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[PHOTOS] 10 écoles disparues ou ayant changé de vocation dans la région de Québec

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Les toutes premières écoles construites à Québec n’ont pas résisté aux affres du temps ou elles sont tombées sous le pic des démolisseurs. Par contre, certaines plus récentes sont toujours debout. Quelques-uns de ces édifices ont même encore une vocation éducationnelle. Incursion dans le paysage scolaire de la région de Québec.  

1. Premier collège des Jésuites  

L'ancien collège des Jésuites, là où est érigé l'hôtel de ville [vers 1860-vers 1874].
BAnQ Québec (P560, S2, D3, P47) Photo : J. E. Livernois.
L'ancien collège des Jésuites, là où est érigé l'hôtel de ville [vers 1860-vers 1874].

Le premier collège des Jésuites a rempli sa mission d’instruction tout au long du Régime français. Bien que fondé en 1635, le premier collège est construit en 1647. Une église y est jointe à partir de 1666. De 1720 à 1744, le collège est agrandi et reconstruit. C’est un édifice plutôt imposant, constitué de quatre ailes entourant une cour centrale.    

Dès le début du Régime britannique, les Jésuites ne peuvent plus recruter de nouveaux pères dans la colonie. Ils réussissent tout de même à offrir le cours primaire jusqu’en 1766. Le cours classique est donné jusqu’en 1768.    

L’édifice est d’abord transformé en caserne et en logement pour les officiers de l’armée britannique. L’église est démolie en 1807. Son emplacement est intégré au marché Notre-Dame et sert pour la vente du bois et du foin. On y ajoute une halle pour les bouchers en 1844.    

La garnison britannique quitte la ville de Québec en 1871. Le collège est alors laissé à l’abandon. Il est démoli entre 1877 et 1879. Le site est occupé, depuis 1894, par l’hôtel de ville de Québec.    

2. Écoles de rang    

École de rang et élèves à Saint-Fidèle, comté de Charlevoix, 1942.
BAnQ Québec (E6 ,S7, SS1, P8229). Photo : Herménégilde Lavoie
École de rang et élèves à Saint-Fidèle, comté de Charlevoix, 1942.

Est-ce possible qu’il y ait eu des écoles de rang dans la région de Québec? Eh oui! N’oublions pas que la première couronne de Québec était essentiellement rurale jusque dans les années 1950.     

Les premières écoles de rang sont apparues au Québec en 1829 à la suite de l’adoption de la Loi des écoles d’assemblée. Par contre, il faut attendre à 1841, avec l’adoption de la Loi des écoles communes, pour qu’elles s’implantent plus systématiquement dans la campagne québécoise.     

Les écoles de rang reçoivent les enfants de 6 à 14 ans, généralement dans une seule classe où la maîtresse d’école enseigne les sept niveaux du primaire. Tout un défi pour ces femmes qui doivent aussi entretenir leur école et avoir une moralité exemplaire! Ces dernières logent sous les combles de leur école.    

À partir de 1899, le département de l’instruction publique fournit gratuitement des plans pour la construction des écoles de rang. De nouveaux plans sont créés en 1926, puis en 1951.     

En 1964, la plupart des écoles de rang encore ouvertes sont fermées au profit des écoles de village ou des écoles centrales. On voit encore à certains endroits d’anciennes écoles de rang qui ont été transformées en habitations.    

3. École élémentaire française de monsieur Perreault    

Reproduction photographique d'une gravure de J. Smillie de 1830 représentant l'école élémentaire française de monsieur Perreault, vers 1880.
BAnQ Québec (P560, S2, D2, P10709). Photographe non identifié
Reproduction photographique d'une gravure de J. Smillie de 1830 représentant l'école élémentaire française de monsieur Perreault, vers 1880.

Joseph-François Perrault a vécu de 1753 à 1844. Il était homme d’affaires, auteur, fonctionnaire, politicien et journaliste. Mais son intérêt pour l’éducation était son plus grand cheval de bataille, à une époque où le concept d’instruction obligatoire en était à ses balbutiements.    

Construite en 1829 aux frais de M. Perrault, cette école élémentaire du faubourg Saint-Louis était sise au coin des rues de l’Artillerie (disparue lors de la construction du boulevard René-Lévesque) et Saint-Michel (aujourd’hui Antonio-Barrette). Elle a accueilli ses 229 premiers élèves, des garçons du faubourg, le 3 mai 1830.     

Les parents payaient des frais de scolarité se situant entre 50 centins et 3 dollars par année. Le financement était complété grâce à des subventions provenant de la législature provinciale.     

À la demande des résidents du faubourg, monsieur Perreault construit en 1831 une école pour les filles.    

Les deux écoles ferment en 1837, faute de moyens pour en assurer la pérennité. L’édifice de l’école pour garçons est détruit dans l’incendie du faubourg Saint-Louis de 1876.    

4. École normale Laval    

École normale Laval sur la rue des Carrières, vue de la façade et de son profil gauche, vers 1880.
BAnQ Québec (P600, S6, D1, P398). Photo : Louis-Prudent Vallée
École normale Laval sur la rue des Carrières, vue de la façade et de son profil gauche, vers 1880.

Le 19 juin 1856, le gouvernement du Bas-Canada adopte une loi créant trois écoles normales: deux à Montréal et une à Québec, l’École normale Laval. Cette dernière relève de l’Université Laval. Notons au passage que ces écoles ne sont pas mixtes. À Québec, c’est par les Ursulines que les futures maîtresses d’école seront formées.     

Les étudiants s’installent en 1857 dans le «Vieux Château», appelé aussi Château Haldimand. Ils y resteront presque en continu jusqu’en 1892, alors que l’école est expropriée pour construire le Château Frontenac. En effet, de 1859 à 1866, ils doivent faire place au gouvernement, la capitale ambulante de la colonie revenant à Québec. Ils occuperont un édifice appartenant aux congréganistes de la Haute-Ville pendant cette période.    

De 1892 à 1900, les futurs instituteurs sont hébergés au Séminaire de Québec. Puis, ils déménagent dans la villa Chinic, acquise par le gouvernement et située sur le chemin Sainte-Foy près de l’avenue Cartier. On ajoute un étage à la résidence et une aile de chaque côté, la première en 1901 et la seconde en 1911.    

École normale Laval, [vers 1900].
BAnQ Québec (P560, S1, P1030). Photographe non identifié
École normale Laval, [vers 1900].

En 1959, l’école déménage une dernière fois au 1660, boulevard de l’Entente à Sainte-Foy. L’époque des écoles normales tire à sa fin. À la suite de la publication du Rapport Parent, l’enseignement des maîtres relève directement des universités. Les écoles normales ferment toutes les unes après les autres de 1965 à 1974. Quant à l’École normale Laval, elle ferme en 1970. L’édifice du boulevard de l’Entente devient la même année le Cégep François-Xavier-Garneau.    

La nouvelle école normale, boulevard de l’Entente, Québec, 1960.
BAnQ Québec (E6, S7, SS1, D1347-60H). Photo : Neuville Bazin
La nouvelle école normale, boulevard de l’Entente, Québec, 1960.

5. Académie de Québec    

Académie commerciale de Québec à l’angle des rues Sainte-Anne et Chauveau vers 1925.
BAnQ Québec (P600, S6, D1, P164). Photo : Edgar Gariépy.
Académie commerciale de Québec à l’angle des rues Sainte-Anne et Chauveau vers 1925.

L’Académie de Québec est fondée par les Frères des écoles chrétiennes en 1862. Elle porte alors le nom de Quebec Commercial Academy et offre un enseignement bilingue. L’appellation de l’école change pour Académie commerciale de Québec, puis devient finalement Académie de Québec.     

Les écoles commerciales forment les élèves aux affaires et au commerce dès la fin du cours primaire. Les entreprises peuvent ainsi compter sur du personnel qualifié qui connaît les réalités économiques du moment.    

À ses débuts, l’Académie commerciale de Québec loge au 31, rue d’Auteuil, aujourd’hui la Maison Dauphine. De 1865 à 1894, elle s’installe au coin des rues Sainte-Angèle et Elgin. Pour la deuxième fois, l’endroit devient trop exigu. En 1894, elle déménage dans un bâtiment plus vaste et plus moderne situé sur la rue Chauveau, au coin de la rue Cook. À cette époque, les élèves y sont pensionnaires. L’édifice abrite maintenant le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.    

En 1960, l’Académie emménage dans un édifice moderne à Sainte-Foy. L’enseignement y est maintenant mixte et ne se limite plus uniquement aux affaires. Le gouvernement du Québec achète l’édifice en 1966. Il sert dès l’été 1967 à l’établissement de l’un des premiers cégeps de la ville de Québec, le Cégep de Sainte-Foy.    

6. Morrin College    

Morrin College,  rue Saint-Stanislas, Quartier Vieux-Québec, mai 1902.
BAnQ Québec (P546, D3, P18). Photo : Fred C. Würtele
Morrin College, rue Saint-Stanislas, Quartier Vieux-Québec, mai 1902.

L’édifice du Morrin College est construit entre 1808 et 1813. Il est situé à côté de l’église presbytérienne Saint Andrew’s. Au départ, il a servi de prison pendant près de 60 ans.    

Plusieurs Écossais demeuraient dans le quartier. En 1867, ils se mobilisent pour réaménager l’édifice afin d’y loger la première et unique université anglophone de Québec: le Morrin College. Le nom rend hommage à Joseph Morrin, médecin, ancien maire de Québec et mécène de l’université.    

Le collège ouvre en 1868. Il est affilié à l’Université McGill, ce qui lui permet d’émettre des baccalauréats ès arts. Il ouvre ses portes aux femmes dès 1886, bien avant l’Université Laval. L’enseignement y est mixte en raison de la faible quantité d’étudiants. On y forme aussi des pasteurs pour l’Église presbytérienne.    

La vie du Morrin College est de courte durée. Dès 1902, il doit fermer ses portes. La clientèle n’est pas assez nombreuse pour que l’université soit viable.     

L’édifice s’appelle aujourd’hui le Morrin Center. Il loge la Québec Litterary and Historical Society et une bibliothèque de langue anglaise, et il agit comme centre culturel de langue anglaise à Québec.    

7. Couvent Notre-Dame-de-Bellevue     

Couvent de Notre-Dame-de-Bellevue, [vers 1900].
BAnQ Québec (P560, S1, P455). Photographe inconnu
Couvent de Notre-Dame-de-Bellevue, [vers 1900].

Les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame sont installées depuis 20 ans dans la Basse-Ville de Québec lorsqu’elles achètent, sur les hauteurs de Sainte-Foy, la vaste propriété de 70 arpents de la famille Gibbs. De 1864 à 1874, le «Petit Bellevue» sert essentiellement de maison de campagne pour les religieuses et leurs pensionnaires.    

En 1872, on entreprend la construction d’un couvent plus spacieux. Les religieuses et leurs pensionnaires s’y installent en 1874. Dès ce moment, elles y enseignent en français et en anglais. On agrandit le couvent en 1912.    

Le 7 mai 1937, l’Université Laval accorde l’affiliation collégiale au couvent, qui devient dès lors le Collège Notre-Dame-de-Bellevue. Les étudiantes peuvent dorénavant y poursuivre tout leur cursus scolaire, de la première année du primaire à l’obtention du baccalauréat ès arts.     

En juin 1954, l’enseignement en anglais cesse. À la fin de 1960, on entreprend la construction d’un nouvel édifice de cinq ailes à proximité du collège. Les élèves y font leur entrée en 1962. Le secteur collégial ferme en 1971. Ce sera au tour du cours élémentaire en 1973. Le Collège Notre-Dame-de-Bellevue ferme définitivement ses portes en 1996.    

C’est maintenant le Collège Stanislas de Québec qui occupe une bonne partie de l’immeuble.    

8. École technique de Québec    

École technique [vers 1911-vers 1954].
BAnQ Québec (P560, S2, D3, P37). Photo : J. E. Livernois
École technique [vers 1911-vers 1954].

En 1907, le gouvernement du Québec manifeste sa volonté de créer des écoles techniques pour former une main-d’œuvre spécialisée en réponse aux besoins croissants des industries. La Loi constituant en corporation l’École technique de Québec est adoptée cette même année.    

Sise sur le boulevard Langelier, dans le quartier ouvrier de Saint-Sauveur, l’École technique de Québec est construite de 1909 à 1911. Dessinée par l’architecte René-Pamphile Lemay, elle est constituée de quatre ailes qui ferment une cour centrale. La fenestration généreuse rappelle la vocation industrielle de l’institution d’enseignement.     

Différents agrandissements sont nécessaires de 1923 à 1959 pour ajouter de nouvelles classes-ateliers. Menaçant de s’effondrer, la tour d’horloge qui surmonte l’édifice est détruite en 1954.     

En 1967, le Cégep Limoilou prend en charge l’enseignement technique. L’immeuble s’appelle alors Pavillon Langelier. En 1979, la partie avant devient le CLSC Basse-Ville. Les ailes arrière sont transformées en unités d’habitation. Le CLSC a aujourd’hui été remplacé par le Centre de production artistique et culturel Alyne-Lebel.    

9. Institut Saint-Louis et Institut familial de Loretteville     

École ménagère régionale, Loretteville, [vers 1940].
BAnQ Québec (P547, S1, SS1, SSS1, D234, P28R). Photographe non identifié
École ménagère régionale, Loretteville, [vers 1940].

Les Sœurs de la charité de Saint-Louis s’installent à Loretteville en 1905 pour offrir l’enseignement primaire et secondaire aux jeunes filles. Elles fondent alors l’Institut Saint-Louis. Le corps central et l’aile est de l’édifice actuel sont construits de 1910 à 1911. On y ajoute une école ménagère locale en 1915.    

Les écoles ménagères ont pour objectif de former les jeunes filles à leur rôle de mères de famille. Ce modèle d’éducation féminine s’attarde à la morale, à l’enseignement domestique et à l’agriculture.     

Vers 1930, l’aile ouest s’ajoute au premier édifice et l’école ménagère devient régionale. On peut maintenant y former des femmes aptes à enseigner les arts ménagers. Une nouvelle aile est ajoutée perpendiculairement à l’aile est en 1941. Elle est affectée exclusivement à l’enseignement ménager. En 1951, l’école ménagère devient un institut familial. Il poursuivra son œuvre jusqu’en 1967.    

École ménagère de Loretteville, comté de Québec, 1948.
BAnQ Québec (E6, S7, SS1, P66606). Photo : Paul Carpentier
École ménagère de Loretteville, comté de Québec, 1948.

L’édifice abritant l’Institut familial se nomme maintenant le Centre Saint-Louis et est administré par la Commission scolaire de la Capitale. On y offre de l’enseignement aux adultes. Quant à l’Institut Saint-Louis, on y trouve aujourd’hui des organismes culturels et artistiques.     

10. Externat classique Saint-Jean-Eudes    

Externat classique Saint-Jean Eudes, février 1972.
BAnQ Québec (P428, S3, SS1, D13, P13-2). Photographe non identifié
Externat classique Saint-Jean Eudes, février 1972.

C’est à la demande du cardinal et archevêque de Québec, Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, que les eudistes fondent en 1937 un collège classique dans Limoilou. Mgr Villeneuve désirait mieux servir le milieu ouvrier de son diocèse et l’ouest de l’agglomération urbaine de Québec.    

L’Externat classique Saint-Jean-Eudes ouvre le 8 septembre 1937 dans un local provisoire, situé à l’intersection de la 15e Rue et de la 4e Avenue. Les débuts sont modestes: 65 élèves sont répartis en deux sections d’éléments latins.    

À l’été 1938 débute la construction d’un plus grand édifice de briques et de pierres. Il est prêt à accueillir ses étudiants à la rentrée en 1939.    

Le cours classique a longtemps été la voie privilégiée pour l’accès aux professions libérales, aux universités et aux grandes écoles. Le cours, d’une durée de huit ans, est essentiellement basé sur l’initiation aux humanités et aux arts.     

Les changements en matière d’éducation à la suite de la Commission Parent sur la réforme de l’éducation sonnent le glas des collèges classiques. Par contre, certains sont récupérés pour devenir les bases des nouveaux cégeps. C’est ce qui arrive à l’Externat classique Saint-Jean-Eudes en 1967, alors qu’il devient la base du Cégep de Limoilou. Quant à l’enseignement secondaire, les eudistes ont remis leur charte à une société laïque dès 1970 pour devenir l’Externat Saint-Jean-Eudes.    

Un texte de Annie Labrecque   

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Sources