/finance/opinion/columnists
Navigation

Croisons-nous les doigts!

US-ECONOMY-NYSE
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

« Si les marchés ont été assez fous en 2019 pour enregistrer des hausses allant de 31 à 35 % comme dans le cas des grands indices américains S&P 500 et NASDAQ, ils sont assurément assez fous pour se planter autant au fil des prochains mois ! »  

À peine deux semaines et demie après avoir écrit cette « prédiction » dans ma chronique « C’était écrit dans le ciel » du 25 février dernier, voilà qu’elle s’est malheureusement avérée.      

Épouvantable ! Toutes les grandes places boursières du monde se sont effondrées à la suite de la propagation de la COVID-19 à travers la planète.      

  • ÉCOUTEZ la chronique économique de Michel Girard à QUB Radio:

Après avoir récemment atteint des records historiques, voilà que New York, Toronto, Londres, Paris, Milan, Tokyo... et autres grandes places boursières viennent de tomber officiellement en marché baissier (bear market).      

Et ce, après 11 années de marché haussier, lequel « bull market » avait démarré le 9 mars 2009.      

Croisons les doigts maintenant pour que la présente crise boursière ne fasse pas autant de dommages que lors des deux précédentes.      

Lors de la crise financière de 2008 et 2009, et de la crise boursière des télécoms de 2001-2002, les grands indices boursiers avaient enregistré des reculs de quelque 50 %. Vous avez bien lu cinquante pour cent.      

Entre le creux de la séance boursière de jeudi dernier et le récent sommet historique, voici le portrait des reculs enregistrés (Tableau 1) jusqu’à présent par les grands indices boursiers.      

Pas fini  

Lors de la séance d’hier, les marchés se sont « corrigés » à la hausse. Cela ne signifie aucunement que la crise boursière est terminée.      

Alors que dans un marché fondamentalement haussier, il y a des corrections à la baisse, il faut savoir que dans un marché fondamentalement baissier il y a des corrections à la hausse.      

En raison des fortes baisses qui ont plombé la Bourse lors des précédentes séances, tous les titres, sans exception, ont subi une raclée.      

Cela donne évidemment l’impression que le marché boursier regorge d’aubaines.      

Attention ! Les prix actuels représentent certes une aubaine par rapport au sommet que les titres ont récemment atteint. Mais ce sommet n’est plus une bonne référence.      

Pourquoi ? Parce que les conséquences économiques de la propagation de la COVID-19 sur les finances des compagnies auront pour effet d’entraîner une révision à la baisse des revenus et des bénéfices.      

De combien ? Il est nettement trop tôt pour en mesurer l’ampleur.      

Pour les frondeurs  

La mise en garde étant faite, si vous croyez avoir les nerfs et le portefeuille suffisamment solides pour rester actifs dans le présent marché baissier, vous pourriez accumuler graduellement les valeurs qui vous intéressent.      

C’est plein de gros titres qui ont littéralement fondu cette semaine. À titre d’exemples (Tableau 2), voici ce qui est advenu de la brochette des 10 plus grandes capitalisations de la Bourse de Toronto.      

Au lieu de se lancer dans une sélection de titres individuels, l’investisseur frondeur pourrait investir dans des FNB (fonds négociés en Bourse) de secteurs. Exemples ? Les iShares suivants, avec leurs symboles boursiers : XGD (Aurifères), XRE (Immobilier), XFN (Finances), XEG (Énergie), XHC (Santé), XUT (Services), CIF (Infrastructures), XST (Consommation).      

Par ailleurs, les investisseurs qui ne veulent pas se compliquer la tâche en essayant de trouver les titres ou les secteurs susceptibles de leur rapporter le plus d’argent possible... disposent d’une solution vraiment plus simple.      

Il suffit d’investir dans les grands indices boursiers par l’entremise des fonds négociés en Bourse (FNB) qui copient intégralement ou presque les indices. Dans le Tableau 3, vous trouverez les FNB de quelques populaires indices qui se négocient à la cote de la Bourse de Toronto, et ce, tout en étant « couverts » contre les fluctuations du dollar canadien. Bonne chance !      

Tableau 1

INDICESCREUXSOMMETRECULS
S&P/TSX12 45117 97030,7 %
Dow Jones21 15429 56828,5 %
S&P 5002478339327,0 %
NASDAQ7201983826,8 %
FTSE 1005237772732,3 %
DAX Allemagne913913 79533,8 %
CAC France4025611134,1 %
Nikkei Japon16 69024 11530,8 %
Hang Seng Chine22 51930 28025,6 %

 

Tableau 2

TITRESCREUXSOMMETRECUL
Banque Royale77,34 $109,68 $29,5 %
Banque TD49,98 $77,96 $36,0 %
Enbridge35,41 $57,32 $38,2 %
Canadien National94,17 $127,96 $26,4 %
Banque Scotia48,92 $76,75 $36,3 %
Brookfield Asset62,30 $90,73 $31,4 %
Shopify Inc.465,64 $786,08 $40,8 %
TC Energy49,52 $76,59 $35,4 %
BCE Inc.50,55 $65,45 $22,8 %
Banque de Montréal59,87 $106,52 $45,8 %

  

Tableau 3

iSHARESCREUXSOMMETRECUL
XIC S&P/TSX Composite19,94 $28,66 $30,5 %
XSP S&P 50027,05 $37,46 $27,8 %
XWD MSCI World44,46 $58,48 $24,0 %
XEH MSCI Europe18,55 $27,42 $32,4 %