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Pas de regrets pour Clément

L’entraîneur de l’équipe de volleyball du Rouge et Or aurait aimé toutefois reprendre la bataille contre Montréal à Winnipeg avant de quitter son poste.

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Photo d’archives, Jean-François Desgagnés L’entraîneur du Rouge et Or, Pascal Clément, quitte son poste serein.

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WINNIPEG | La carrière de 28 ans de Pascal Clément à la barre du Rouge et Or de l’Université Laval a pris fin d’une façon complètement inattendue.  

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Tout comme les sept autres équipes présentes à Winnipeg, le Rouge et Or a dû plier bagage, avant même que le championnat canadien de volleyball masculin ne débute en raison de la COVID-19.   

« J’étais figé quand j’ai appris la nouvelle, a résumé Clément, qui avait annoncé sa retraite il y a un mois. C’était irréaliste. Un milkshake à la main, je revenais du McDonald avec Gino (Brousseau). Ça prend des proportions tellement importantes. Tu dois t’en remettre aux décisions de la santé publique et des gouvernements. »   

« Même si je suis triste qu’on n’ait pas pu reprendre la bataille contre Montréal, je suis très, très serein au sujet de mon départ, de poursuivre Clément, qui a mené le Rouge et Or à deux titres nationaux (1994 et 2013) au cours de sa carrière. Je suis assez zen et je n’ai pas le goût de brailler. J’ai juste hâte de rentrer à la maison. Cette fin en queue de marde, un perronisme que j’invente sous l’influence du virus, renforcit encore plus le bonheur que j’ai eu de travailler avec des athlètes extraordinaires et de vivre des voyages hallucinants (Chine, Cuba, Amérique centrale) en raison du volleyball. »   

Dans le cadre d’un stage de volleyball, Clément était présent en Chine lors du massacre de la Place Tian’anmen en 1989. Il avait été le premier entraîneur occidental invité à l’Institut des sports de Beijing.   

Clément a eu droit à un beau coup de chapeau, mercredi soir, lors du banquet du championnat. « C’est à ce moment que j’ai surtout réalisé que la fin approchait, a-t-il indiqué. Je suis très content d’avoir pu côtoyer des visages connus. Ben Josephson a été très, très généreux dans ses commentaires quand il a reçu le prix d’entraîneur de l’année. Il était ému et humble en parlant de l’héritage laissé par moi et Garth Pischke (qui part lui aussi à la retraite) au sujet des standards d’excellence que nous avons mis sur pied. Ses propos m’ont fait chaud au cœur. »   

Souvenirs  

Avant de rentrer à la maison après un dernier voyage de volleyball, Clément a partagé ses meilleurs souvenirs. « Mon plus beau souvenir est notre premier titre national en 1994 et la gang qui formait cette équipe, a-t-il mentionné. Je me souviens que Le Journal avait joué notre victoire en manchette principale dans sa première page avec une photo de Michel Cazes, qui avait été sacré joueur par excellence du championnat. L’équipe de 2013 vient à égalité. Quand tu te rends jusqu’au bout, ça prend une aura, une magie. Ce n’est pas du hasard. Oui, il y a du talent, mais les gars sont dédiés dans l’aventure corps et âme. »   

« J’ai aussi une grande pensée pour toutes les équipes (1995, 1999, 2001, 2009 et 2012) qui ont passé près de remporter un titre national, tout comme l’édition de 2019 qui a mérité le bronze à Québec, de poursuivre Clément. Tous ces groupes ont suivi le même processus que les équipes qui ont gagné. Ils nous ont donné de belles saisons et des souvenirs extraordinaires. »   

À la retraite, Clément continuera de travailler sur la venue de l’équipe nationale au PEPS du 7 au 9 mai. « On espère que l’orage passe sans qu’on perde tout, a-t-il mentionné. On a déjà vendu 1000 billets pour le match intraéquipe. Parce que les activités de la Ligue des nations ont été repoussées, on pourrait accueillir le Canada en juillet avant les Jeux olympiques. Il y a aussi le tournoi récréatif qui est notre pain et notre beurre pour payer le salaire de l’entraîneur et les camps d’été. Ma tâche sur le conseil d’administration sera plus importante.   

Une onde de choc pour les finissants   

La déception était palpable chez le Rouge et Or et les Carabins, qui ont vu leur saison prendre fin sans sauter sur le terrain.   

Tout a déboulé en l’espace de 30 minutes, jeudi soir. Au terme de la réunion technique, il était convenu que le tournoi se déroule à huis clos, mais le président du comité organisateur avisait les entraîneurs, 30 minutes plus tard, que le championnat était annulé.   

Les deux entraîneurs-chefs avaient une pensée pour leurs finissants qui concluent leur carrière sur une note plutôt triste. « Quand j’ai annoncé la nouvelle aux gars, j’ai vu tout de suite que nos finissants vivaient une grosse déception, a raconté le pilote Ghazi Guidara. La première chose à laquelle j’ai pensé quand j’ai appris la nouvelle, c’est à nos finissants Gabriel Chancy et Alexandre Lafontaine, qui est un gars d’équipe extraordinaire et qui a gagné sa place de partant au fil des ans, même s’il n’est pas le joueur le plus physique. »   

« Quand j’ai annoncé la nouvelle, j’ai bien vu dans la face de Ethan Ellison et Jean-Benoît Gagné qu’ils étaient très déçus parce qu’ils n’auront pas la chance de se reprendre, de renchérir Pascal Clément. Je pense aussi aux recrues qui n’ont pas eu la chance de vivre un premier national. Une carrière universitaire, ça ne dure que cinq ans. Moi, j’ai eu la chance de vivre plus d’une vingtaine de championnats nationaux. »   

Chance ratée   

Après avoir connu la meilleure saison de leur histoire, les Carabins avaient de grands objectifs à l’Université du Manitoba. « Nous avons connu une saison exceptionnelle qui a été couronnée par notre victoire en finale provinciale, a souligné Guidara. C’est dommage qu’on ne peut pas couronner notre saison au national, mais on ne doit pas s’arrêter. On continue. On va faire un bilan à notre retour et on passe à la prochaine saison. »   

« C’était très émotif, jeudi, lors de l’annonce, d’ajouter Guidara. Il fallait trouver les mots, les bons mots. Nous avons digéré cette annonce en groupe. Malgré quelques frustrations, les gars étaient réceptifs à l’idée de disputer le tournoi à huis clos. Nous avions convenu que notre banc serait notre public. Trente minutes plus tard, on apprenait que le tournoi était terminé. »