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La crise s’aggrave

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Après 11 années de « bull market », Wall Street est venu hier tout près de tomber en marché baissier (bear market) alors qu’au creux de la séance boursière, ses indices phares (Dow Jones, S&P 500, NASDAQ) accusaient des reculs de quelque 19 % par rapport à leurs récents sommets historiques. 

Il en était de même pour le baromètre de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX.  

Techniquement, il faut savoir que la Bourse tombe en marché baissier lorsque les reculs dépassent le seuil des 20 %. C’est ce qui s’est d’ailleurs produit en Europe alors que les indices FTSE 100 de Londres, DAX de Frankfort et CAC 40 de Paris affichaient des pertes de quelque 21 à 26 %. 

Pourquoi les marchés sont-ils tombés en mode panique hier ? 

LES PÉTROLIÈRES CROULENT 

L’élément déclencheur hier c’est... la débandade du prix du pétrole à la suite de la décision de l’Arabie saoudite de réduire le prix de son or noir, tout en augmentant sa production. Cela faisait suite à l’échec des négociations qui se sont déroulées en fin de semaine entre les membres de l’OPEP et la Russie. 

Comme les États-Unis sont aujourd’hui le premier producteur mondial de pétrole au monde (avec 13 millions de barils par jour), devant l’Arabie saoudite et la Russie, l’effondrement du cours du baril de pétrole, soit de 30 à 40 % depuis la semaine dernière, a entraîné les pétrolières dans une spectaculaire débandade à Wall Street. 

Et nous, au Canada, on a également été frappés d’aplomb par l’onde du choc pétrolier en raison du poids élevé (17 %) du secteur de l’énergie dans l’indice S&P/TSX de Toronto. 

Juste hier, les titres du secteur Énergie perdaient 27 % en Bourse. Entre le creux d’hier et le haut du 20 février dernier, le secteur affichait un effondrement de 42 %. 

Toutes nos grandes sociétés pétrolières ont subi des pertes boursières astronomiques entre le creux d’hier et le 31 décembre dernier. 

Des exemples ? Suncor affiche un recul de 42 % ; Canadian Natural Resources présente une baisse de 53 % ; Cenovus Energy Inc. se fait matraquer de 70 % ; Husky Energy se fait plomber de 68 % et Imperail Oil s’en tire avec une baisse de 39 %. 

LES BANQUES ÉCOPENT 

Il est maintenant devenu évident que la propagation du coronavirus va générer un ralentissement économique, lequel va bien entendu se répercuter dans les bénéfices des entreprises cotées en Bourse. 

J’espère que la chute des actions des grandes banques canadiennes n’est pas représentative du ralentissement économique et de son impact négatif sur les bénéfices des banques. 

En l’espace de deux semaines, nos gros titres bancaires ont chuté de 20 % à 29 % à la Bourse de Toronto. 

Aux États-Unis, les titres des quatre plus grandes banques américaines ont fondu davantage, soit de 34 à 40 % entre leurs creux d’hier et leurs sommets respectifs.   

REMÈDE DE CHEVAL 

Afin de limiter les dégâts économiques et ainsi éviter une récession mondiale, il faut s’attendre à ce que les gouvernements et les banques centrales allongent des centaines et des centaines de milliards de dollars pour secourir les secteurs les plus durement touchés depuis la propagation du coronavirus.