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Le Comité permanent de la sécurité publique se penche sur le meurtre de Marylène Levesque

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Les agents de libération conditionnelle impliqués dans le dossier d'Eustachio Gallese ont été mis à l'écart, a-t-on appris mardi au début des travaux du Comité permanent de la sécurité publique et nationale sur le meurtre de Marylène Levesque. Des employés de la maison de transition où le meurtrier séjournait auraient subi le même sort.  

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Ce nouvel élément a été confirmé par la commissaire de Service correctionnel Canada (SCC) Anne Kelly. Questionnée par les parlementaires sur ce qui était advenu des agents impliqués dans l'affaire Gallese après la mort tragique de Marylène Levesque, Mme Kelly a indiqué qu’ils ne menaient plus de dossiers.     

  • Écoutez l'entrevue du député Pierre Paul-Hus avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:

«Les agents impliqués directement dans ce dossier ne supervisent actuellement plus de délinquants», a-t-elle assuré, sans préciser s’ils avaient été congédiés.    

«Nous attendons que le comité indépendant complète son enquête. Quand nous aurons tous les faits, si nous devons entreprendre d’autres investigations, nous le ferons.»   

Jennifer Oades, présidente de la Commission des libérations conditionnelles du Canada
Capture d’écran, Parlement du Canada
Jennifer Oades, présidente de la Commission des libérations conditionnelles du Canada

Mesures à la maison de transition  

Le Journal a aussi appris que la direction de la maison de transition où séjournait Gallese «a pris les mesures qu'elle jugeait appropriées» envers ses employés impliqués dans l'affaire.    

«Ces mesures sont semblables à celles entreprises par le Service correctionnel du Canada», a lancé David Henry, directeur général de l'Association des services de réhabilitation sociale du Québec, dont est membre la maison de transition.    

Ce dernier n'a pas souhaité en dévoiler davantage, évoquant l'enquête interne et l'enquête policière en cours.    

Les syndicats représentant les employés des deux organisations sont aussi demeurés avares de commentaires, vu les mêmes enquêtes.     

Bombardés de questions  

Appelés à témoigner hier devant le comité de la sécurité publique, des dirigeants de la Commission des libérations conditionnelles (CLCC) et de Service correctionnel Canada (SCC) ont été bombardés de questions par les parlementaires. La majorité des questions concernant précisément le cas d’Eustachio Gallese sont toutefois restées sans réponse.    

«Je ne peux commenter ce cas précis, parce que les décisions des commissaires sont indépendantes et que des enquêtes sont en cours», a répété à de nombreuses reprises la présidente de la CLCC, Jennifer Oades.

Rappelons que le meurtrier de Marylène Levesque était en semi-liberté depuis mars 2019 lorsqu’il a poignardé la jeune femme dans une chambre d’hôtel de Québec le 22 janvier dernier.    

L’homme bénéficiait d’une stratégie de gestion de cas qui lui permettait de solliciter des services sexuels, une permission qui avait été révoquée lorsque les commissaires en avaient été avisés, en septembre 2019. Malgré tout, Gallese continuait de rencontrer Marylène Levesque après les avertissements des commissaires.    

«Réalisez-vous que les victimes d’actes criminels n’auront plus confiance en l’institution que vous dirigez? Vous êtes consciente que cette triste affaire a détruit la réputation de votre organisation?» a demandé le député conservateur Marc Dalton.    

«Je suis au fait du potentiel de cette affaire, mais je ne crois pas que cette affaire ait détruit la confiance qu’ont les Canadiens en nous», a souligné en réponse Mme Oades, convaincue que des réponses seront trouvées.    

Révision de toutes les stratégies  

Les témoins ont malgré tout pu apporter un certain éclairage sur les mesures prises après la mort de Marylène Levesque.    

Même si elle n’a appris qu’après le meurtre l’existence de la fameuse stratégie de gestion permettant la sollicitation de services sexuels, la commissaire Anne Kelly s’est assurée qu’aucun autre détenu canadien ne bénéficierait de telles largesses.    

«J’ai été extrêmement claire dès que j’ai appris la tragédie, j’ai tout de suite communiqué avec les commissaires régionaux pour qu’on fasse un examen de toutes les stratégies communautaires. J’ai aussi demandé que les agents de libération conditionnelle et les superviseurs soient rencontrés individuellement», explique la commissaire principale de Service correctionnel Canada, qui a semblé choquée par de telles méthodes.    

«Le service n’approuve pas que les délinquants aient recours à des services sexuels. C’est ma 37e année au service et je peux assurer que ce n’est pas une pratique que nous appuyons», a-t-elle ajouté.    

Une autre audience du comité doit avoir lieu jeudi matin. Un ancien commissaire de la CLCC est notamment attendu à Ottawa.    

– Avec la collaboration de Kathryne Lamontagne