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L’équilibre

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Le débat émotif sur les changements climatiques pousse les positions de chacun dans des extrêmes. Il faudrait être POUR ou CONTRE l’auto. Cesser d’investir dans le réseau routier pour tout mettre sur les transports en commun.  

Le budget présenté hier par Eric Girard cherche plutôt l’équilibre. L’offre de transport en commun doit être sérieusement bonifiée ET en même temps, nous devons améliorer nos routes. Évidemment, la somme des investissements dans les deux secteurs devient colossale.   

Lorsqu’on y ajoute les montants consentis aux constructions et rénovations d’écoles, les prochaines années seront marquées par un effort majeur du côté des infrastructures. Face à la menace d’un ralentissement de l’économie, il s’agit d’une bonne nouvelle.   

Fonds vert  

Les projets de transport en commun sont nombreux. Il y a du pain sur la planche, il s’en est fait bien peu depuis 20 ans. Tenant pour acquis que le REM émane de la Caisse de dépôt, le gouvernement du Québec n’a réalisé qu’une chose en 20 ans : le métro de Laval. L’inauguration a eu lieu au printemps 2007.   

La CAQ profite du Fonds vert, dont la mauvaise gestion passée a défrayé la chronique. Il devient maintenant une source idéale de fonds à diriger vers les projets de transport en commun, en plus des fonds fédéraux disponibles. Le gouvernement Legault inscrira ces projets dans son « virage vert ».   

Les nombreux projets de transport collectif touchent plusieurs régions : Montréal, la Rive-Nord et la Rive-Sud, Gatineau, sans oublier le tramway à Québec.   

Nos pauvres routes  

En parallèle, le ministre Eric Girard a annoncé un robuste plan de rattrapage en matière de rénovation du réseau routier. L’état du réseau est pitoyable. Le déficit d’entretien est documenté par les experts, mais aussi visible à l’œil nu pour quiconque se promène.   

Des routes démolies, maintes fois rapiécées à coup de beurrées d’asphalte, où des nids de poule de plus en plus immenses apparaissent chaque printemps. Des chemins de campagne jamais rehaussés dans des secteurs qui se sont urbanisés et où l’achalandage a été décuplé. Des autoroutes et routes principales qui donnent des impressions de tiers-monde.   

Il y a quelques années, le Québec a fait un effort du côté des ponts et des viaducs... après que l’un d’eux se fut effondré. Il avait fallu créer une commission après la tragédie pour en faire la recommandation. Plus d’une décennie plus tard, les viaducs ne tombent plus, mais le réseau souffre encore d’une négligence d’entretien désolante.   

Quoi qu’en disent certains apôtres de la religion verte, les routes et les véhicules qui y roulent demeurent une composante essentielle du transport des personnes et des marchandises au Québec. Le territoire est grand, le Québec prospère avec des régions fortes, le réseau routier demeure l’épine dorsale du transport.   

Attention ! La dernière fois que le gouvernement a mis le pied sur l’accélérateur des investissements routiers, les firmes se sont montrées affamées. Le tout a fini en commission Charbonneau. À ne pas reproduire.