/news/coronavirus
Navigation

Protection du public prioritaire

Les audiences sont tenues à huis clos dans les palais de justice de la province

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Les constables du palais de justice de la Ville de Québec filtrent les visiteurs pour limiter les entrées dans l’édifice.

Coup d'oeil sur cet article

Au jour un de la décision prise par la ministre de la Justice de tenir les audiences essentielles à huis clos dans les palais de justice, la confusion régnait en matinée dans celui de Québec, et les gens se butaient aux nouvelles mesures de sécurité.

• À lire aussi: Coronavirus: les procès sous huis clos et les délais suspendus  

• À lire aussi: Coronavirus: l’audition de la requête Jordan déposée par Normandeau est reportée  

Lundi matin, une seule porte de l’immeuble du boulevard Jean-Lesage était accessible pour le public. Devant celle-ci, les constables spéciaux filtraient chaque personne qui désirait entrer dans la bâtisse. 

Si les employés du ministère, les avocats, journalistes et enquêteurs entraient plutôt facilement, les accusés, les témoins et les victimes, réelles ou présumées, devaient montrer patte blanche en déployant un subpoena ou encore en fournissant le nom de l’avocat qui les avait convoqués.

Victimes interdites dans la salle

C’est de cette façon que les sept victimes de Christian Girard, conjoint de l’ancienne députée Denise Trudel et reconnu coupable d’agression sexuelle, ont pu entrer. 

Toutefois, si elles ont été admises dans l’édifice, elles n’ont pas pu entrer à l’intérieur de la salle de cour.  

« Les directives énoncées sont une question de santé publique, et tout le monde doit respecter cela par principe », a souligné le juge Hubert Couture avant de reporter la sentence au 15 juin.

Arrêt Jordan

Nathalie Normandeau et ses cinq coaccusés devront également prendre leur mal en patience puisque l’audition de la requête en arrêt des procédures a été reportée en raison des risques de propagation du coronavirus. 

« J’ai l’impression que le message gouvernemental est plus porté aujourd’hui sur l’urgence à protéger le public que l’urgence à procéder dans un cas comme notre dossier », a mentionné le juge André Perreault, avant de fixer une prochaine audience au 15 avril. 

Doublement victime

Deux étages plus bas, une femme victime de violence conjugale attendait, seule, devant la porte du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales. 

Si les constables l’ont laissée entrer, les membres de sa famille venus la soutenir n’ont pas pu l’accompagner. 

« Mon ex est détenu. Aujourd’hui, il devait reconnaître sa culpabilité et je sais qu’il devait y avoir une suggestion commune. La cause a été reportée en juin. Alors, pour lui, le temps de détention provisoire continue de s’accumuler à temps et demi », a dit la dame, qui semblait complètement dépassée par les événements.

– Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée

  • Les délais légaux pour entreprendre une poursuite civile ou pour déposer une procédure civile seront suspendus pendant la durée de l’état d’urgence sanitaire, à l’exception des affaires jugées urgentes par les tribunaux.