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Donald Trump et Fox News auraient-ils enfin compris?

Donald Trump et Fox News auraient-ils enfin compris?
AFP

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J’ai déjà abordé ici la question de la polarisation des Américains. Sans nécessairement verser dans la propagande, plusieurs journaux ou chaînes d’information ne se gênent pas pour afficher leurs préférences. Le phénomène est beaucoup plus prononcé qu’il ne l’est de notre côté de la frontière.  

Fox News, dans son volet opinions, constitue un cas à part. Fondée expressément par des intérêts républicains pour relayer les positions de la formation politique, la chaîne la plus écoutée aux États-Unis emploie un certain nombre d’animateurs qui sont des porte-voix de l’administration.  

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Parmi les plus ardents défenseurs du président, on retrouve l’animateur vedette Sean Hannity. Ce dernier et quelques-uns de ses collègues ont d’abord récupéré les informations sur la propagation de la COVID-19 comme résultant d’un complot des autres médias et des démocrates qui visait à discréditer Donald Trump. Oui, sérieusement... Encore une théorie du complot foireuse pour semer la panique.  

Coïncidence, depuis que Donald Trump a reconnu la sévérité de la situation et les dangers bien réels de la pandémie, les ténors de Fox News se sont convertis et ils appuient maintenant chaque initiative du président. Comme revirement spectaculaire, on fait difficilement plus soudain.  

Au moins, il est rassurant de constater que le président et Fox News mettent fin à la confusion ou à la désinformation. Rassurant aussi, un sondage relayé par le site Axios ce matin, qui montre que les Américains, sauf les républicains, s’en remettent aux agences de santé plutôt qu’au président pour obtenir de bonnes informations sur la COVID-19. Bien sûr, il serait préférable que le président et les agences marchent main dans la main pour tenir le même discours.  

Donald Trump et Fox News auraient-ils enfin compris?
Axios

Depuis hier, le président Trump a changé de ton et de discours. Plus sobre et sérieux, il semble enfin prêt à assumer le rôle qu’il aurait dû jouer depuis le début. Une conversion tardive (huit semaines se sont écoulées depuis le premier cas), mais souhaitable. Les bonnes informations circulent, des sommes importantes sont débloquées et on entend de plus en plus les experts qui prennent le relais. Par son attitude et ses décisions, le président Trump peut encore contribuer à sauver bien des vies. Pour ce faire, il devra faire preuve de constance dans les prochaines semaines.  

Une ombre au tableau? Nous constatons que le gouvernement fédéral ne peut, pour l’instant, offrir un soutien suffisant aux États. Quarante-neuf des cinquante États ont déclaré des cas de COVID-19, seule la Virginie de l’Ouest est pour l’instant exemptée. Le président leur a dit qu’il tenterait de leur venir en aide, mais qu’en attendant une aide qui ne viendra peut-être jamais, les gouverneurs devraient se débrouiller avec ce qu’ils ont sous la main.  

Il est bien possible que le réveil du président américain survienne beaucoup trop tard et que les lacunes du système américain entraînent une hécatombe, mais je vois d’un œil positif la fin de la circulation des informations mensongères.   

L’effort collectif que devront fournir nos voisins est colossal et la qualité de l’information qui circule est cruciale. Non seulement on s’attend à ce que l’administration inspire la confiance, mais on s’attend également à ce que les médias s’imposent les standards les plus élevés.  

Comme canadien et québécois, je ne peux que souhaiter que les États-Unis déploient leur formidable armada de scientifiques pour éviter le pire. Tout ce qui limitera les dégâts de leur côté aura une incidence sur nos perspectives. Notre gouvernement n’envisage pas pour l’instant de fermer la frontière, nos luttes respectives deviennent ainsi, même involontairement, interreliées.