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Des vies ordinaires, mais fascinantes

À l’affiche se déroule dans une salle de cinéma

À l'affiche
Photo courtoisie, David Mendoza Hélaine À l’affiche, qui met en vedette Patrick Emmanuel Abellard, Jean-Philippe Côté et Catherine Côté, s’intéresse au quotidien et aux vies ordinaires de trois employés d’une salle du cinéma d’une autre époque.

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Il n’y a pas d’action, d’intrigue palpitante, ni de rebondissements dans la pièce de théâtre À l’affiche. Il n’y a pas de mise en scène élaborée et le jeu est minimal et réaliste. Et pourtant, la pièce de théâtre À l’affiche fascine en raison de sa forme particulière.

Présenté jusqu’à samedi à Premier Acte, le texte de l’Américaine Annie Baker, monté par le collectif Rêver en couleurs, est une proposition un peu et pas mal hors-norme.

The Flick (À l’affiche) a remporté, en 2014, le Prix Pulitzer en théâtre.

La pièce mise en scène par Angélique Patterson se déroule dans une salle de cinéma vieillotte de Worcester au Massachusetts. Une salle reproduite sur les planches avec six rangées de sièges, la cabine du projectionniste et ses trois employés. 

Sam et Avery, le nouveau, exécutent diverses tâches, dont celle de faire le ménage de la salle, entre les représentations. On les voit, la plupart du temps, armés de balais et de moppes, en train de ramasser le popcorn et les déchets entre les rangées et bavarder. Il y a aussi Rose, la projectionniste. 

On pense, à plusieurs moments, à la phrase qui résumait la célèbre série Seinfeld. Un spectacle à propos de rien.

Les trois employés se dévoilent à travers une série de références cinématographiques. Ils livrent, sans trop le faire, des petites tranches de leurs vies. Ils se cherchent et on les sent à la croisée de chemins.

Un peu comme ce cinéma d’une autre époque où planent l’arrivée d’un nouveau propriétaire et celle de la technologie numérique. La salle de cinéma, comme les trois employés, est en transition.

Une proposition hors-norme

Avec une durée de 2 h 50, incluant un entracte, À l’affiche semble, sur le coup, être un énorme contrat. Ce qui n’est pas le cas, si l’on accepte de se laisser emporter par cet objet théâtral différent et hors-norme, où il y a des moments de silence et où il ne se passe pas grand-chose. 

Le charme de cette œuvre se déploie à travers les nombreuses références cinématographiques et à l’attachement que l’on développe pour les personnages interprétés par Patrick Emmanuel Abellard, Catherine Côté et Jean-Philippe Côté, qui vivent des émotions auxquelles on peut s’identifier. 

Certaines répliques sont savoureuses et on retrouve des séquences fort amusantes, comme celle où Sam et Avery tentent d’établir quel est le plus grand film américain des dix dernières années et où l’on constate le fossé énorme entre ces deux individus. La vie, c’est du cinéma, chantait Sylvie Vartan.