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Coronavirus: des étudiants de l'Université Laval forcés de rentrer au pays

Olivier Bergeron
Photo courtoisie Olivier Bergeron, 22 ans, de Québec, doit abandonner sa session d’études en Finlande à cause de la pandémie. Comme plusieurs autres étudiants qui vivent la même situation, partout sur la planète, cela le peine beaucoup.

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Les rêves de plusieurs étudiants de l’Université Laval qui effectuaient une session à l’étranger viennent de se fracasser, alors que l’établissement leur demande de rentrer au pays.   

La pandémie de COVID-19 a forcé la main de l’établissement. «L’Université Laval demande à tous ses étudiants d’interrompre leur séjour et de rentrer au Québec. Nous vous demandons de faire les démarches nécessaires pour modifier votre billet d’avion ou en acheter un nouveau pour un retour dans les prochains jours», a-t-elle écrit, vendredi.       

Pour Olivier Bergeron, c’est la fin abrupte d’un rêve qu’il caressait depuis longtemps. Il préparait sa session d’études en droit en Finlande depuis deux ans, planifiant et économisant patiemment. Mais alors qu’il devait rentrer seulement en juin, la note est arrivée.        

«C’est un mélange d’émotions : de la déception, de la tristesse de devoir quitter tous les gens que j’ai rencontrés ici», exprime-t-il en entrevue avec Le Journal. En même temps, avec toute l’incertitude qui plane, il ressent le besoin de se retrouver chez lui, à Québec, près de sa famille et de ses amis.       

Chaos  

Le casse-tête des assurances et des billets d’avion à trouver commence pour lui. Même chose pour Rose Bilodeau, 23 ans, de Lévis, étudiante en relations internationales qui est en ce moment à Alicante, en Espagne.       

«C’était un peu le chaos parce que la situation est devenue très critique en Espagne dans l’espace de cinq jours. Le problème est que tout le monde avait peur d’être pris en Espagne dans l’éventualité où les frontières espagnoles ferment, comme c’est le cas en Italie actuellement. C’était également très difficile de trouver des vols de retour qui n’ont pas d’escale aux États-Unis, en Italie, à Madrid ou à Barcelone, comme ce sont des zones soit bloquées, soit à éviter. Bref, je suis chanceuse d’avoir trouvé, mais c’est évidemment très dispendieux.»      

Sophie-Camille Bélanger, 24 ans, de Gatineau, vient de démarrer sa session en droit grâce à une bourse de l’Université du Luxembourg. Elle vit un tourbillon et se questionne sur la décision à prendre. «Je crois sincèrement qu’ils devraient donner le choix aux étudiants et ne pas les forcer, je me sens en sécurité ici, il y a beaucoup de mesures. Mais je comprends que c’est à titre préventif.»       

Des étudiants à Lyon ont vu les prix des billets d’avion bondir à des montants de plus de 3000 $ pour rentrer au pays.      

Autres universités  

D’autres universités emboîtent le pas. Mireille Bompeix, une étudiante de Grand-Mère qui est aux études et en stage à Bruxelles, a reçu l’indication de l’Université du Québec à Trois-Rivières de considérer sérieusement la possibilité de rentrer au pays. L’UQAM et l’UQAR recommandent de rentrer.      

À Concordia, on reste «en contact régulier avec [les] étudiants en échange et [on assiste] ceux qui ont exprimé le souhait de revenir. Chaque cas est différent».       

L’Université de Sherbrooke n’a pas exigé le retour de tous ses étudiants se trouvant à l’étranger, mais cela pourrait être envisagé dans les prochains jours.      

L’Université McGill a rappelé ses étudiants de la Chine, des régions de Daegu et de Cheongdo en Corée du Sud ainsi que de l’Italie. Elle demeure en lien avec les étudiants qui se trouvent ailleurs à l’étranger.      

Un casse-tête pour les parents étudiants universitaires  

Les étudiants qui sont aussi parents et qui suivent des cours à distance vivent tout un casse-tête avec la fermeture des écoles et garderies en raison de la pandémie.       

Maude, qui est étudiante au baccalauréat multidisciplinaire à l’Université Laval (UL), a vu son quotidien chamboulé. Elle doit poursuivre ses études à distance et s’occuper de ses deux jeunes enfants en même temps.       

Olivier Bergeron
Photo courtoisie

L’Université a en effet décidé d’annuler les cours sur le campus, vendredi. Samedi, l’UL a même annoncé dans un communiqué la «transition d’un maximum de cours en présentiel vers des cours en ligne graduellement d’ici les deux prochaines semaines, et ce pour le reste de la session.»      

Stress  

Pour elle, son cheminement scolaire sera assurément affecté. «Il y aura un effet sur mes résultats et ma moyenne générale. J’aimerais ça avoir accès à la maîtrise. C’est tout un stress supplémentaire qui peut avoir un impact sur ma future carrière, ma performance et ma réussite», exprime-t-elle.       

Elle a contacté l’Association des parents-étudiants de l’Université Laval. «Il n’y a personne qui semble savoir ce qui se passe, alors c’est très stressant. Je n’ai pas de chiffres, mais je sais que ça touche beaucoup de personnes.»      

Elle demande que l’Université annule aussi les cours à distance ou qu’elle octroie des délais supplémentaires pour les examens et la remise des travaux. Une professeure l’a fait, mais ce n’est pas une directive générale, déplore-t-elle.      

Pour l’instant, l’Université indique que la situation pourrait évoluer. L’UL n’est pas la seule à maintenir ces cours.       

Entre autres, l’Université de Sherbrooke et l’UQAM ont fait de même. À Concordia, les cours de la semaine du 23 mars seront donnés en ligne. L’UQAR a quant à elle annulé.      

Les employés des universités se retrouvent aussi dans une situation particulière. Certains services administratifs demeurent ouverts, comme à l’Université Laval et à Sherbrooke. Dans cette dernière, les employés sont incités à faire du télétravail lorsque possible.       

À McGill, seuls les services essentiels sont maintenus. «Les gestionnaires de l’Université communiqueront avec les employés dont les services sont requis sur nos campus.»  

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