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Une épidémie incontrôlable? Pas vraiment

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Chaque samedi, les recherchistes de notre Bureau d’enquête de Montréal, Québec et Ottawa débusquent les fausses nouvelles, vérifient les déclarations des politiciens et trouvent les vrais chiffres.  


L'ÉNONCÉ  

Le président du Conseil du Trésor du Canada, Jean-Yves Duclos, a réagi mercredi à l’annonce de l’Organisation mondiale de la Santé, qui qualifie maintenant la COVID-19 de pandémie.« La différence entre une pandémie et une épidémie, c’est qu’une pandémie est une épidémie non contrôlée et non contrôlable », a-t-il soutenu en mêlée de presse.  

Jean-Yves Duclos, conseil du Trésor
Photo Didier Debusschère
Jean-Yves Duclos, conseil du Trésor

LES FAITS  

La pandémie de COVID-19 pourrait être contrôlée. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré qu’il s’agissait d’une pandémie « maîtrisable », dont la progression peut être ralentie, si des efforts pour la combattre sont menés par les pays touchés.  

De plus, il n’y a pas de consensus clair sur la définition d’une pandémie. Plusieurs sources officielles définissent la pandémie selon son étendue géographique et non pas selon son niveau de contrôle.  

Selon l’OMS, une pandémie est une « propagation mondiale d’une nouvelle maladie ». Les Centers for Disease Control and Prevention aux États-Unis parlent d’une « épidémie qui s’est propagée dans plusieurs pays ou continents, affectant habituellement un grand nombre de personnes. » Pour les deux organisations, une épidémie fait plutôt référence à une augmentation du nombre de cas d’une maladie dans une région ou une zone, dépassant ce qui est normalement prévu.  

Pas de cagnotte de 14 G$ contre le virus  

L'ÉNONCÉ  

Le premier ministre François Legault a défendu le budget de son gouvernement, déposé mardi, en disant qu’il aurait l’argent nécessaire pour faire face aux imprévus liés à la COVID-19. « Si c’est nécessaire, on a une réserve de stabilisation de 14 G$ pour faire face à la situation. »  

LES FAITS  

Il n’y a pas de réserve d’argent au sens propre qui permettrait de faire face aux effets du coronavirus. Les 14 G$ auxquels M. Legault fait référence représentent le total des surplus budgétaires des dernières années. La Loi sur l’équilibre budgétaire permet au gouvernement de faire des déficits du même montant que les surplus des dernières années.  

Les 14 G$ ne dorment donc pas dans un compte à part, prêts à faire face à des imprévus. Ce montant a été versé pour rembourser en partie la dette. Si on le dépense, il sera ajouté à la dette. Ce serait, par exemple, comme si un propriétaire empruntait sur sa propre hypothèque pour financer un projet qu’il n’avait pas les moyens de payer à même son compte courant.  

– Marie Christine Trottier