

« À Montréal, c’est fou depuis un mois ou deux. À Québec, deux semaines. Mais dans les régions, ça vient de décoller la fin de semaine dernière », a-t-il conclu, essoufflé.  


L’usine de Drummondville Laboratoire Provence Canada, qui fabrique le désinfectant Bacti Control avec des ingrédients québécois, produit également certaines marques maison pour les grandes bannières, dont Jean Coutu ou Familiprix.