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Loi 40: une enseignante démissionne à la suite de la réforme Roberge

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Photo Agence QMI, Roger Gagnon Valérie Potvin
Ex-enseignante

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En « colère » et « découragée » de la tournure des événements, une enseignante a décidé de remettre sa démission au lendemain de l’adoption sous le bâillon de la réforme du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

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Valérie Potvin travaillait dans le réseau scolaire depuis près de 10 ans. À statut précaire depuis la fin de ses études en 2011, cette enseignante en orthopédagogie a dû cumuler les contrats dans des écoles et d’autres emplois au privé pendant des années pour parvenir à boucler ses fins de mois.

Mais depuis près de trois ans, la rentrée scolaire était devenue un véritable calvaire, raconte-t-elle. « J’étais angoissée et démotivée. J’avais espoir de retourner là où j’avais enseigné l’année d’avant, mais chaque année, c’était à recommencer », dit-elle. 

Le sentiment de ne pas pouvoir répondre aux besoins des élèves et des enseignants avec qui elle travaillait, chaque jour, lui pesait de plus en plus. Un vendredi soir, à la fin novembre, l’enseignante a compris qu’elle ne pourrait pas retourner travailler le lundi suivant. 

En congé de maladie depuis le 1er décembre, Mme Potvin n’était toutefois pas encore prête à remettre sa démission, préférant laisser une chance aux négociations qui allaient s’amorcer avec le gouvernement Legault en janvier, relate-t-elle.

Goutte qui a fait déborder le vase

En février, l’adoption sous le bâillon de la loi 40 a toutefois été la goutte qui a fait déborder le vase. « C’est ça qui m’a convaincue [de démissionner]. Ç’a vraiment pesé dans ma décision, j’ai trouvé ça inacceptable. J’étais en colère, complètement découragée. J’ai vu que les choses n’allaient pas aller en s’améliorant », affirme-t-elle.

Le projet de loi a été adopté dans la nuit du samedi 8 février. Le lundi suivant, Mme Potvin communiquait avec son syndicat pour l’informer de sa décision, dans un message dont Le Journal a obtenu copie. L’enseignante a remis sa démission à la commission scolaire de Jonquière le 21 février. 

Mme Potvin, qui travaille maintenant pour une clinique privée d’orthopéda­gogie, considère qu’elle a pris « la meilleure décision de sa vie ».

Pas la seule

Valérie Potvin n’est pas la seule enseignante à avoir remis sa démission au lendemain de l’adoption de la réforme Roberge, qui a attisé la colère dans les rangs des enseignants, affirme Geneviève Groleau, cofondatrice du mouvement À bout de souffle... ça suffit.

Cette initiative créée en ligne après l’adoption de la loi 40 regroupe plus de 200 enseignants qui seraient prêts à démissionner si leurs demandes pour « un meilleur environnement éducatif » ne sont pas entendues lors des négociations avec Québec.