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«J.E.»: des révélations troublantes sur la maltraitance en CHSLD

«J.E.»: des révélations troublantes sur la maltraitance en CHSLD
Photo Courtoisie, TVA

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Des préposés aux bénéficiaires et des infirmier(ère)s auxiliaires sont parfois forcés de «choisir» entre les patients qui nécessitent des soins en CHSLD, pour cause de surcharge de travail et de manque de personnel.  

C’est l’une des aberrations que mettra en lumière «J.E.» ce jeudi, par le biais du reportage «Maltraitance», qui s’intéresse au sort des 37 000 résidents de CHSLD du Québec et aux conditions de travail difficiles des gens qui doivent en prendre soin, mais qui manquent souvent cruellement de ressources.  

  • ÉCOUTEZ l'entrevue du journaliste Denis Therriault à QUB Radio:

«On a été surpris de voir à quel point il y a de la détresse dans les CHSLD, a commenté Denis Therriault, qui est responsable de l’enquête. Ce sont des employés qui le partagent, des familles, des résidents...»  

«Ce qui surprend le plus, c’est le nombre d’accidents et d’incidents qui se produisent en CHSLD au Québec, a ajouté le journaliste. Tout ça est documenté, et ça se passe dans des établissements où on paie cher pour habiter. La majorité des gens qui vivent dans ces endroits souffrent de problèmes cognitifs, de mémoire, et sont à la merci de ce qui se passe.»  

«En fouillant, on se rend aussi compte que c’est une minorité de familles qui rend visite à ses parents et grands-parents dans les CHSLD, et plus ces personnes sont seules, plus elles sont vulnérables...»  

  

«J.E.»: des révélations troublantes sur la maltraitance en CHSLD
Photo Courtoisie, TVA

«Critères» dérangeants  

D’abord alertée par les nombreux messages reçus sur Facebook à propos de cas de maltraitance dans des centres hospitaliers de soins longue durée, l’équipe de «J.E.» a creusé plusieurs pistes pour dresser un portrait juste de la réalité.  

Premier constat: contrairement à ce qu’on peut croire, les errements dans les soins apportés aux aînés ne sont souvent pas la faute des préposés et des infirmiers(ères) auxiliaires.  

«Ces gens-là sont tellement occupés, ils en ont plein les bras, a mentionné Denis Therriault. Dès qu’il y a des congés, dus à des maladies ou des absences, ils sont obligés de travailler encore plus et de faire des choix déchirants quand vient le temps d’intervenir auprès des bénéficiaires, des personnes âgées. Ils ont des "critères" qui sont troublants, et c’est un peu ce qu’on met en lumière. Ces gens qui ont accepté de nous parler l’ont fait dans l’anonymat, parce qu’ils ont peur des représailles.»  

«J.E.» s’attardera jeudi à deux situations en particulier. D’abord, celle d’une dame de 99 ans qui a été blessée assez gravement au centre de soins où elle habitait. Alors que l’institution maintenait que la femme avait chuté, la principale intéressée, parfaitement lucide, a été en mesure de donner sa version des faits, bien différente de celle du personnel.  

  

«J.E.»: des révélations troublantes sur la maltraitance en CHSLD
Photo Courtoisie, TVA

  

«J.E.»: des révélations troublantes sur la maltraitance en CHSLD
Photo Courtoisie, TVA

  

«On a souvent entendu [dans les CHSLD, NDLR] que la chute a le dos large», a ironisé Denis Therriault.  

On apportera aussi de nouveaux éléments concernant le décès de Guy Bastien, octogénaire décédé en décembre dernier après s’être cogné la tête dans un CHSLD de Trois-Rivières. Puis, la caméra de «J.E.» a suivi la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, dans une visite-surprise à un CHSLD.  

«C’était la 103e visite de CHSLD qu’elle faisait, a noté Denis Therriault. Elle n’avait jamais accepté qu’une équipe de télévision l’accompagne avant que "J.E" ne lui demande. On a vu comment ça se passe, ses échanges avec les bénéficiaires. On voit la dynamique, on comprend ce qui se passe derrière.»  

Le reportage «Maltraitance», de «J.E.», sera diffusé ce jeudi, 12 mars, à 21 h, à TVA.