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Des Asiatiques victimes de racisme

Plusieurs se font intimider en raison du lien entre la Chine et le coronavirus.

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Photo courtoisie Adam Gagnon craint de sortir seul en raison des actes de racisme dont il est victime depuis quelques jours.

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Des Québécois d’origine asiatique sont victimes d’intimidation en raison de la crainte grandissante de la COVID-19, maladie qui a émergé en Chine au tournant de 2020.  

Dernièrement, Adam Gagnon, originaire de la Chine, mais adopté par une famille québécoise depuis qu’il a trois ans, a constaté que de plus en plus de gens le regardent avec mépris et évitent de s’approcher de lui.   

Blessant  

Mais cette peur irrationnelle a rapidement franchi une autre étape vendredi dernier, alors qu’il faisait son épicerie à Montréal.  

«J’étais dans une allée et j’ai vu qu’un homme dans la quarantaine s’approchait de moi. Il s’est arrêté à ma hauteur et il m’a dit: “Tu devrais retourner d’où tu viens avec ta maladie”, avant de me cracher sur les pieds et de repartir comme si de rien n’était», rapporte-t-il au Journal, encore troublé par les événements.  

Depuis, le jeune homme de 21 ans évite de sortir seul de son domicile le plus souvent possible pour éviter de croiser d’autres personnes qui lui voudraient du mal.  

«C’est vraiment blessant et je commence à avoir peur. Ce n’est pas normal que je me sente mal d’être asiatique. Je ne pensais pas qu’il y avait encore du racisme au Québec», déplore-t-il.  

«C’est dans tes gènes»  

Le cas d’Adam Gagnon est loin d’être unique dans la province. À Saguenay, une jeune femme de 23 ans vit un véritable calvaire depuis une semaine.  

Quand on ne la fuit pas comme la peste dans les restaurants ou qu’on ne la traite pas de «conne» lorsqu’elle se présente à l’hôpital pour se rendre en physiothérapie, des clients refusent carrément d’être servis par elle à son travail à cause de ses origines chinoises.  

«Une dame m’a dit: “T’es chinoise, puis ça ne me tente pas d’attraper le coronavirus. C’est dans tes gènes”», se rappelle Léonie Bergeron, qui est pourtant installée au Québec depuis 22 ans.  

«Crisse d’importée»  

Lundi, un homme dans sa camionnette a même tenté de l’emboutir dans le stationnement d’une épicerie, rapporte-t-elle. Feignant de la laisser passer, il aurait ensuite accéléré, la forçant à courir et à finalement trébucher sur le trottoir.  

«Il a baissé sa fenêtre et m’a traitée de crisse d’importée et m’a dit de retourner dans mon pays, avant de repartir. J’ai appelé la police, mais je n’ai pas réussi à voir sa plaque d’immatriculation, alors ça n’a servi à rien», explique celle qui n’avait jamais été victime de racisme auparavant.