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Des aînés isolés aimeraient pouvoir voir leurs proches

Une dame ratera deux naissances et les funérailles d’une amie

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Une dame de 95 ans confinée par mesure préventive en raison de la pandémie de la COVID-19 ne pourra pas assister aux funérailles de sa grande amie ainsi qu’à la naissance de ses deux arrière-petits-enfants.   

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« Je trouve ça bien difficile. [...] Je sais, néanmoins, que je vais finir par voir les deux bébés [...], mais mon amie, je ne la reverrai plus jamais », a lancé à travers sa porte-fenêtre Pierrette Des Rivières, manifestement chagrinée.   

C’est à travers une porte fermée de son appartement de Saint-Colomban que le <i>Journal</i> a pu rencontrer Pierrette Des Rivières.
Photo Collaboration spéciale, Stéphane Sinclair
C’est à travers une porte fermée de son appartement de Saint-Colomban que le Journal a pu rencontrer Pierrette Des Rivières.

Depuis samedi, le gouvernement du Québec a recommandé à toutes les personnes de plus de 70 ans de s’isoler dans leur domicile. Il a aussi interdit toutes les visites dans les hôpitaux, les Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et les résidences pour aînés.  

S’il n’en tenait qu’à la dame de Saint-Colomban dans les Laurentides, elle se rendrait au salon funéraire pour rendre un dernier hommage à son amie et irait également voir les nouveau-nés.   

Surveillée par sa fille  

« Le gouvernement Legault ne veut pas que je sorte et il a la chance d’avoir une police assez efficace à côté de chez moi, ma fille », a-t-elle mentionné avec un brin d’humour.   

Mme Des Rivières a sept enfants, cinq petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants, en excluant les deux naissances à venir.   

« Ils ne peuvent plus venir me voir. Quand j’en vois un, c’est à travers la fenêtre. On s’envoie la main, mais je veux plus que ça. Je voudrais les prendre dans mes bras », a expliqué la dame qui n’a pas l’habitude de rester aussi longtemps sans sortir.   

Heureusement pour elle, sa famille s’occupe de faire son épicerie et de lui rapporter ce dont elle a besoin.  

La situation n’est pas facile non plus pour les patients qui ne peuvent plus recevoir de visites.  

Brigitte Gionet souffre de douleurs neurologiques sévères et se nourrit à l’aide d’un tube. Aucun traitement ne vient à bout de sa souffrance. 

 

Fin seule  

La seule chose qui pouvait soulager la femme de 57 ans, c’était la présence de son mari, son proche aidant, qui n’échappe pas à l’interdiction.  

« Plus je bouge, plus mes douleurs augmentent. Mon conjoint fait toutes les petites choses quotidiennes pour que j’aie le moins à me déplacer », a expliqué celle qui est hospitalisée, depuis 18 mois, à l’Hôpital général juif de Montréal, lors d’un entretien téléphonique.  

« Si mon conjoint n’est pas là, je ne sais pas ce qui va se passer, a confié la quinquagénaire. Pour moi, que mon conjoint m’aide, c’est toute la différence pour éviter de rester couchée en boule et pleurer de douleur. »  

« Évidemment, nous en appelons au gros bon sens. Nous pouvons tolérer les visites en cas de situations exceptionnelles », a indiqué par courriel le cabinet de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.