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Les chauffeurs de camion ne veulent pas de quarantaine

Ils souhaitent que leur travail soit reconnu en temps de crise

Pascal Gaudet, v.-p. gestion des routiers de Trans-West
Photo courtoisie Le v.-p. gestion des routiers de Trans-West, Pascal Gaudet, refuse de tomber dans la panique. Il souligne que le travail de ses chauffeurs est plus important que jamais en temps de crise et que leur imposer une quarantaine aurait de graves répercussions.

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Les camionneurs craignent que la chaîne alimentaire s’écroule comme un château de cartes si on leur impose une quarantaine de 14 jours chaque fois qu’ils franchissent la frontière.

« On ne peut pas dire à nos camionneurs : “Restez en quarantaine quand vous revenez d’un voyage des États-Unis.” Sinon, il n’y aura plus rien dans nos épiceries d’ici une semaine », a prévenu Pascal Gaudet, v.-p. gestion des routiers de Trans-West.

Selon lui, il faut que les Québécois fassent la différence entre un camionneur qui traverse la frontière pour aller livrer des palettes de fruits... et un touriste. 

« On n’est pas des touristes. On travaille. On nourrit l’est du Canada », a-t-il insisté.

Pour le v.-p. de Trans-West, dont le chiffre d’affaires dépasse les 100 millions $, les gens doivent comprendre que le travail des camionneurs est à la base de l’économie et qu’imposer une quarantaine aurait de graves répercussions sur le Québec.

« Admettons que les camionneurs doivent arrêter. Au jour 1, la population ira se ruer dans les épiceries. Au jour 2, il manquera d’essence et certains médicaments deviendraient difficiles à avoir », a ajouté Benoit Therrien, président de Truck Stop Québec.

« Pour celui qui vient de se commander une table, ce n’est pas grave, mais pour les bananes qui arrivent du port de Baltimore ou encore des fraises de la Floride, une quarantaine aurait un impact épouvantable », a avancé Gilbert Thibault, Transport Gilmyr, qui a une flotte de 135 camions.

Pas de quarantaine

Hier, le premier ministre du Québec, François Legault, a assuré que les chauffeurs n’avaient pas à se plier à une quarantaine obligatoire pour l’instant. 

« Les camionneurs ne sont pas soumis aux règles de confinement [14 jours] », a-t-il dit en point de presse.

Jeudi, l’Association du camionnage du Québec (ACQ) a cru bon de publier une mise au point après avoir discuté avec le cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel.

« Pour être clair, non, un chauffeur ou une chauffeuse qui revient des États-Unis et qui ne ressent aucun symptôme n’a pas à être mis obligatoirement en quarantaine », a indiqué l’ACQ en caractère gras dans son communiqué. 

Au Journal, hier, son PDG, Marc Cadieux, n’a pas voulu s’avancer en précisant ce qu’il adviendrait de l’industrie si le gouvernement décidait d’imposer une quarantaine obligatoire à l’ensemble des chauffeurs.

« La préoccupation est toujours là. Il y a une inquiétude. La seule chose que je ne veux pas nourrir, c’est une inquiétude qui va au-delà de ce qui présentement est sur la table », s’est-il limité à dire à ce sujet.

M. Cadieux a ajouté que son association a transmis les mesures préventives à ses membres la semaine dernière et qu’il suivait la situation de près d’heure en heure. 

« Arrivé au pont, il faudra évidemment gérer selon les mesures d’urgence qui seront mises en place par la santé publique », a-t-il conclu.


Vous êtes camionneur et vous avez vécu une situation hors de l’ordinaire liée à la COVID-19 ? N’hésitez pas à nous écrire : francis.halin@quebecormedia.com