/finance/stockx
Navigation

Bourse & COVID-19: la fin de 11 années de croissance

Les répercussions de l’épidémie de coronavirus ont eu raison du plus long bull market de l’histoire boursière

US-STOCKS-MARKETS
Photo AFP L’entrée en territoire baissier (bear market), hier, soit une dégringolade d’au moins 20 % des marchés, fait bien sûr craindre une crise économique. Ci-haut, un courtier, sur le plancher de la Bourse de New York.

Coup d'oeil sur cet article

La confirmation que la COVID-19 est une pandémie a eu pour effet de mettre un terme à la croissance quasi ininterrompue que les bourses des États-Unis et du Canada connaissaient depuis plus de 11 ans. 

• À lire aussi: Trump et la pandémie font s’écraser les marchés

Ce marché haussier (bull market) aura été le plus long de l’histoire devant celui des années 1990, qui avait duré environ 10 ans. 

La Bourse de Toronto a clôturé en baisse de 4,6 % hier, ce qui a porté à 20,6 % ses pertes depuis le sommet historique atteint le 20 février. On dit généralement qu’un marché entre en territoire baissier (bear market) lorsque sa dégringolade atteint au moins 20 %. 

Parmi les entreprises qui ont chuté davantage que l’indice S&P TSX, notons Air Canada (-12,2 %), le fabricant de vêtements Gildan (-9,9 %), la pétrolière Suncor (-6,6 %), la firme d’ingénierie SNC-Lavalin (-6,0 %), le spécialiste de formation en aviation CAE (-5,7 %) ainsi que les assureurs Manuvie (-5,4 %), Sun Life (-5,1 %) ainsi que Power Corporation (-5,1 %). 

À New York, le célèbre indice Dow Jones a reculé de 5,9 %, ce qui l’a, lui aussi, fait entrer officiellement en territoire baissier. Sa chute cumulative atteint 20 % depuis son sommet du 12 février. Le S&P 500 a fléchi de 4,9 % hier, ce qui porte ses pertes cumulatives à 19 %. 

Des chaînes hôtelières comme Marriott (-9,0 %) et des croisiéristes comme Norwegian (-26,7 %) ont fait partie des plus grands perdants de la journée. 

Premier sous-sol 

« Où est le plancher ? On est rendu au premier sous-sol. Si la crise ne dure pas trop longtemps, on va peut-être descendre jusqu’au deuxième ou au troisième sous-sol. On ne sait pas encore jusqu’où ça va aller », a expliqué hier Clément Gignac, l’économiste en chef d’iA Groupe financier. 

Selon Jean-René Ouellet, gestionnaire de portefeuille chez Desjardins, il faudra surveiller de près les annonces faites par les entreprises cotées en bourse au cours des prochaines semaines.  

Si plusieurs d’entre elles devaient lancer des avertissements de baisse des revenus et des profits à cause du ralentissement économique causé par le coronavirus, les marchés pourraient continuer de plonger, a prévenu M. Ouellet. 

Prédictions pessimistes 

Des stratèges de Goldman Sachs ont prédit hier qu’à Wall Street, l’indice S&P 500 pourrait perdre 11 % de plus, ce qui porterait ses pertes cumulatives à 28 %.  

Clément Gignac a relevé que les marchés baissiers enregistraient en moyenne des reculs de 30 à 35 %, tout en rappelant que la chute avait atteint environ 50 % après la crise financière de 2008-2009. 

Ottawa a annoncé hier un fonds d’un milliard de dollars pour lutter contre la pandémie et pour aider les travailleurs qui perdront leur emploi à cause de la crise. 

M. Gignac a salué cette initiative, mais il s’est dit « inquiet » que Washington n’ait encore rien annoncé de semblable alors qu’on recense maintenant près de 1300 cas et 37 morts aux États-Unis. 


La Bourse de Tokyo perdait plus de 2 %, dans les premiers échanges, jeudi.