/news/coronavirus
Navigation

La saison tombe à l'eau: le coronavirus a raison des cabanes à sucre

La saison tombe à l'eau: le coronavirus a raison des cabanes à sucre

Coup d'oeil sur cet article

Même si les érables coulent à flots présentement, la saison des cabanes à sucre vient de tomber à l’eau à cause de la crise du coronavirus.  

Le gouvernement Legault a ordonné, dimanche, la fermeture des érablières, à l’instar des salles de sports, des centres de ski et des bars.    

De toute façon, la saison avait très mal débuté dans les cabanes à sucre ouvertes aux visiteurs. «Entre 90 et 95% de nos réservations ont été annulées depuis jeudi», avait témoigné Philippe Meunier, propriétaire de l’érablière Meunier, à Richelieu en Montérégie, peu avant l’annonce du premier ministre.    

Depuis jeudi dernier, quand François Legault a commencé à annoncer des mesures exceptionnelles pour éviter la propagation de la COVID-19 au Québec, le côté festif du temps des sucres s’était complètement dissipé.    

«Hier [samedi], la police est venue dans le stationnement pour s’assurer qu’on n’avait pas plus de 250 personnes. Il a fallu arrêter la danse pour pas que les gens soient trop près. Il n’y a plus aucun plaisir à venir. Les gens ne parlent plus de l’érable, ils parlent du coronavirus», s’est désolé Philippe Meunier, qui aura du mal à avoir les reins financiers assez solides pour passer à travers cette situation catastrophique, la pire vécue en 30 ans à l’érablière Meunier.    

Pas moyen d’écouler le sirop en trop  

C’est que toutes ses dépenses pour la saison 2020 ont déjà été réalisées: la nourriture pour les invités, le matériel pour entailler les arbres...    

Il ne restait plus qu’à attendre les revenus, qui ne viendront finalement jamais.    

Toutes les quantités de sirop d’érable en trop, Philippe Meunier ne pourra les écouler en les embouteillant, car il ne fait pas partie du système mis en place pour répondre à la demande en épicerie pour le reste de l’année.    

«M’inscrire au contingent, ce serait trop long, ça ne vaudrait pas la peine», a-t-il mentionné.    

Il y a en effet une distinction à faire entre les érablières qui font leur argent avec les visiteurs chaque printemps, comme celle de la famille Meunier, et les cabanes qui destinent leur stock aux supermarchés.    

«Pour ces 7400 producteurs, ça va très bien. Pour l’instant, la saison a très bien débuté dans le sud du Québec. Le coronavirus ne touche pas notre production», a assuré Hélène Normandin, la directrice des communications des Producteurs et productrices acéricoles du Québec, une entité membre de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA) qui gère le système de mise en marché.    

Bref, en raison de l’existence de ce système assez strict, il n’y aura pas plus ou moins de sirop sur les rayons des épiceries québécoises cette année. Le prix de la canne de sirop devrait donc grosso modo rester le même, a assuré Hélène Normandin.