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On fait face à l’inconnu cette fois

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Photo AFP Une employée du Bridgestone Arena de Nashville nettoie des sièges de l’amphithéâtre après l’annulation, par la NCAA, du reste des matchs prévus dans la Southeastern Conference dans le cadre du prestigieux Championnat universitaire américain de basketball, le March Madness.

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Lors des événements du 11 septembre 2001, on a dit que le monde ne serait plus le même. Les populations ont dû s’adapter à des mesures de sécurité maximales dans les aéroports, et la vie a repris peu à peu ses droits. On n’en fait plus de cas, même si le danger est toujours présent.

Mais ce qu’on voit depuis mercredi est encore plus alarmant. Car cette fois, c’est nous tous qui sommes exposés. Le coronavirus ne frappe pas seulement à New York et à Washington. 

Certes, on doit rester calme et ne pas paniquer. Mais il faut regarder les choses en face. On a des responsabilités à assumer. 

Si ça veut dire changer nos habitudes et limiter nos sorties, voire rester carrément à la maison, qu’il en soit ainsi.

Il n’y a plus de risques à prendre.

La froide réalité

On dit que la maladie remet tout en perspective. La preuve nous saute en pleine face.

Soudainement, les problèmes du Canadien, le dossier du retour d’une équipe du baseball majeur à Montréal, le début de saison de l’Impact et la relance des Alouettes paraissent insignifiants.

C’est la première fois que la Ligue nationale de hockey et la Ligue majeure de baseball, les deux plus anciens circuits sportifs de l’Amérique du Nord, suspendent leurs activités en raison d’une pandémie.

Fait incroyable, les deux ligues avaient continué à présenter des matchs pendant l’épidémie de Grippe espagnole, qui a fait quelque 50 millions de morts dans le monde, en 1918 et 1919.

Seule la finale de la coupe Stanley qui opposait les champions de la LNH et les monarques de l’Association de hockey de la côte du Pacifique avait été interrompue. 

Le Canadien, qui avait remporté le trophée O’Brien remis alors aux champions de la LNH, était à égalité avec les Metropolitans de Seattle après quatre matchs. 

Joe Hall, un défenseur évoluant avec le Tricolore, fut emporté par le virus.

Pour l’effort de guerre

Les deux mêmes ligues avaient poursuivi leurs activités durant les deux guerres mondiales. 

Or, lors du second conflit, c’est le baseball qui s’était plié à un vœu du président Franklin Delano Roosevelt à qui le commissaire Kennesaw Mountain Landis avait envoyé une lettre, à la suite du bombardement de Pearl Harbour, pour lui dire que le baseball était disposé à suspendre ses matchs pour participer à l’effort de guerre.

Le président Roosevelt estima au contraire que le baseball était un bon moyen de maintenir le moral de la population. Les États-Unis ont été en guerre de 1941 à 1945.

Mais à part l’île d’Oahu où se trouve Pearl Harbour, le pays n’a été attaqué nulle part ailleurs sur son territoire.

Ça pourrait être long

C’est différent avec le coronavirus. Le virus est invisible et s’étend.

Il ne faut pas minimiser son niveau de dangerosité. Un médecin de Toronto a affirmé hier que le nombre de cas atteindra son pic au Canada dans huit à dix semaines. Ce qui voudrait dire entre le milieu de mai et le début de juin.

Si tel est le cas, les événements sportifs ne reprendront pas l’affiche de sitôt.

Si la contagion se résorbe, comme on le souhaite tous, il y a lieu de penser que les gens ne reprendront pas tous en même temps le chemin des arénas et des stades. On va rester prudent pendant un certain temps.

Enfin, entre vous et moi, pas sûr que des matchs des séries de la coupe Stanley auraient la même saveur. 

Du hockey en juin, c’est déjà trop tard. En juillet, ce serait de la pure folie !

Le plafond pourrait baisser

La hausse du plafond salarial pour la prochaine saison de la Ligue nationale de hockey, annoncée la semaine dernière par Gary Bettman, risque d’être moins forte que prévu. Ça pourrait même se traduire par une baisse selon la durée de l’interruption des matchs décrétée hier.La limite actuelle étant fixée à 81,5 millions $, on envisageait la possibilité qu’elle puisse passer entre 84 M$ et 88,2 M$. 

Ces prévisions étaient les plus élevées depuis longtemps.

Fonds d’urgence

Si plus rien de ça ne tient, les équipes de sport professionnel et leurs athlètes ne sont pas en danger pour autant.

Selon l’expert en business et marketing du sport, Ray Lalonde, que l’on peut entendre sur les ondes du 98,5 ainsi qu’au Réseau des sports, les ligues professionnelles disposent de fonds d’urgence pour pallier le manque à gagner dans des situations hors de l’ordinaire.

Les petits vont écoper

Les perdants sont les employés qui travaillent les soirs de matchs et de spectacles. Ces gens ont besoin de leur salaire.

C’est triste pour eux, mais encore là, il s’agit d’une situation hors de l’ordinaire.

L’interruption de la saison risque de se faire sentir aussi à d’autres niveaux de l’organisation du Canadien, comme ce fut le cas lors des conflits de travail qui ont perturbé la LNH dans le passé.

Inutile de dire que les sections sportives des quotidiens et les chaînes sportives de télévision prennent un dur coup, mais bon.

On est tous dans le même bateau.