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Alerte au Coronavirus: les centres d’achats craignent le pire

Ils multiplient les mesures préventives, mais l’épidémie fait très mal aux commerces

Soumaya Khabbaz,
Photo Francis Halin La gérante de Montres Big Time, aux Promenades Saint-Bruno, en Montérégie, Soumaya Khabbaz s’inquiétait de la morosité hier.

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Alors que les centres d’achats multiplient les mesures d’hygiène pour rassurer leurs clients, certains commerçants voient déjà leurs ventes fondre de moitié. 

« Nos ventes ont plongé de plus de 60 %. C’est partout, a partagé Soumaya Khabbaz, gérante du kiosque de Montres Big Time aux Promenades Saint-Bruno. J’ai coupé pas mal d’heures de mes employés. Ils sont inquiets. »  

Hier, le premier ministre François Legault a interdit les rassemblements de 250 personnes ou plus au Québec, mais les centres d’achats peuvent rester ouverts, a confirmé son attaché de presse au Journal, Ewan Sauves, en fin d’après-midi.

« Je n’ai jamais vu ça en 11 ans. Il n’y a pas de monde. Tout le monde a peur, a poursuivi Soumaya Khabbaz, qui en avait long à dire. On est dans un kiosque. On est très proche des gens. On travaille avec les montres. On fait des réparations. » 

« Je peux vous dire que ça ressemble à ça [une baisse de 60 %] », a témoigné un employé d’une grande bannière préférant garder l’anonymat pour éviter de froisser ses patrons au siège social. 

« On voit un petit ralentissement, mais c’est normal vu la période de l’année », a nuancé de son côté Philippe Breau, gérant de la boutique de téléphone Mobile Klinik. 

Pas de fermetures

Quand Le Journal a demandé au directeur général des Promenades, Mathieu Demers, s’il envisageait de fermer le centre commercial, il s’est limité à une déclaration écrite faisant état des mesures prises par Cadillac Fairview.  

« Nous avons établi un protocole de signalement auprès de nos locataires et de nos entrepreneurs, au cas où certains de leurs employés venaient à être exposés au coronavirus », a-t-il partagé par courriel. 

Distributeurs de désinfectant, affiches de directives, nettoyage plus fréquent des « points de contact » des aires communes, il a assuré que Cadillac Fairview multipliait les mesures d’hygiène, comme les autres centres d’achats.

« Chaque propriété a un plan d'urgence en place et nous avons créé un groupe de travail COVID-19 pour coordonner nos efforts aux niveaux régional, national et mondial », a déclaré quant à elle Stephanie Bell, v.-p. d’Oxford, qui a trois centres commerciaux ici.

« Nos centres commerciaux demeurent ouverts. On n’envisage pas de les fermer », a affirmé à son tour Sandra L’Écuyer, v.-p. Talent et Organisation de Cominar, qui a 18 centres d’achats au Québec.

Seul Ivanhoé Cambridge n’a pas exclu de fermeture. « C’est sûr que ça fait partie des différents scénarios que l’on a », a dit sa porte-parole Katherine Roux Groleau, en précisant que ses propriétés restent ouvertes parce qu’il n’y a pas d’interdiction.

Face à cette crise, le professeur émérite à HEC Montréal Jacques Nantel a évoqué le « double problème » des centres d’achats, pris pour avoir à gérer clients et employés... et le casse-tête des stocks. 

« L’industrie du textile est dépendante de l’Asie et de la Chine. On commence à se demander comment on va faire pour les collections d’automne qui devraient rentrer maintenant », a-t-il conclu.


Votre entreprise a vécu une situation hors de l’ordinaire liée à l’épidémie de coronavirus ? N’hésitez pas à nous écrire : francis.halin@quebecormedia.com