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COVID-19: débusquer les mythes sur le coronavirus

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Alors que la crise s’aggrave, Le Journal sépare le vrai du faux et vous présente ce que l’on sait sur le virus qui fait trembler le monde.   

• À lire aussi: Guide pratique sur le Covid-19  

VRAI OU FAUX      

La COVID-19 a été développée en laboratoire et pourrait être une arme biologique.  

FAUX. Même si la provenance exacte reste à être confirmée, la COVID-19 partage plus de 95 % de son génome avec un coronavirus retrouvé chez des chauves-souris. La propagation viendrait donc du monde animal, certains experts soupçonnant le pangolin, un animal sauvage présent en Chine et vendu pour sa viande, d’avoir été l’intermédiaire entre l’humain et la chauve-souris.      


Des patients atteints de la COVID-19 en guérissent.  

VRAI. Selon l’Université Johns Hopkins, qui suit la progression du virus, environ 50 % des personnes qui ont contracté le virus à travers le monde ont depuis récupéré et sont considérées comme étant guéries.      


Le coronavirus est une grippe comme une autre.  

FAUX. Même si les symptômes peuvent se ressembler, le coronavirus présente un degré de contagiosité plus élevé que celui de la grippe (2,2 vs 1,3). La période d’incubation du virus est également plus longue, ce qui amplifie les risques de propagation. Selon les récentes données, le taux de mortalité de la COVID-19 est également 20 fois plus élevé que celui de la grippe, selon le professeur en biologie de l’University College de Londres, François Balloux.      


Le vaccin contre la grippe ou la pneumonie protège contre le coronavirus.  

FAUX. Il n’existe pour le moment aucun vaccin pour la COVID-19, bien que des scientifiques se penchent activement sur la question.      


Vous devriez craindre vos achats en ligne, livrés de régions touchées.  

FAUX. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le virus ne peut survivre assez longtemps sur une surface inerte pour se transmettre par la poste.      


Si j’ai réussi à me procurer un masque N95 ou un autre type de masque, je ne peux l’utiliser qu’à une seule reprise.  

VRAI. Dès que le masque est porté, il est possible qu’il ait été exposé à des contaminants. Il n’existe aucune façon de le nettoyer. D’ailleurs, le masque sert plus à protéger les autres de vos propres symptômes que l’inverse, rappelle la Santé publique du Québec.      


Il existe un médicament pour soigner le coronavirus.  

FAUX. Le ministère de la Santé du Québec précise qu’il n’existe pas de traitement spécifique ni de vaccin pour la COVID‐19. Des médicaments « de support » peuvent toutefois être utilisés pour diminuer l’effet de symptômes comme la fièvre ou la toux.      


C’est impossible que j’aie le coronavirus, je ne suis même pas malade.  

FAUX. Il est possible d’être asymptomatique et d’être malgré tout porteur de la COVID-19. C’est pourquoi les mesures de précaution de base comme le lavage des mains sont importantes pour tous afin d’éviter la propagation. « Beaucoup de personnes atteintes ne présentent que des symptômes discrets. C’est particulièrement vrai aux premiers stades de la maladie. Il est donc possible de contracter la COVID-19 au contact d’une personne qui n’a, par exemple, qu’une toux légère, mais qui ne se sent pas malade », assure l’OMS.      


L’eau et le savon sont aussi efficaces que le désinfectant pour se laver les mains.  

VRAI. La bonne vieille méthode de l’eau et du savon fait amplement le travail pour tuer les germes. En fait, les experts en santé publique précisent que le liquide désinfectant n’est qu’une solution de rechange lorsqu’on n’a pas accès à de l’eau ou du savon.      

Des mythes coriaces      

L’alcool ne vous protégera pas du virus...  

27 personnes ont perdu la vie en Iran après avoir consommé d’importantes quantités d’alcool frelaté, croyant que celui-ci avait des propriétés de guérison de la COVID-19. Il n’en est rien. L’OMS prévient d’ailleurs que s’enduire le corps d’alcool ou de chlore n’aidera pas plus.      


... Et la cocaïne non plus  

Le ministère de la Santé français a dû aviser la population sur Twitter la semaine dernière, après la propagation de cette fausse nouvelle sur les réseaux sociaux. « Non, la cocaïne NE protège PAS contre le COVID-19 », a souligné le ministère, ajoutant qu’il s’agissait plutôt d’une drogue addictive.      


Le rinçage du nez à l’eau saline ne prévient pas l’infection  

L’OMS l’assure, « rien ne prouve que le fait de se rincer régulièrement le nez avec une solution saline protège les gens contre l’infection par le nouveau coronavirus ».      


Donald Trump a fait l’erreur de minimiser les impacts du virus  

Alors que toutes les organisations de santé mondiales prévenaient d’éviter les grands rassemblements et mettaient en garde contre la propagation du virus, le président américain, lui, minimisait l’impact de la pandémie. Cette attitude fait des États-Unis l’un des pays où la progression du virus est la plus rapide sur la planète, même s’il a annoncé un blocage des vols en provenance d’Europe et déclaré l’état d’urgence.      

Ce qu’on sait du virus      

Photo AFP

Comment le virus se propage-t-il ?  

Des recherches sont toujours en cours concernant la propagation de la COVID-19. On estime pour le moment que le virus se propage par les gouttelettes expulsées lors d’une toux ou d’un éternuement. La contamination se fait lors de contacts rapprochés avec une personne infectée. Les coronavirus survivent quelques heures à quelques jours sur les surfaces et peuvent aussi se transmettre au contact des mains avec des surfaces infectées, que l’on porte ensuite à la bouche, au nez ou aux yeux.      


Quelle est la période d’incubation ?  

La période d’incubation représente le délai entre la contamination d’une personne par le virus et l’apparition des premiers symptômes. Durant cet intervalle, la personne est infectée et contagieuse à son insu. Selon une étude américaine basée sur l’analyse de 181 cas, la durée d’incubation de la COVID-19 serait d’environ cinq jours. Elle pourrait toutefois s’étendre jusqu’à 12,5 jours.      


Quels sont les symptômes de la COVID-19 ?  

Les symptômes les plus courants de la COVID-19 sont la fièvre, la fatigue et une toux sèche. Certains patients seront infectés et ne présenteront aucun symptôme. Le coronavirus est tout de même plus virulent que le simple rhume ou la grippe saisonnière, tranche Caroline Quach-Thanh, professeur titulaire au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal. L’experte insiste aussi sur le fait que le nez qui coule et la congestion nasale sont des symptômes d’un rhume, pas de la COVID-19.       


Que faire si je présente des symptômes du virus ?  

Le gouvernement recommandait à l’origine de contacter Info-Santé (811). La ligne ayant été surchargée dans les derniers jours, il vaut mieux maintenant appeler le 1-877-644-4545. Dès la semaine prochaine, un service de consultation à distance avec un médecin devrait être mis en place au Québec.      


Quelle est la gravité des symptômes ?  

La plupart des personnes atteintes du virus se rétablissent d’elles-mêmes. Reste qu’une personne sur cinq a tout de même nécessité une hospitalisation pour traiter les symptômes de la COVID-19. Dans une étude réalisée par le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies sur près de 45 000 cas en Chine, 80,9 % présentaient des symptômes similaires à la grippe et ont pu se soigner à la maison, 13,8 % ont été hospitalisés pour des symptômes graves, alors que 4,7 % ont requis des soins intensifs.      


Qui sont les personnes à risque d’une forme grave de la COVID-19 ?   

Les personnes les plus à risque de complications sont les personnes immunodéprimées, celles qui sont atteintes de maladies chroniques, qui présentent des problèmes de santé (hypertension artérielle, problèmes cardiaques, diabète) ainsi que les personnes âgées. Il est fortement déconseillé à toute personne de retour de voyage ou présentant des symptômes du coronavirus de rendre visite à ces personnes vulnérables.      


Quel est le taux de mortalité ?  

Dans de rares cas, la maladie peut mener à un décès. La COVID-19 tuerait 3,7 % des malades diagnostiqués, selon l’Organisation mondiale de la santé. La mortalité augmente avec l’âge, la maladie étant généralement bénigne chez les enfants et les jeunes adultes. C’est plus élevé que la grippe, qui a un taux de mortalité de 0,1 %, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).       


Quels pays sont les plus touchés ?  

L’Iran, la Corée du Sud et l’Italie ont été les pays qui ont été touchés le plus rapidement après la Chine. Le nombre de cas s’est rapidement multiplié en Europe, à un point tel que l’Organisation mondiale de la santé a identifié vendredi le continent comme étant le « nouvel » épicentre de la pandémie. Plus de 115 pays dénombrent désormais des cas partout sur le globe.      


Y a-t-il un remède contre le coronavirus ?  

Il n’existe à ce jour aucun traitement ni vaccin contre la COVID-19. Notons toutefois que la société biopharmaceutique de Québec Medicago affirme travailler sur un vaccin. Si les tests précliniques sur les animaux s’avéraient concluants, des essais cliniques sur les humains pourraient avoir lieu d’ici le mois d’août.      


Est-ce que l’arrivée du printemps pourrait ralentir la propagation du virus ?  

Photo d'archives, Agence QMI

Comme tous les virus respiratoires saisonniers, il est possible que le printemps freine la propagation de la COVID-19. Mais il n’est pas exclu que le virus réapparaisse à l’automne.      

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