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Les cabanes à sucre prévoient des pertes

Plusieurs annulations en raison de la COVID-19

Les cabanes à sucre prévoient des pertes
Photo d’archives

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Alors que la saison des sucres bat son plein, les plus grosses érablières doivent réduire leur capacité d’accueil en raison de la crise du coronavirus et doivent déjà composer avec l’annulation de nombreuses réservations.

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Les érables commencent à peine à couler dans certaines régions du Québec – sauf celles plus au sud –, mais les cabanes à sucre de toute la province qui offrent des repas accueillent déjà les amateurs de sirop depuis le début du mois de mars.

Dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, l’inquiétude est généralisée en raison d’une vague d’annulations qui a pris de l’ampleur depuis jeudi.

Saison « compromise »

« Il y a (trois) jours, les réservations rentraient encore, mais ça bouge tellement vite. Chez nous, on doit gérer à l’heure. On a des annulations qui arrivent et on doit diminuer le nombre de réservations pour respecter la règle de 250 personnes maximum. C’est notre grosse saison, mars-avril, et c’est sûr que la saison est compromise cette année », confie Lise Tailleur, de la cabane à sucre L’En-Tailleur à Saint-Pierre, sur l’île d’Orléans.

L’établissement demeure ouvert et toutes les réservations seront honorées. Mme Tailleur garde espoir et dit se fier à la bonne foi des gens pour qu’ils l’avisent s’ils choisissent de ne plus y aller. « Tout ce qu’on veut, c’est éviter les pertes supplémentaires. On n’a pas une grosse érablière et une diminution des repas nous affecte énormément. On ne peut pas se reprendre sur la production de sirop. »

« C’est irréel ce qui se passe »

À la Sucrerie Blouin, à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, la propriétaire de l’endroit s’est dite « très inquiète » au bout du fil, vendredi matin. « Ça ne va pas bien. J’ai beaucoup d’annulations. Les gens ont peur d’avoir peur. Du 1er mars au 30 avril, je reçois 10 000 personnes, mais en deux jours, j’en ai 200 qui ont “cancellé”. C’est irréel ce qui se passe. »

« Je fais travailler des gens en ne sachant pas si je vais avoir de l’argent... Ce n’est pas drôle du tout. Moi, mes paiements n’attendent pas à l’année prochaine. »

Nathalie Poulin, de la Cabane à Pierre à Frampton, en Beauce, se croise également les doigts. « Nous, on est ouverts à l’année et on a beaucoup de gens qui viennent de l’extérieur, des États-Unis et de l’Europe. On a déjà commencé à avoir des annulations et on espère que l’hémorragie va s’arrêter rapidement. »

« On n’a jamais vu ça auparavant »

« Pour ceux qui vendent des repas sur place, leur situation est la même que tous les établissements publics à travers le Québec. Ils doivent s’adapter aux recommandations du gouvernement. Oui, ça sème l’inquiétude, mais c’est la réalité à laquelle on doit s’adapter. On n’a jamais vu ça auparavant », souligne Hélène Normandin, du regroupement des producteurs et productrices acéricoles du Québec.