/news/health
Navigation

Crainte d’une pénurie de ventilateurs mécaniques

GEN-JEAN-FRANCOIS-COURVAL
Photo d'archives, Joël Lemay Dr Jean-François Courval. président de l’Association des anesthésiologistes du Québec

Coup d'oeil sur cet article

Une hausse rapide du nombre de cas de coronavirus pourrait provoquer une pénurie de ventilateurs mécaniques, essentiels pour soigner les patients infectés aux poumons, craignent les anesthésiologistes.  

• À lire aussi: [EN DIRECT] Tous les développements de la pandémie COVID-19 

« Ça m’inquiète, le manque de ventilateurs, avoue le Dr Jean-François Courval, président de l’Association des anesthésiologistes du Québec. Ça va prendre de l’ampleur très rapidement dans le réseau. » 

En fait, la forme grave de coronavirus affecte les poumons. Dans ces cas, les ventilateurs mécaniques sont des machines primordiales pour le traitement. 

Manque de matériel 

Actuellement, trois hôpitaux sont désignés pour recevoir les cas graves. Déjà, l’Hôpital général juif de Montréal traite deux patients sous ventilation mécanique. 

Selon le Dr Courval, ces trois hôpitaux seront bientôt débordés de cas, et tous les centres hospitaliers du Québec devront soigner des patients atteints de COVID-19.  

« Ça dépendra du nombre de cas qu’on a en même temps. Si on peut ralentir l’éclosion pour que ce soit graduel, ça va nous aider. Si tout arrive en même temps, on va manquer de ventilateurs, certainement », dit-il.  

« C’est certain qu’on se prépare au pire scénario », ajoute le Dr Antoine Delage, président de l’Association des pneumologues du Québec.  

« On est capables d’absorber un grand nombre de patients, mais ça va dépendre de la vitesse de progression de la contagion », dit-il, bien qu’il ne craint pas une pénurie.  

Depuis quelques jours, l’Association recense le matériel partout dans la province. En Italie, les médecins se heurtent à une pénurie de ventilateurs, et doivent soigner les patients qui ont une plus grande espérance de vie. 

Choix éthiques  

Une situation qui doit être aussi prévue au Québec, selon le Dr Courval. 

« Devoir choisir entre deux patients, ça doit être envisagé, dit le Dr Courval à propos du Québec. On va avoir à faire des choix éthiques. Il va falloir être transparents avec les gens. » 

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), le réseau compte actuellement 3000 ventilateurs et 1000 lits de soins intensifs. 

« La probabilité que tous ces lits soient occupés par des patients sous ventilateurs est hautement improbable », écrit le ministère. 

Par ailleurs, le Dr Courval s’inquiète d’un manque de matériel pour protéger les employés. 

« Même s’il y avait assez de ventilateurs, si on ne peut pas protéger le personnel, on va avoir un sérieux problème. »