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COVID-19: le Port de Québec privé de 30 000 visiteurs d’ici juillet

Les gros bateaux de croisière bannis jusqu’au 1er juillet

COVID-19: le Port de Québec privé de 30 000 visiteurs d’ici juillet
Photo Pascal Huot

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Le Port de Québec devra se passer de la visite de 30 000 passagers qui n’accosteront plus dans la capitale, comme prévu, d’ici le 1er juillet à la suite des mesures annoncées par Ottawa visant les bateaux de croisière de 500 passagers et plus.  

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La menace, qui planait depuis deux jours sur tous les ports canadiens, s’est concrétisée vendredi. Ainsi donc, le Zaandam (10 fois) et le Amsterdam (4 fois) de la Holland America Line, le Empress of the Seas (2 fois) de Royal Caribbean puis le Seven Seas Navigator (2 fois) de Regent Seven Seas Cruises devront faire l’impasse sur Québec.  

Cela représente 18 escales sur les 31 qui étaient à l’agenda pour les deux premiers mois de la saison des croisières. Le pdg du Port, Mario Girard, estime que cela représente plus de 30 000 visiteurs, soit environ 12 % du nombre total de croisiéristes attendus en 2020.   

«Le pic de la saison des croisières, c’est septembre et octobre qui représentent environ 75 %. On a encore le temps de voir venir les choses. C’est un gros enjeu, c’est sûr. On est en état de veille constant. On est pratiquement là-dessus à temps plein et on est en communication avec Santé Canada, Transports Canada et l’Agence des services frontaliers puis le ministère de la Santé du Québec», a-t-il réagi en entrevue.  

«Au-delà de l’aspect monétaire et économique, la priorité, c’est la santé publique et c’est ce qui nous guide dans toutes nos décisions. C’est sûr qu’il y a des pertes de revenus mais ceux qui vont en souffrir davantage, ce sont les commerçants qui profitent de cette clientèle-là», a-t-il ajouté. Les retombées économiques des croisières avaient été évaluées, en 2017, à 106 M$, dont 30 M$ pour les dépenses directes dans les boutiques et restaurants de Québec.   

Quartier Petit Champlain  

La coopérative des commerçants du Petit Champlain, est en train de revoir sa stratégie de commercialisation et de marketing pour cibler davantage le tourisme intérieur.  

«C’est sûr qu’on est déçus de voir que ça va être une année difficile pour les commerçants du quartier. La partie des croisières qui donne un apport majeur, par contre, c’est août, septembre, octobre donc si en juillet, ça peut reprendre et que les gens viennent quand même, on pourra pousser un soupir de soulagement», a commenté Sandra Turgeon, la directrice générale de la coop.   

Monique Zimmermann, de la boutique Brin de folie, relativise aussi l’importance de la suspension des croisières au printemps. «La vraie saison, c’est la mi-septembre jusqu’à la fin octobre. De toute façon, ce qui est important pour nous, c’est le touriste, point. Celui qui vient du Québec, de l’Ontario, des États-Unis, etc. Ce n’est pas juste les bateaux de croisières. On parle souvent des bateaux de croisière comme si c’était le poumon de notre quartier mais ce n’est pas vrai. Avant, il n’y en avait pas de bateaux et personne ne faisait faillite.»   

«Le vrai problème, c’est la saison touristique qui commence en juin, juillet et août. Ces trois-mois là sont essentiels à la survie de nos boutiques. On peut faire de gros chiffres d’affaires. Si ça nous est enlevé parce que les gens ne voyagent plus à cause du coronavirus, là, ça va être dramatique», observe Mme Zimmermann, qui tient boutique depuis trente ans dans le Petit Champlain.   

Gestion de crise à l’OTQ  

L'Office du tourisme de Québec surveille la situation de près. «Les croisières ne se reportent pas. Donc (celles) prévues dans le fleuve Saint-Laurent en mai et juin sont annulées», déplore le directeur des communications de l'Office, Éric Bilodeau. «La bonne nouvelle là-dedans, c'est que nous, à Québec, la grosse saison des croisières, commence le 15 août. Ça ne touche pas encore notre haute saison. Mais bien sûr, ça nous affecte comme tous les ports canadiens.»   

L'Office est en mode «gestion de crise». On est à recueillir toutes les données sur les impacts subis par l'industrie. Les appels avec les intervenants concernés se font chaque jour. Pour l'instant, la saison estivale n'est pas affectée par les annulations.    

– Avec la collaboration de Stéphanie Martin