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Il faudrait d'abord isoler Trump

Il faudrait d'abord isoler Trump
AFP

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 Il est plutôt rare que, dans mes lectures des médias américains, je puisse recouper des articles du Washington Examiner, du magazine The Atlantic et de Fox News pour y trouver des critiques similaires du président Trump. C’est pourtant ce qui s’est produit dans ma journée de jeudi.   

Donald Trump n’est pas responsable de la crise que traversent les États-Unis, mais son attitude et son ignorance compliquent l’intervention des experts et sèment le doute. Si on attendait du président qu’il rassure la population et les marchés, c’est raté.    

Déjà en octobre dernier, je rédigeais un billet dans lequel j’avançais que Donald Trump représentait un réel danger pour son pays. Je n’espérais absolument pas qu’il en fasse une démonstration aussi convaincante.    

Les articles mentionnés plus haut (des textes de Tiana Lowe, David Frum et Ben Shapiro) offrent tous des critiques sévères de l’allocution du président. Si, pour une fois, le président prenait un ton solennel et qu’il reconnaissait le problème, sa présentation contenait des erreurs, manquait de précision et pointait en direction d’autres responsables que les membres de son administration. Le citoyen ordinaire, les investisseurs, les compagnies aériennes, les assureurs, les pays européens et les responsables de la santé publique se grattaient la tête...    

Toute la journée de jeudi a été consacrée à contredire le président ou à préciser la teneur de ses annonces. Pour ajouter à la confusion, le président s’est rapidement tourné vers son moyen de communication favori: Twitter.    

Mercredi soir, le président lisait un texte sur le télésouffleur. On ne parle donc pas d’une tirade improvisée ou d’une action spontanée, mais bien d’un texte qu’on a dû soumettre à nombre de rédacteurs qui, eux-mêmes, avaient accès aux plus grands spécialistes pour valider les informations et s’assurer de transmettre à tous les auditeurs l’information la plus précise et les mesures les plus détaillées.    

Il est illusoire de penser qu’un président des États-Unis dispose des moyens nécessaires pour inverser le cours des événements, mais les avis sont quasi unanimes depuis mercredi: Donald Trump dérange plus qu’il aide. En ce qui concerne le discours, Shapiro est celui dont la critique va le plus loin. Les rédacteurs de ce texte mal ficelé devraient être congédiés sur-le-champ.    

Mais il y a bien plus que le seul discours. Au moins, mercredi soir, le président ne niait pas la réalité. Certes, le texte contenait des erreurs, mais la crise devenait bien réelle. C’est l’attitude générale du président qui laisse à désirer. Vous l’avez senti empathique depuis trois semaines? Donne-t-il l’impression de penser à ses concitoyens ou aux retombées sur son image?    

Si les experts n’osent pas le confronter devant les caméras, ils n’hésitent pas à le contredire lorsqu’ils accordent des entrevues séparément, l’un d’entre eux l’enjoignant à déposer son téléphone pour éviter de distraire.    

Comme si son inaction, au départ, et la confusion de son propos ne suffisaient pas à le discréditer, il ne parvient même pas à donner le bon exemple. Alors que certains de ses conseillers et lui ont été en contact avec un porteur brésilien du virus à Mar-a-Lago, le président ne s’impose aucune quarantaine et un de ceux qui l’accompagnaient dirige des visites guidées de la Maison-Blanche pour des jeunes.    

Le porteur brésilien est un conseiller du président du Brésil, Jair Bolsonaro. Attitude du président Bolsonaro et de ses proches? Quarantaine volontaire immédiate. Au pays, vous pouvez reprocher bien des choses à Justin Trudeau, mais aux premiers signes inquiétants, son épouse et lui ont choisi de s’isoler le temps d’être testés.    

Vous me trouvez toujours dur envers le président américain? Je vous laisse, ici, les liens vers les textes de trois journalistes bien différents dans des publications dont la philosophie ou les orientations politiques ont généralement bien peu de points communs.   

Le temps est venu, pour Donald Trump, de céder le plancher pour laisser toute la place aux autorités compétentes qui tentent de limiter la propagation du virus. Chaque intervention du président est suivie de controverses et de confusion. Bien qu'il peine à rester dans l'ombre, ce serait pourtant une mesure efficace. Envisager de lui retirer son téléphone permettrait d'optimiser les résultats.  

Vous cliquez ici pour le texte de Tania Lowe (The examiner).     

Ici pour le texte de David Frum (The Atlantic).    

Enfin ici pour le texte de Ben Shapiro (Fox news).