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100% de leur revenu s’envole

Un couple d’entrepreneurs a perdu pour 30 000$ de contrats en 24 heures

Caroline Landry et son conjoint, Dominic Lemieux, ont perdu pratiquement tous les contrats que leur entreprise en création d’éclairage événementiel avait pour les prochains mois. C’est 100 % de leur revenu familial qui s’est envolé avec la COVID-19.
Photo Jean-François Desgagnés Caroline Landry et son conjoint, Dominic Lemieux, ont perdu pratiquement tous les contrats que leur entreprise en création d’éclairage événementiel avait pour les prochains mois. C’est 100 % de leur revenu familial qui s’est envolé avec la COVID-19.

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Un couple d’entrepreneurs de Québec craint que la pandémie de COVID-19 ait raison de ses économies et de son entreprise, lui qui a perdu pour 30 000 $ de contrats en moins de 24 heures lors de l’annonce de l’interdiction de rassemblements la semaine dernière.

Caroline Landry et son conjoint Dominic Lemieux ont lancé leur entreprise de conception d’éclairage et de régie, Concept LD, il y a quatre ans. Les affaires allaient à fond de train, avec des clients comme le Festival d’été de Québec, des salles de spectacles et plusieurs contrats corporatifs avec de gros joueurs, comme Desjardins. 

C’était avant la pandémie de la COVID-19.

« Les rassemblements de 250 personnes ou même moins, ça touche toutes nos rentrées d’argent. On est une petite entreprise, nous sommes juste tous les deux. Quand le premier ministre a fait l’annonce et que le téléphone s’est mis à sonner, on a compris assez vite que c’était grave », confie Mme Landry, ajoutant que c’est 100 % du revenu familial qui s’est envolé en fumée. 

L’annulation de tous leurs contrats des prochains mois et de plusieurs autres aussi loin qu’en juillet fait très mal. C’est environ 30 000 $ que l’entreprise a perdu en 24 heures jeudi dernier. 

Entre les mailles du filet

Le couple fait partie des milliers de Québécois qui attendent avec impatience que des précisions soient données sur les mesures d’aide aux gens dont le secteur d’activité est touché par le coronavirus. Ils craignent de passer à travers les mailles du filet vu leur situation particulière.

« Jusqu’à maintenant, aucune mesure ne s’applique à nous. Et comme on est au bout de la chaîne de service dans notre domaine, on est le tout petit au bout de tout ça, on a peur d’être oublié, c’est certain », soupire Caroline Landry.

D’autant plus que, sur le plan individuel, elle et son conjoint n’ont pas accès aux programmes comme l’assurance-emploi. « On n’est pas employés, on n’est pas travailleurs autonomes. Qu’est-ce qui va nous aider ? On ne sait pas », déplore-t-elle.

Épargne à risque

Caroline Landry et Dominic Lemieux précisent malgré tout « faire partie des chanceux » dans toute cette histoire. Ils ont quelques économies de côté, mais celles-ci seront rapidement grugées si la crise devait s’étirer.

« On croit pouvoir tenir le fort trois mois si on réduit nos dépenses au minimum, on est dans les privilégiés. Mais ce coussin-là, ce sont des placements qu’on avait faits, de l’épargne que l’on n’aura plus pour notre retraite, etc. », explique Mme Landry.

« C’est la stabilité de notre famille qui est en jeu », insiste la mère de deux enfants qui, comme l’ensemble de la province, vit beaucoup d’inquiétude dans l’attente des réponses à ses nombreuses questions.